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CONDUCTIBILITÉ

quîde à laquelle cet effet a lieu, on peut conclure que la condue* tibilité des liquides est très-laible.

On pourrait cependant objecter que cette chaleur transmise n'est que de la chaleur rayonnante qui passe entre les molécules des liquides, vu qu'ordinairement ils sont transparents, et qu*ainsi l'efiet obtenu n'est pas dû à ce que les molécules mêmes du liquide s'échauffent de proche en proche jusqu'à celles qui touchent le thermomètre. Mais d'abord, cette objection ne peut avoir lieu pour le mercure, qui est un corps opaque, et par conséquent atbermane,n°' 255 et 258. Ensuite, pour les liquides transparents comme l'eau, on peut les rendre opaques par de l'encre ou tout autre ingrédient.

Enfiu, la marche même du phénomène empêche toute méprise, lo) effet, quand de la chaleur rayonnante traverse un milieu transparent pour aller sur un thermomètre, celui-ci monte tout de suite, et quoiqu'iji n'arrive pas tout de suite au degré qu'il doit atteindre, néanmoins il commence tout de suite à monter, au lieu que pour la chaleur qui se propage de proche en proche d'une molécule à l'autre du milieu jusqu'au thermomètre, celui-ci reste sans bouger pendant un temps notable. Ainsi, il est aisé de dis* tinguer d4ns les expériences ci*dessus la chaleur rayonnante de la chaleur moléculaire.

Au reste* M. Murray, après avoir fait les expériences susdites en fsdsant toucher au corps chaud la surface du liquide dont il voulait constater la conductibilité, a recommencé en tenant ce corps chaud à une distance extrêmement petite de la surface du même liquide, et cette fois le thermomètre placé à l'intérieur de ce liquide n'a pas monté d'une quantité sensible. Ce qui prouve que la première fois les degrés marqués par ce thermomètre étaient dus à la conductibilité du liquide.

Obs€fvaUf>ii, — Si en faisant les expériences on fait usage de cette manière de reconnaître la chaleur rayonnante et de la distin^ guer de la chaleur propagée par la conductibilité, on verra que .l'eau, quoique transparente, ne laisse pas passer les rayons des corps chauds à travers aes molécules, à moins que ce corps ne soit incandescent; on reconnaîtra encore la même chose en pré» sentant des corps chauds tout pareils et de même température, l'un À un vase plein d'eau limpide et Tautre à un vase d'eau ren* due opaque avec de l'encre, car l'effet produit sur le thermomètre plongé dans ces deux vases sera le même. Ainsi, l'expérience de l'écran de glace au travers duquel un corps chaud fait monter un

theruiontètre iie réussit qu'autant qu'on présente à cet écran un corps incandescent.

Conductibilité des gaz.

276. Proposition. — « Les gaz sont très-peu conducteurs du ca- » lorique. »

Rumford prouvait le peu de conductibililé de l'air par une expérience assez remarquable que M. Beudant rapporte en ces termes : Il faisait placer un fromage à la glace au milieu d'un plat ; on versait ensuite par-dessus des œufs bien battus et formant alors une mousse qui renfermait une grande quantité d'air ; on mettait sur le plat un foui^ de campagne bien chaud, pour faire prendre rapidement les œufs : on avait ainsi une omelette soufflée brûlante, au milieu de laquelle se trouvait un fromage à la glace. Dans cette opération l'air enfermé dans les bulles empêche suffisamment la chaleur de se propager jusqu'au centre du vase. En général, toutes les fois qu'on gêne ou empêche le mouvement des molécules de gaz, ils sont très-lents à s'échauffer ou à se refroidir; c'est de cette manière, c'est-à-dire par les entraves qu ils mettent au mouvement de l'air, que les corps qui en renferment beaucoup entre leurs diverses parties retiennent si longtemps la chaleur, comme l'édredon, les plumes, le coton, etc.

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