CONCLUSION
des propriétés de la matière, que les uns et les autres doivent être e^tpliqués delà même manière (par ces phénomènes qui ne sont évidemment que des conséquences des propriétés de la m(a«tière, j'entendJi tous les phénomènes artificiels qu*on produit et répète à volonté dans les laboratoires ).
Il est bien vrai que les êtres matériels, leurs propriétés et les phéàomènés qui en résultent, ne peui^ent se déduire indéfini* ment les uns des autres, et qu'il y en a qui doivent être le résultat d[ime création immédiate et spéciale; c'est ce que j'ai établi p.lM et suivantes du tome 1*'.
Mais que de difficultés pour assigner les causes générales des phénomènes, ou, si l'on veut, les causes principes ; c'est-à-dire ces causes qui n'ont à leur tour d'autre cause immédiate que la volonté de Dieu! Car, après avoir remonté de cause en cause pour expliquer un. certain phénomène, qui peut répondre que celle à laquelle on s'est arrêté est une cause véritablement principe? C'est presque toujours impossible. D'abord^ cette impossibilité est évidente dans le cas où l'on s'est appuyé sur quelque hypothèse, pubqu'il implique dans les termes qu'une explication ne soit qu'une hypothèse, et que l'on en puisse répondre. Ensuite, quand même on n'aurait fait aucune hypothèse, on ne pourrait encore répondre de la nature de la cause à laquelle on s'est arrêté* Ainsi, quand nous disons que l'attraction moléculaire, par exemple, est une cause principe, nous ne pouvons en répondre, et rien n'empêche qu'elle ne soit elle-même l'effet de quelque autre cause, comme la répulsion moléculaire est l'effet du mouvement vibratoire de l'éther.
Une autre raison que celle que nous avonsi dite tout à l'heure a dû faire abandonner la doctrine des causes finales^ c'est qu'à mesure qu'on avance dans les sciences, tout porte à croire que chaque cause générale ou cause principe est d'une telle fécondité, que les phénomènes que produit dans la nature une même cause, soit par elle seule, soit avec l'aide de quelque autre caus^, surpasse en nombre et en variétés tout ce que l'on peut imaginer. Cette compUcation fait que l'on ne peut presque jamais rien dire de solide sur la fin particulière que Dieu s'est proposée dans tel ou tel genre de phénomènes en particttUer. Sans doute que Dieu, tirant du néant les êtres matériels avec celles de leurs propriétés qui n'ont d'autre cause immédiate que la volonté qui lésa créés, a prévu chaque phénomène qui devait en résulter et les a eus pour fin, aussi bien que toutes les conséquences qui doivent s'ensuivre ; mais, encore une fois, Iç nombre infini de ces pbé-
^ TEiUTC m PHYSIQUE.
ttomtof S,, aussi bien que le vpUe qui nous c^die ordinairement leur liaison ou leur conséquence, nous masque tellement ceue fin de DieU| que le plus souvent nous ne pouvons en dire que des choses très-hasardées.. Cependant les théories d'aujourd^hm qui font dériver les phénomènes les uns des autres ou de quel* ques propriétés de la matière, non-seulement n'empêchent pas qp'on n'iiit lieu de reconnaître et d'admirer la providence de Pieu dans cet univers, comme je l'ai expliqué dana 1^ pages ci* ^i^ ci-dessus, mais encore il me semble qu'à mesure qu'elles se perfectionnent, elles sont de plus en plus propres à fiQ^ donner pne idée sublime de la profonde sagesse et de l'intelligence infinie de Dieu.
4 £n effet, à mesure que la science fait de nouveaux progrès, on voit dip^nuer toujours davantage le nombre de ce que Ton pourrait appeler les causer principes, et en même temps s'ennoblir et s'élever l'ordre des combinaison^ de ces causes et de leurs effets. La physique devient donc de plus en plus simple dans ses principes, plus féconde dans ses conséquences, et par cela même plus transcendante d^ns ses calcids et ses conceptions* Enmême temps, elle paraît prendre de plus en plus un air de vérité à mesure qu'elle nous présente ainsi les œuvres de la création plus empreintes d'une haute intelligence, dont les caractères principaux sont de se proposer un nombre presque infini d'effets, et de saisir par la profondeur de ses vues la cause unique qui, malgré sa simgpUcité, est néanmoins assez féconde pour les produire tous, quelque nombreux et divers qu'ils soient ; o|r, en jetant un coup d^œil sur l'ensemble du présent traité, on s'aperçoit aisément, par le sens dans lequel marchent nos connaissances, qu'elles tendent toutes à cette conclusion. Ainsi, nous avons vu dans la première partie que tout ce qu'on y traite s'explique par les propriétés attractives et répulsives attribuées aux molécules àei corps, et que cette répulsion n*est elle-même que l'effet delà chaleur. Dans la deuxième partie^ nous avons regardé cette chaleur comme due àla même cause matérielle que la lumière, c'est-à-dire àî'éther. Quantàcet éther lui-même, il ne parait être aux yeux m plusieurs savants que les deux fluides électriques réunis en un seul, que nous avons dî^^ûé fluide neutre. Enfin, c'est avec ces deux fluides que nous avons expliqué, non-seulement tous le*, phénomènes électriques, mais encore tous les phénomènes magnétiques; de sorte que tous les phénomènes physiques se aé' dûisent de deux ou trois causes, l'attraction moléculaire, Télart»cité de Véther et les actions attractives et répulsives des fluide!