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CONCLUSION DE LA DEUXIÈME PARTIE DU TRAITÉ DE PHYSIQUE

299. En terminant ce traité, si nous jetons un coup d'œil sur les quatre chapitres qui le composent, nous aurons une idée de l'ensemble des forces de la nature inorganique qui nous sont connues. On est étonné du degré de délicatesse et de petitesse de certaines forces ou de certaines difiereAces de forces auxquelles le perfeaionnement des observations et des calculs a pu atteins dre. Mais avons-nous atteint la limite à laquelle s'est arrêté le Créateur à cet égard? Certainement non, et même nous pouvons dire que nous n'en avons pas approché.

Je me représente l'ensemble des phénomènes et des agents qui les produisent comme une sphère immense, dont les surfaces et le centre sont les deux limites entre lesquelles sont renfermées toutes choses créées dans l'ordre physique. Dieu nous a pUcée dans une région intermédiaire à ces deux limites. Le microscope nous a montré que nous étions loin du centre, et le télescope an moins aussi loin de la sur&ce. Quand on réfléchit sur la science, on est porté à croire que, malgré cette puissance prodigieuse de son intelligence, par laquelle l'homme supplée à l'imperfection de ses organes d'une manière si surprenante, rien ne semble au premier abord hors de sa portée^ néanmoins, comme nous l'a* vons déjà dit, ce qu'il aura pu atteindre dans cet univers ne sera jamais, quelque effort qu'il fasse, qu'une partie insensible de ee qui est.

C'est ce que l'on peut conclure de ce nombre immense de phéu nomènes qui, bien que très- connus, ue peuvent cependant en^. core être expliqués ; car ce défaut d'explication ne vient que do l'ignorance où nous sommes, soit des forces, soit de quelques autres phénomènes dont ils dépendent. Je ne pense pas, en effets que Ton doive recourir à une action immédiate et eontinuelUi de Dieu dans les phénomènes naturels, et à plus fc^te raison dans les phénomènes artificiels de la physique et de la chimie. Ce serait assurément une philosophie bien sim{4e et bien eomrmode, et on ne peut plus propre à favoriser la paresse et Tigao*

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raace, mais une philosophie insoutenable et que ne pourrait jamais se résoudre à admettre un bon esprit qui aura tant soit peu de vraies connaissances physiques ; je ne m'arrêterai même pas à réfuter une pareille philosophie, parce qu'il n'y a personne aujourd'hui qui soit tenté de la suivre, à moins qu'il ne s'agisse de quelqu'un absolument étranger aux sciences, ce qui n'est pas ici le cas, puisque je suppose quelqu'un qui ait au moins lu le présent traité. Mais je dirai seulement que cette même philosophie serait aussi opposée à l'Ecriture qu'aux lumières de la raison naturelle appliquée aux sciences. On lit, en effet, dans les saintes Ecritures, que tout en ce monde a été fait avec poids, nombre et mesure : Omnia in mensura et numéro et pondère dis^ posuisti.

Or, je demande à quoi bon tant mesurer, peser et calculer pour obtenir tel ou tel effet, si cet effet devait être le résultat immédiat d'un acte particulier de la volonté de Dieu, ou d'un esprit créé et doué de la puissance nécessaire pour cet effet? Je sais bien qu'on pourra me dire que j'outre les choses, et que, sans précisément recourir à l'action immédiate de Dieu pour chaque phénomène jusqu'au plus petit, on peut le faire pour quelques-uns des phénomènes principaux, et ne voir dans les autres phénomènes secondaires que des résultats prévus, calculés et déduits d'avance 1des premiers dans l'intelligence de Dieu.

C'est ainsi que, dans l'ancienne astronomie, par exemple, la plupart des phénomènes, tels que les stations, les rétrogradations, etc., étalent présentés comme des conséquences calculables des formés des courbes parcourues par ces corps ; mais quant à cette forme de courbe, on admettait que chaque astre était confié à une intelligence directrice qui lui faisait parcourir continuellement la même orbite, et l'on rendait compte des diverses particularités du cours de cet astre par la fin que se proposait, ou qu'était chargée d'atteindre cette intelligence directrice, à peu près comme raisonnerait quelqu'un qui, voyant un lecteur 1& soir approcher la bougie de son livre, rendrait compte de ce mouvement en disant que le lecteur a agi ainsi afin d'éclairer davantage son livre. Mais cette doctrine des causes finaies est entièrement abandonnée aujourd'hui, et c'est bien avec raison ; car depuis qu'on a soumis à une étude et à des calculs plus approfondis les phénomènes qu'on n'expliquait autrefois que par les causes finales, on trouve qu'ils ont une telle analogie avec ceux qui ne sont évidemment que des conséquences

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