ANALYSE SPECTRALE
lieu; il n’y a plus de particules dans la riainine, et le specire devient discontinu. Cette lumière spèciale du ftaz Itrdiant avec un excès d’air porte le nom de lumiire de Bunsen.
h° Le specire de l’arc voltanjue est formé par un grand noinhre de bandes brillantes, auxquelles viennent se superposer celles «pii caractérisent la nature chimique des électrodes qui se volatilisent sous l’action de la chaleur produite.
Dans un gaz Irès-raréfié, l’étincelle de la bobine donne un spectre discontinu dont la disposition propre caractérise le gaz Iniinêmc.
771. Analyse spectrale. — On fait brûler la lampe A gaz placée devant le collimateur du spectroscope avec un excès d’air ; on obtient ahisi un spectre à peine visible. Si alors, à l’aide d’un lit de platine, porté par un petit support, on introduit dans la llamme une petite quantité d’un sel métallique, la matière se volatilise dans la flamme et on voit aussitôt apparaître des bandes brillantes caractéristi<|ues et qui définissent la nature propre de la substance. La planche III représente au-rlessons du spectre de Fraunhofer les spectres de diiïérents métaux, celui du phosphore, de l’hydrogène, etc., de manière à pouvoir établir la correspondant* <les diverses raies.
La présence de ces raies caractéristiiiues des diverees substances a été signalée depuis longtetnps, mais ce n’est que bien plus récemment, et à la suite d’un très-beau travail de Buiisim et Kirchholl sur ce point, (lu’on en a tiré parti pour l’analyse qualitative. O procédé est d’une sensibilité extrême, et, (|uoique connu depuis un petit nombre d’années seulement, il a déjà donné lieu à la découverte de quatre nouveaux métaux : le césium, le rubidium, le tlmliium et
772. Renversement des raies. — Analyse chimique de l’atmosphère solaire. — Il peut paraître surprenant que, tandis que les solides et les liquides incandescenis à la surface du globe donnent un spectre continu renfermant tous les rayons possibles, le spectre solaire présente des solutions de continuité accusant l’absence de certains rayons. 11 est assez naturel de supposer, et cette hypothèse a été faite il y a fort longtemps, que cette absence
IMSPEItSlON.
a pour cause une absorption. Mais où et dans quelles circonstances celle absorplion se produil-elle? C'esl ce qu’il a éld, ju.squ'aux Iravaux de MM. Bunsen et KircbbolT, impossible d’affirmer d'une façon rationnelle. Une observation faite pour la premiùre fois par Foucault, et répétée ensuile d'une manière générale par les observaleurs précédemment nommés, permet d'établir à ce sujet une théorie plausible.
Si l'on fait passer sur une flamme donnant un spectre métallique à raies brillantes la lumière d’un solide incandescent à spectre continu, ou voit dans le spectre de ce dernier les raies brillantes de la flamme se changer en raies obscures. En d’autres termes, une flamme qui émet pour son compte des rayons d’une certaine réfrangfbilité est capable d’absorber ces mêmes rayons provenant d'une autre source. Dès lors l’origine des raies de Fraunbofer parait évidente. On peut supposer, en effet, que le noyau solaire est formé par un solide ou un liquide incandescent qui donnerait un spectre continu, mais certaines de ces radiations sont absorbées par l’atmosphère solaire, et de là viennent les raies noires du spectre.
On peut aller plus loin: si l’on conslale, par exemple, que certaines raies brillantes des spectres métalliques sont en coïncidence exncle avec des raies noires déterminées de Fraunbofer, on devra en conclure que c’est à la vapeur de ce métal que l’absorption est due, et (]ue par conséquent ce métal, à l’état de vapeur, existe dans l’atmosphère solaire, et qu’il fait partie de la constitution cbimique du soleil.
D’après les expériences faites justiu’à présent, on peut conclure (ju’il y a dans le soleil les substances suivantes : potassium, sodiuvi, calcium, baryum, mayni-sium, zinc, fer, chrome, cobalt, nickel, cuivre.
Ajoutons que, lors de la dernière éclipse totale de soleil visible le 18 août 1868, on a pu faire l’étude spectrale des prolu bérances, et on a reconnu qu’elles donnaient lieu à un spectre rîiscontinu, ce qui établit leur nature gazeuse. On a trouvé de plus que trois de ces raies sont précisément celles de l’hydrogène, ce qui donne une certaine consistance à l’hypothèse que ce gaz entre dans la composition des protubérances et de l’alinosplière solaires.