‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 73 sur 385 · BAROMÈTRES ORDINAIRES · texte numérisé non relu

BAROMÈTRES ORDINAIRES

BaromHn à siphon. — Le Iwromètre à siphon (fig. 117) est formé il’ un tube recourbé dont la petite branche s’ouvre dans l’air, la longue branche étant fermée. On commence par faire passer le mercure dans cette dernière de façon à la remplir, puis on redresse rinstrunient de telle sorte que l’air ne puisse pas s’introduire dans la longue branche. La pression atmosphérique est alors mesurée par la dilTérence de niveau du mercure dans les deu.v branches. On applique le tube sur une échelle, dont le zéro est au niveau moyen du métal dans la petite branche, que l’on élargit assez pour que les variations de niveau y soient insensibles.

Baromètre à cadran. — Le Iwromètre à cadran (tig. 118), Irès-rapandu dans les appartements, est formé d’un baromètre <i siphon dont les deu.v branches ont le même diamètre. Sur le mercure de la branche ouverte llolte un petit morceau de fer suspendu à un fil qui vient se li.ver par son autre e.xirémité et s’enrouler en partie sur la gorge d'une poulie; un autre fil, enroulé parallèlement au premier, supporte un poids qui fait équilibre au flotteur. A l’a.xe de la poulie est Axée une aiguille qui se meut sur un cadran. Lorsque l le niveau du mercure varie dans un sens ou dans un autre, le flotteur suit son mouvement et s’en- ^ fonce toujours de la même (juantilé; par l’action j du contre-poids la poulie tourne et entraîne l’aiguille dont l’extrémité s’arrête devant les points du cadran, où se trouve inscrite la hauteur barométrique correspondante. La monture du cadran est disposée en général au-devant du tube, de façon à en dissimuler la présence. Le baromètre ù cadran est d'invention fort ancienne, il a été imaginé par le célèbre Hoock, en 1683; on l'a quelque peu perfectionné depuis, en remplaçant la poulie par une petite roue dentée qui engrène avec une crémaillère fixée verticalement au flotteur. Le défaut de ces appa--

Kig. 117.

B\nOMÈTHE.

reils est d’offrir un peu d’inertie à cause du frottement des organes accessoires ajoutés au baromètre ordinaire ; aussi convient-if, lorsqu’on Teut obsener, de faciliter le mouvement de l'aiguille par

quelques petits chocs donnés sur le cadran, ils ont l’avantage de donner des indications plus apparentes; la course de l’extrémité de l’aiguille est en effet beaucoup plus grande que celle du mercure, dans le rapport même de la longueur de l’aiguille au rayon de la poulie ou de la roue dentée.

109. Baromètres métalliques ou anéroïdes. — Los baromètres métalliques sont fondés sur le changement de forme qu’éprouve un vase en métal, à parois très-minces, dans lequel on a fait le vide, quand la pression atmosphérique vient à varier. M.Vidie a le premier, à la suite de persévérantes recherches, résolu les difficultés

BAltüMETHKS METALLIOUES.

iiuilibl'euses (juo présenluit lu cuiibtructiun du (.us insinmients. Nous donnons ici la figure du dernier modelé ainiuel il sYtait arrétt*.

L’organe essentiel est une bolle c)lindri(|ue dans buiuelle ou a lait le vide, et dont la surface supérieure est plissée, pour multiplier les points où s'exerce la pression extérieure; au cenlre de la

Fig. 119. — Baromètre de Vidie.

boite s’élève un petit pilier métallûiue M, en relation avec le bout d’un très-fort ressort en acier H. La pression variant, le haut de la bolle s’élève ou s’abaisse, transmet son mouvement au ressort et de là, par le moyen de deux leviers 1 et m, à un axe métalliiiue r. Ce dernier porte un troisième levier! dont l’extrémité est fixée à une chaîne s (lui agit sur un treuil dont 1’a.xe porte l’aiguille Indicatrice. L’n ressort spiral maintient la chaîne constamment tendue et a.ssure par con.sé(juenl la position de l’aiguille qui correspond à la forme actuelle de la boite. Le baromètre de Vidie joint à un grand degré de sensibilité une solidité de mécanisme bien entendue. Ce n’est pas la seule, mais c’est la première et actuellement la meilleure solution du problème des baromètres métalli(iues, celle qui

