PAR LA PRESSION ET LE CLIVAGE
(50. Proposition /. — « Lorsqu'on presse l'un conti*e l'autre u deux corps, dont un au moins n'est pas bon conducteur, il faut, » pour l'équilibre électrique, que les deux électricités d'une 1» partie du fluide neutre se séparent, et passent l'une sur l'un » des corps et l'autre sur l'autre. »
Le moyen le plus simple pour vérifier cette proposition consiste à former avec les substances que l'on veut éprouver de petits disques d'une épaisseur de quelques millimètres; on les adapte à des manches parfaitement isolants ; chaque manche se compose jl'un bâton de verre plein, recouvert d'un vernis à la gomme laque, et terminé par une poignée de bois dont on se sert pour éviter le frottement de la main sur le verre. Dans le cas où il y aurait, par hasard, quelque peu d'él* cirieité adhérente aux manches, on la ferait disparaître en les ifaisant chauffer à la flamme d'une bougie. Alors, prenant les manches dans chaque main, on presse un instant les substances l'une contre l'autre. Après les avoir retirées du contact, on essaie à l'électroscope de Coulomb l'électricité qu'elles ont pu acquérir, et l'on trouve qu'elles ont acquis l'une l'électricité vitrée et l'autre l'électridcé résineuse.
Remarque, *— Cette expérience ne réussit pas quand les detix disqpiessont bons conducteurs ; mais il est probable qu'alors ce|a virent de ce que, dans ce cas, les deux électricités se recomposent au moment où l'on sépare ces disques pour éprouver leur électricité. Car, quand on prend deux disques de substances médiocrement conductrices, on trouve qu'alors ces disques ne présentent presque pas de signes électriques quand on ne les sépare l'un de l'autre que plus ou moins lentement; mais que ces signes deviennent sensibles dès que la séparation est assez rapide. On est porté à conclure de là que pour les bons conducteurs notre proposition se vérifierait comme pour les autres, si on pouvait les séparer l'un de l'autre avec une vitesse infinie.
Ce qui précède est tiré des Mémoires de M. Becquerel, qui s'est beaucoup occupé de ces phénomènes.
Electroscope d'Haûy. — Ce petit appareil est une application de la propriété que nous venons d'étudier dans les corps. La chaux carbonatée limpide, autrement spath d'Islande, est un
crÎAtal transparent qui jouit de cette propriété d'une manière remarquable, car il suffit de la presser un instant entre les doigts pour l'électriser ; et comme il conserve longtemps cette électricité, M. EUiùy s'en servait pour étudier l'électricité des autres corps t pour eei<, il collait avec un peu de gomme laque un fragment G'G (fig, 232} de spath d'Islande à une aiguille mobile toute semblable à l'aiguille électrique que nous avons 4^rit« au 119 1. Après avoir pressé ce fragment CG un instant avec les doigts, si on lui présente un bâton de verre frotté, on verra tout de suite que l'électricité développée par cette pression est vitrée^ car il y aura répulsion ; cette réptUsion se manifeste encore jhi^ sieurs heures et quelquefois plusieurs jours après la pression*
61. Profo»kÎ9n //. — « Le clivage des cristaux produit le mène V effet électrique que la pression. »
En effet, si Ton sépare brusquement deux lames de mica^ jffx exemple, en ayant la précaution de fixer auparavant à chaque lame un manche isolant avec un peu de mastic, on reconnaîtra aisément, au moyen d'un électroscope, que chaque lame, en se séparant, emporte avec elle un excès d'électricité contraire» et que cet excès est d'autant plus grand, que la séparation a été plus vive. C'est encore à M. Becquerel que Ton doit l'observation de ces phénomènes.
Ohservaiion. — Tels sont les phénomènes électriques dépendant de l'action des forces étrangères à l'électricité. Ils sont Jusqu'à présent inexplicables; voilà environ un demi-siècle qu'on les suit avec toute la sagacité et l'opiniâtreté possibles. Les faits se mHltipKent, se coordonnent même jusqu'à un certain point ; HMÔs le wœttd qv'on se croit quelquefois sur le point de débrouiller un pen parait auslH très-souvent se resserrer davantage. Petttétt'e qu'enfin les savants pénétreront la cause que Dieu a chaff^ de produire tous ces phénomènes, et, comme il est arrivé souvent en pareil cas, on admirera la simplicité autant que la fécondité de cette cause, jusqu'ici si obstinée à se tenir cachée. Puissent ceux à qui ces mystères seront un jour dévoilés, en prendre occasion de comprendre de pins en plus combien les ressources de la raison et du génie doivent être compilées pour rien, et disparaître tout à fait devant la suprême intelligence de Dieu, puisqu'un des moindres ouvrages qu'elle a faits comme en se jouant, aura suffi pour épuiser les efforts des esprits les plus élevés de plusieurs génération».
n nUITÉ DE PMTSIQUK.