POLARISATION CIRCULAIRE
*nne différence de marche proportionnelle à la durée de ce tia- *jet, c'est-à-dire à l'épaisseur de la plaque. Ainsi la lumière» *à la sortie de cette plaque, sera composée de deux rayons à po- ^larisation circulaire, ayant une certaine différence de marche ; *et l'effet de cette différence sera seulement une déviation du *plan de polarisation qui lui sera proportionnelle, ce qui est *d'accord avec l'expérience.
"^11 reste maintenant à constater la propriété du cristal de ro- *the, sur laquelle nous nous sommes appuyés ; c'est ce que nous ^allons faire dans la proposition suivante. .
243. Proposition, — « Le cristal de roche altère différemment » la vitesse d'un rayon polarisé circulairement, suivant que ses » molécules tournent dans un sens ou dans le sens opposé. »
Démonstration, — D'après ce que nous avons dit dans l'observation du n® 174, notre proposition revient à prouver que le cristal de roche n'a pas la même force réfringente pour un rayon polarisé circulairement dans un sens que pour un rayon polarisé dans le sens opposé. Pour prouver cela, M. Fresnel fit tailler un prisme DB (y?^. 384) composé de trois prismes triangulaires DAS, ASB et BSC. Dans le prisme ASB, les deux faces AS et SB sont également inclinées sur la face AB, et font entre elles un angle S de Id^^ ; les deux autres prismes ont leurs angles taillés de manière que 1° leurs faces DS et SG fassent un seul et même plan parallèle à AB, et que 2^ les faces extrêmes AD et BG du prisme total fussent perpendiculaires à son axe de figure XY. Les trois prismes triangulaires sont encore taillés de manière que leurs axes de double réfraction ne fassent qu'une même droite coïncidant avec l'axe de figure XY. Enfin, de ces trois prismes, le prisme du milieu ASB est pris dans un cristal qui fait tourner dans un sens le plan de polarisation des rayons lumineux qui le traversent, et les prismes extrêmes sont pris dans un autre cristal qui fait tourner ce plan dans un sens opposé. (/^. Fobserv. du n*^ 241.) Or, il résulte des formules mathématiques par lesquelles M. Fresnel avait représenté ces phénomènes de rotation des plaques de cristal de roche, que l'opposition dont il s'agit tient à ce que celui des faisceaux de lumière polarisé circulairement qui traverse le plus vite certains cristaux, est au contraire celui qui marche le plus lentement dans les autres ; ce qui revient à dire que pour l'un de ces deux faisceaux circulaires, les prismes extrêmes DAS et BSG sont des substances plus réfringentes que le prisme intermédiaire, et que c'est le contraire pour l'autre faisceau circulaire.
S'il en est ainsi, le premier faisceau, après avoir suivi la route XYy passera donc d'une substance à une autre moins réfringente ; ainsi il deyra se rapprocher delà surface YS (n^ 178) et par conséquent s'élever d'une certaine quantité, tandis qu'à son entrée en O dans l'autre prisme extrême, il devra s'éloigner de la surface OB, et s'élever par conséquent encore d'une nouvelle quantité, à cause qu'il passe pour lors d'un milieu moins réfringent dans un niilieu plus réfringent. [Loc, cit.)
On verrait de même que le second faisceau devra s'abaisser au contraire d'une certaine quantité à chacun des points Y et I, si le principe de M. Fresnel est vrai. Or, en plaçant l'œil en YZ pour voir le point X au travers du prisme, on en aperçoit une double image : ledit principe est donc pleinement vérifié.
En soumettant ces deux rayons YY et YZ à des épreuves expérimentales convenables, on reconnaît qu'ils sont polarisés circulairement.
pbserç^ation. — On voit qu'un rayon de lumière qui traverse le cristal de roche parallèlement à Taxe se divise en deux rayons polarisés circulairement. M. Airy a reconnu que dans le cas où un rayon traverse le cristal de roche dans une direction inclinée sur l'axe, ce rayon se divise en deux rayons polarisés elliptiquement, et que les deux ellipses parcourues par les molécules de ces deux rayons ont leurs grands axes perpendiculaires l'un à l'autre.