PRESSION D’UNE ATMOSPHÈRE
l’eau, dont la densité est 13,59 fois plus petite que celle du mercure, la hauteur de la colonne soulevée serait 13,59 fois plus grande, c’està-dire égale à 0'",76 x 13,59 = 10",33, on en anciennes mesures
Fig. 108. ~ Expéricuce de Torricclli.
32 pieds environ. C’est précisément la hauteur maxiina à laquelle l’eau peut être poussée dans une pompe, ainsi que le reconnut Galilée. En général les hauteurs des diiïérenis liquides, faisant équilibre à la pression atmosphérique, doivent être inversement proportionnelles à leurs densités.
103. Pression d’une atmosphère. — On peut évaluer la valeur de cette pression pour une surface donnée, 1 centimètre carré par exemple. C’est le poids d’une colonne de mercure de 1 centimètre carré de base et de 76 centimètres de hauteur, c’est-à-dire le poids.de 76 centimètres cubes de mercure. Or 1 centimètre cube
BAROMETRE.
de mercure pesant 13'\59, le poids de 7ü cenliiiièlres cubes est égal à 13«%59 X 76 = 1^,033. Cette pression de 1 kilogramme environ par
ccnlimèlre carni est ce qu’on appelle la pression de me
atmosphère; elle s’exerce normalement sur tous les points i de la surface d’un corps, et, par suite, de même que cela a lieu pour un corps plongd dans un liquide, la résultante des diverses pressions élémentaires est une poussée verticale dirigée de bas en haut et égale au poids de l’air déplacé. L’air n’a donc pas pour efTet, comme on l'a cru quelquefois, d’appliquer les corps à la surface du sol, ceux-ci sont .soulevés au contraire par lui, comme ils le sont par un liquide, avec une force qui est d’ailleurs peu considérable à cause de sa faible densité. C’est sur ce principe que sont fondés les aérostats, dont il sera question plus loin.
104. Expériences de Pascal. — On a supposé, sans qu'il y ait de cela des preuves bien décisives, que Torricelli aurait reçu de Galilée la notion précise de la pression atmosphérique '. Quoi qu’il en soit, lorsque l’expérience du savant italien fut connue en France, en 1644, personne n’était en mesure d’en donner l’interprétation véritable, et la célèbre doctrine de l’horreur de la nature pour le vide, par laquelle on expliquait l’ascension de l’eau dans les pompes, était généralement acceptée. C’est Pascal qui établit, d’une manière incontestable, la fausseté de cette vieille théorie, et parvint à faire prévaloir la doctrine rationnelle. 11 proposa ou exécuta, dans ce but, une série
rie. ton.
1. Les fontaiuiei*s du grand-duc de Toscane ayant eu besoin de pompes de 40 ^ 50 pieds, lorsqu'on les mit en jeu, on ne put jamais faire arriver Peau h letir extriîmitd. Galilée sVtant assuré de la hauteur à laquelle elle s'arrêtait, la trouva d'environ titmtcdoux pieds, et ce philosophe, qui avait ixîconnu et démontré la pesanteur de Pair, put aîst'mcnt penser que c’était le poids de la colonne atmosphérique qui faisait équilibre aux trente-deux pieds d’eau restés en suspension dans le corps des pompes. Cependant on ne potivait guère espéier de cette idée des résultats bien utiles, lorsque plus tard Torricelli s’en empara cl la féconda merveilleusement; voulant n'pétcr Pexpériencc d’une manière plus commode, il imagina de substituer à Peau un liquide quatorze fois plus pesant, le mercure, jugeant bien qu’une colonne quatorze fois plus courte ferait ainsi équilibre ^ cette force qui soutenait trente-dctix pieds d’cati. (Biot, Dk^orapltie univtrsflle, article Tüniiicei.u.^
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