PIIÏS. UESCHANEL. 10

I4<> HAKO MKTK K.

parait présenter au moiiidre degré rinconvéïiieiit «ipilal de ce genre d’instruments, c'est-à-dire faltéiation permanente dans la l’orme du vase vide, |)ar suite du travail intérieur des molécules.

HO. Baromètres divers. — Depuis l’épociue de l’invention du Iwromètre, on a imaginé des dispositions très-diverees pour cet instrument, qu’il n’y a aucun intérêt à rappeler ici; nous en mentionnerons den.v toutefois <|iie l’on a tirées île l’oulili récemment en les appliquant à des usages spéciaux.

liaromèire balance. — L’invention de cet instrument est attribuée à Samuel .Moriaud, qui le construisit vers l’année 1680. 11 repose sur

le principe suivant :

Si l’on fixe la partie supérieure d’un tube barométrique au plateau d’une balance, il faudra pour faire équilibre placer dans l’autre plateau un poids égal au poids du tube et du mercure qu’il contient, diminué de la poussée du liquide. Que la pression atmosphériiiue vienne à augmenter, du mercure montera dansle tube, le poids du corps flottant augmentera par suite, et la poussée diminuant d’ailleurs un peu à cause de l’abaissement de niveau dans la cuvette, la balance s’inclinera du côté du tube barométrique; un phénomène inverse aurait lieu si la pression venait à diminuer. \ la balance on peut substituer, comme le montre la figure, un levier muni d’un contre- poids; les variations de la pre.ssion seront indiquées par bw mouvements mêmes du levier.

ItAROMÉTKli ItK KA H R l-Nll EIT.

L u pareil iiislrument est très-propre à servir de baromctroijraphc ou iKirométre enregistreur. Il suflit, eu ellel, de disposer sur une pièce dépendant du levier un organe traceur qui s’appuie conslauiuientsur une feuille de papier è laquelle une horloge iinprinie un déplacement uniforme, il eu résultera un tracé graphique continu dont les divei-ses ondulations donnent tout d'ahord l’idée de la marche générale des pressions. Il est très-facile d’ailleurs de s<ivoir à quelle pression effective correspond une position donnée du crayon sur la feuille; si donc on a tracé sur celle-ci 2ti lignes équidistantes correspondant aux 24 heures de jour, on saisira du premier coup d’œil la variation exacte des pressions aux divers moments de la journée. C’est une disposition de ce genre que le père Secchi a adoptée pour le météorographe de l’observatoire romain, dont un modèle fut très-remarqué à l’Kxposition universelle de 18C7.

Baromètre de Fahreiiheil. — Le baromèhe de Fahrenheit se compose d’un tube plusieurs fois recourbé, contenant du mercure dans les parties inférieures; les parties supérieures de l’appareil sont remplies d’eau ou de tout autre liquide coloré.

Il est clair que la pression atmosphérique est équilibrée par la somme des différences de niveau de mercure diminuée de la somme correspondante aux colonnes d’eau; d’oii il suit que si le nombre des tubes est un peu considérable, la hauteur du baromètre pourra être considérablement réduite. Si cette circonstance a donné quelque intérêt de curiosité à cet instrument, elle est aussi la cause de son peu de sensibilité et d’e.xactitude; aussi n’a-t-on pas songé à l’employer comme baromètre; mais on a récemment utilisé son principe pour mesurer une pression trè.s-forte avec une petite hauteur de mercure, ainsi que cela sera expliqué au chapitre XIV.

Fig. lül. — Baromètre do Fahroiiheit.

Page 1