CHALEUR LATENTE
^leurs, cVst-à-dire en supposant que l'on considère dans le 11- *quide deux molécules à la même distance l'une de l'autre que *les deux molécules que l'on envisage dans la vapeur, en superposant la jtempérature la même dans les deux masses, etc.
^Or, cela peut se concevoir comme un effet du changement dé ^'densité et d'élasticité que nous venons de dire, car la répulsion ^établie entre les mdlécules d'un corps par le mouvement vibra- *toire de l'éther doit assurément bien dépendre de l'état de condensation et d'élasticité de cet éther ; donc si cet état n'est pas *!e même dans l'éther de l'eau liquide que dans celui de Teau en ^vapeur, la répulsion mutuelle des molécules de l'eau devra être '^différente dans les deux cas.
^11 faut avouer que si on supposait, comme on le fait ordinai- ^rement, que Téther diminue de densité dans le passage de l'état '^liquide à l'état de vapeur, il paraîtrait au moins, au premier ^abord, difficile de concilier cette. hypothèse avec une augmen- *tation de répulsion entre les molécules de l'eau ; mais pourtant ^le calcul seul pourrait montrer si ces deux choses sont réelle* ^ment ou ne sont pas incompatibles.
295. Obsen^cuion IIL -— La manière de voir indiquée par les calculs de M. Lamé n'empêche pas qu'on ne puisse continuer à regarder les milieux les plus réfringents comme d'une plus grande densité relativement aux mouvements vibratoires lumineux, que les milieux moins réfringents, parce que si l'un des milieux est une masse d'eau à l'état liquide, par exemple, et que l'autre soit une masse d'eau à l'état de vapeur, il faut observer que dans chacune de ces masses le milieu réfringent est l'ensemble formé, soit des atomes d'eau, soit des atomes d'éther ; car l'une et l'autre espèce d'atomes participe et contribue aux vibrations lumineuses, et quoique Tune de ces deux substances, eau et éther, à savoir l'éther, soit plus dense dans les masses de vapeur que dans celles d'eau, néanmoins on conçoit que ce puisse être tout le contraire pour l'ensemble de ces deux substances, surtout en considérant que le peu de densité de l'éther laisse l'eau contribuer presqu'en entier au x:hangement de densité du milieu total.
9f% TRÀlTt DE PflTBIQUE.
CHALEnm DES MOLECULES DES C0BP8.
N* rV. — Dês phénomènes de température produits poF les «ow-
pemenis des molécules des corps.
296. Proposition. — « Les corps s'échauffent par le frotte^ » ment. »
C'est ce que prouve rexpérience de bien des manières; ainti en frottant arec une lime un alliage d'une partie de fer et de deux d'antimoine, on en fait jaillir des étincelles. Maïs une ex* périence plus connue est celle du briquet ordinaire. Les étincelles (qu'on obtient alors viennent de ce que la pierre à feu contre laquelle on frotte vivement le briquet d'acier, enlève à celui-ci difiérentes petites parcelles, dont la température s'élèfé asses par le frottement pour les enflanuner. On sait aussi qu'on allume souvent deux morceaux de bois sec en les frottant vi'^ vement l'un contre l'autre. On pourrait, jusqu'à un certaift point, dire que le dégagement de la chaleur est encore dû dans ce cas à la condensation qu'on &it éprouver aux substance! frottées en les pressant l'une contre Vautre, ou, ce qui revient à peu près au même^ à ce que la capacité pour la chaleur des particules détachées par le frottement est moindre que celle de la substance même que l'on frotte. Mais on objectera ceci, qu'on développe également de la chaleur en frottant ensemble d^ corps moiw, et cependant leur densité ne peut être augmentée par ce moyen, comme chacun peut s'en convaincre en frottiuit rapidement sa main contre son