CHAPITRE LIX
RÉFRACTION
720. Réfraction. — Lorsqu’un rayon luininou,\ passe d'un milieu transparent dans un autre, il se produit à la surface de séparation dcsdeu.x milieu.x un changement de direction. Le rayon ne poursuit plus sa roule en ligne droite, il dévie dans un sens ou dans un autre, suivant les cas. C’est à ce phénomène que l’on donne le nom do réfraction.
On rend ce phénomène sensible en faisant pénétrer dans une chambre obscure (Og. 6/|7) un faisceau de lumière solaire et le recevant ii la surface d’une masse d’eau contenue dans une cuve en verre. On voit qu’au point même de la surface liquide le faisceau change de direction, et on peut suivre sa marche dans le liquide à cause de l’éclairement des particules qui se trouvent sur son trajet.
Une expérience très-simple et très-connue met en évidence lephénomène de la réfraction. Au fond d’un vase à parois opaques (flg. 6t|â) on met une pièce de monnaie ni», et on se place de façon qu’une ligne droite parlant de m et rasant le bord A du vase atteigne l’œil. Cette
RÉFRACTION
position est la limite de celles qui permettent de voir la pièce. Si alors on verse de l’eau dans le vase jusqu’en PP' en prenant les précautions nécessaires pour que la pièce de monnaie ne change
pas de position, l’œil l’aper-
■ çoit très -distinctement en m’. 11 faut donc en conclure qu’un faisceau de rayons lumineux ayant pour sommet géométrique le point m' pénètre dans l’œil. .Mais ces Fig. OtS. — Expérience du la pièce de monnaie, rajons sont elTectivenient
partis du point m, ils ont donc nécessairement éprouvé aux points I et 1' une déviation qui les a fait aboutir à l’œil. Celui-ci, rapporlant l’objet au point de
concours des rayons qu’il reçoit, le voit en m' plus élevé qu’il ne l’est réellement.
C’est la même cause qui explique l’élévation apparente du fond d’une rivière ou d’un lac limpide. C’est aussi la réfraction qui produit l’apparence, si anciennement observée, d’un bAton que l’on
Fig. 0t9.-Apparc.ncc,«e présente un bâton
plongé dans 1 eau. r o \ o >
il parait brisé à la surface du liquide, et les deux portions, extérieure et intérieure, ne sont point sur le prolongement l’une de l’autre. En effet, l'extrémité inférieure parait soulevée comme la pièce de monnaie de l’expérience précédente, le point qui se trouve à la surface n’éprouve aucun déplacement, par conséquent la portion plongée parait avoir pour l’œil une direction différente de sa direction réelle.
721. Milieux plus ou moins réfringents.— Dans l’expérience de la pièce de monnaie, les rayons lumineux en se réfractant aux
points I et 1’ s’écartent des normales ZN, Z'N’. Dans la première
expérience que nous avons décrite, le faisceau lumineux, en