‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 70 sur 385 · BAROMÈTRE NORMAL · texte numérisé non relu

BAROMÈTRE NORMAL

d’cxpërienccs ingénieuses, il discuta minutieusement tous les faits que l'on attribuait à l'horreur du vide et montra qu'ils étaient une conséquence nécessaire de la pression de l’air.

Nous citerons particulièrement l’observation de Pascal, que le mercure se maintient à un niveau moindre à mesure qu’on s’élève. Cette belle et décisive expérience, que l’on répète chaque fois que l’on mesure les hauteurs par le baromètre, et qui ne laisse aucun doute sur la cause du phénomène, fut exécutée pour la première fois A Clermont et sur le sommet du Puy-de-Dôme, le 19 septembre 16ù8.

105. Baromètre. — En installant d’une façon permanente le tube de Torricelli, on aura le moyen de mesurer, à chaque instant, la valeur de la pression atmosphérique, cette pression pouvant d’ailleui-s être exprimée par la hauteur de la colonne de mercure qui lui fait équilibre; un pareil instrument se nomme un baromètre. Pour le construire on doit s’assujettir à certaines précautions indispensables. Il est essentiel d’opérer toujours avec un liquide parfaitement identique à lui-mème, car la hauteur de la colonne soulevée dépend naturellement de la densité du liquide empIo}é, et si celle-ci variait, les observations ne seraient point comparables entre elles.

On se sert de mercure chimiquement pur', et, après avoir rempli à peu près le tube l)arométrique, on le place sur un fourneau incliné et on porte le liquide à l’ébullition. Cette opération a pour objet de chasser l’air et l’humidité que peut contenir la colonne mercurielle, et qui, sans cette précaution, s’élèveraient successivement dans la chambre barométrique

Fig. IIU.

Biroou''U’e Donnai.

1. On purifie ordinairement le mercure en le lavant avec un acide étendu et le soumettant ensuite k la distillation.

BAnOMÈTRE.

et donneraient lieu à une dt^pression qui Oterait toute exactitude aux pressions obsen’ées.

On achève de remplir le tube avec du «lercure pur en ayant

soin de n’introduire aucune bulle d'air, finalement on le renverse dans une cuvette contenant aussi du mercure pur et récemment liouilli, et on l’assujettit dans une position invariable, comme le montre la figure 110.

On a ainsi un baromètre fixe ; pour connaître à un moment quelconque la pression atmosphérique, il suffit de mesurer la hauteur du sommet de la colonne de mercure, au-dessus du niveau du liquide dans la cuvette. A cet elTet on place audessus de cette dernière une tige en fer mobile dans un écrou et se terminant, à ses deux extrémités, par deux pointes déliées. On amène la pointe inférieure jusqu’au contact du mercure de la cuvette, et on mesure alors la distance de la pointe supérieure au sommet de la colonne de mercure; en ajoutant à cette distance la longueur de la tige qui a été déterminée une fois pour Fig. 1 1 1 . — i jiiiiiHomètre. loutes, on a la hauteur baronié- Irique. Cette mesure peut se faire très-exactement à l’aide du cathétomètre'.

I. Lo. cathi’tomètrc, dont on so sert si souvent en physique pour mesurer la distsnee verticale de deux points, a étd imaginii par Dulong et Petit. Il se compose essentiellement (flg. 111) d'une r^glc verticale divisée ordinairement en demi-millimètres. Cette règle fait corps avec un cylindre en laiton pouvant tourner d'un mouvement très-doux autour d'un fort axe en acier. Celui-ci est fixé sur un pied à trois vis calantes, muni de deux niveaux à bulle d'air disposés en croix. Le long de la règle se meut un chariot

Page 1