vêtement. D'ailleurs le comte de Rumfort trouva que la chaleur spécifique des particules, détachées par le frottement, n'avait pa# sensiblement diminué. Il prit une pièce de capon de fonte dont l'intérieur était plein id qu'au sortir du moule. Il fit couper son extrénûté et fixer dans cette partie un cylindre solide attaché au canon, de 197 milU* mètres de diamètre et de 2tô millin^tres de longueur. Ce cy* lindre continuait à faire corps avec la pièce au moyen d'un petit collet cylindrique. Il fit percer au foret le cylindre d'un trou de 94 millimètres de diamètre et de 183 millimètres de profondeur. Il plaça dans le cylindre ainsi percé un foret obtus d'acier qui pressait fortement contre le fond du cylindre an moyen d'un mouvement de rotation imprimé à la pièce par l'action de plusieurs chevaux : on pratiqua en même temps un petit trou
catAurm laurtm. art
4«M >• tfjimàfû pwpfJiiMliiiniurt ji là fnêê: wmvSÊèéj «t se ttmiiiattt fUuif la partif folida va peu au delà de Festréafiité de la paKiîe creotéa, de sorte qu^ dans cette ca? ité on put iutn^ ésàwû un tbeffmofiiiètre qui indiquât la cludeuv du cyUndr^. Afin -ée prévenir toute déperdition de la cbaleur, le cylindre fut eQi? vdiippé d'une flanelle épaisse^ Le for^t pressait contre le fend dli cylindre avec une force à peu près égale à entiron 4530 Iuk loiyramnies^ at le eylindi:a tournait sur son axe en faisant trente? deux révolutions par minute. La température du cytindre» de ti^f&è centigrades au commencemeiit de l'expérience, était de 64«»44 cenûgrades au bout de trente minutes^ ou à peu pris neuf ee»t soixante révolutions. La quanUté de poussière métsïlique ou d'écaillea produites par ce frottement s'élevait 4 quelques gram* mes. M. de Runfert mesura la chaleur spécifique de cette pôu^ siève, et il la trouva la même que celle de la substance dont le aylindre était fait.
Le dégsgement de chaleur par le frottement n'est donc pas de è la diminution de la chaleur q>éci6que; il n'est pas du nou ploa è une eombustion du métal, c'eet-è^dira 4 une combinaison du métal avec Toxygène de Pair. Qar le comte de Bumfort rocommenta deux autres fois rexpérience ei*deasus, en tenant dans l'eau le cylindre et la foret contre lequel il tournait ; or cette eau, qui d'abord n'était qu'à environ lô«, fut au bout de deux heures et demie en pleine ébuUition. Le frottement produit 4enc'dela chaleur y quoique les surfaces frottantes ne soient pae en contact avec l'oxygène d^ Tair. Ainsi, cette chaleur n'est pror duite que par le mouvamaut des molécules.
APPËNDiCK sua LES piiiiioiiiivES BK CRALSira sv VE tûuilas ^
PBOOorrs vAa i^ÈLÈcnjcnÈ.
fW. PlosieuFs savants indinent à croire que IVther, c^eû^4t^ dire le milieu où se lent lee vibrations de la lumière et de la Aaleur, n'est autre i^ose qua le fluide électrique tteutre, dont nous avons parlé page 9.
Quoi qu^l en soit, en supposant que Télectrieité ^r son mouvement puisse faire entrer en vibration, soH les atomes des corps, soit l'étber Iui*même, on expliquera aisément lee phénomènes suivants.
Froposùhn, ^-^ « L^électricité, en parcourant l'espace qui hi » sépare du corps qu'on hn préâente, produit de la tomière et de » la chaleur. »
380 TEAITÉ OB PnSiQim.
Edi effet, on «dt qu'en présentant le di»|^Â uncoiyséleetiisé, on en tire une étincelle. Ainsi rien de plus certain que la production de lumière en question ; mais la production de chaleur n'est pas moins certaine, comme le prouvent les expériences suivantes :
1« Supposons une bougie qu'on vient d'éteindre et qui futnc encore : si l'on tire une étincelle électrique au travers de la mè* che encore fumante de cette bougie, elle se rallumera aussitôt.
2*> Mettons un peu d'étfaer dans un petit vase en verre, au fond duquel se trouve un bouton de cuivre communiquant avec un manche de même métal« Si, pendant qu'une personne isolée tient ce vase par son manche d'une main, tandis que de l'autre elle communique avec la machine électrique, on vient à tirer une étincelle à la surface de l'éther, celui-ci s'enflamme aussitôt.
3^ L'expérience de ce genre la plus connue est celle du pistolet de Yolta. Ce petit appareil est un vase de cuivre ou de fer-blanc représenté ySg". 396. Il est percé d'une petite ouverture vers son fend. On fixe dans cette petite ouverture un tube de verre tt'; dans ce tube, on passe un fil de cuivre terminé par deux petites boules de même métal b et l/y et b' approche d'assez près d'une autre boule c fixée sur la paroi intérieure du vase. On rempUtce vase d'un mélange d'hydrogène et d'oxygène, ou simplement d'air atmosphérique. Cela fait, on bouche le vase avec un bouchon de liège A, et le tenant d'une main par la partie opposée ^ la boule b,on présente celle-ci à la machine électrique ; aussitôt que l'étincelle part et traverse l'espace b'c, le mélange de gas prend feu, détonne et lance au loin le bouchon.
Ce que nous avons dit au n^ 290, sur l'élévation de température produite par la compression des gaz, a fait penser à quelques physiciens que la chaleur et la lumière produites dans l'étincelle électrique sont l'effet de la compression que réléctricitc exerce sur l'air en le traversant, ou sur la substance aériforme quelle qu'elle soit qu'on lui bât parcourir. Il n'y a pas de doute que cette compression n'ait quelque part à la production de chaleur et de lumière dont il s'agit.
298. Proposition* — « Les courants électriques, quand ils sont I» très-abondants, produisent de la chaleur et de la lumière dans » les corps conducteurs qu'ils parcourent. »
En effet, quand on fait passer, comme nous l'avons dit à la page 75, une décharge de batterie électrique par un fil de fer, si cette décharge n'est pas trop forte, elle fait rougir le fil àe fer.
GHilLBUR LilTENTE. 3S1
On peut encore produire le même effet avec la pile.
Pour cela, il suffit d'établir un fil de fer ou de platine trèsfin sur deux petits godets pleins de mercure, de manière que l'un de ses bouts trempe dan& un des gpdets, et l'autre bout dans l'autre godet. Si ce fil est assez court, dès qu'on établit par des conducteurs une communication des godets .avec les pôles de la pile, on voit aussitôt le petit fil métallique devenir rouge, et même quelquefois se fondre entièrement.
Pour le succès de cette expérience il n'est pas nécessaire d'avoir une pile d'un grand nombre d'éléments, parce que, d'après ce que nous avons dit au n^ 50, l'effet spécial du grand nombre des éléments voltaïques est l'augmentation de tension électrique des pôles delà pile. Or, l'expérience qui nous occupe ne dépend pas de cette tension*, mais seulement de la quantité de fluide élec* trique que donne à chaque instant la pile dont on se sert. Or^ cette quantité ne dépend que de la surface de zinc et de cuivre qu'offre cette pile. Aussi, avec un seul couple à la Wollaston CC ifig* 397), suffisamment large, on peut très-bien faire l'expérience que nous venons de décrire. C^ est l'élément cuivre de ce couple, Zen est l'élément zinc qui descend depuis s jusqu'en bas de l'appareil. C'CC" est une feuille de cuivre qui enveloppe ce zinc, p est donc le pôle négatif de cet appareil, et p le pôle positif. On dispose de Fun à l'autre un petit fil de fer pp; et sitôt qu'on plonge ce couple voltaïque dans de l'eau acidulée,le fil pp' rougit ou se fond.
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