INSTRUMENTS OÙ APPAREILS DK PROJECTION
449. Définitions. — On appelle appareils de progection des mslruments d'oplique réduits à un système objectif et destinés à projeter sur un écran blanc, dans la chambre noire, des images réelles et amplifiées des petits objets. Ceux-ci consistent ordinairement en tableaux transparents, peints ou photographiés sur verre, fortement éclairés (lanterne magique, microscope solaire, lanternes de projection). On péut également projeter des objets opaques, dont l'une des faces est éclairée par réflexion (mégascope). L'usage des appareils de projection s'est beaucoup répandu dans ces dernières années, au graud profit de la vulgarisation et de l'enseignement à lous les degrés et sous toutes ses formes.
450. Lanterne magique. — La lanterne magique, inventée par le P. Kircher, est le plus ancien des appareils de projection. Elle
Fig. 467.
consiste en une boîte de fer-blanc où l'on peut placer une source de lumière au foyer d'un réflecteur concave A (fig. 467 et 468). Les rayons réfléchis sont recus sur une lentille convergente B, qui les concentre vers des figures diverses peintes sur une lame de verre V. Ces figures, ainsi éclairées fortement, sont placées devant une seconde lentille convergente C, à une distance un peu plus grande que sa distance focale principale. Cette lente en donne une image réelle, renversée et très ampliite, qu se yroelle sur un écran convenablement éloigné (Ag. AGT). Voux
o 06 OPTIQUE.
obtenir des images droites, on place le verre peint, dans la lanterne, de manière que les dessins qu'il porté soient renversés.
Grossissement. — Le grossissement fourni par la lanterne magique est déterminé par la formule des lentilles. Eu appelant p et p les distances de la lentille C à l'écran et à l'objet, on a
Lepess
Op pe
Par conséquent, si l'image est dix fois plus éloignée de [a lentille que l'objet, le grossissement linéaire est égal à 10 et le grossissement superliciel égal à 100.
451, Microscope solaire. — Le microscope solaire est une sorte de lanterne magique, éclairée par les rayons solaires : c'est
Fig. 469.
le type des appareils de projection. Cet appareil est fixé an volet de la chambre noire où l'on fait les projections Description. — Un miroir plan M (fig, 469 el 470), placé hors de la chambre noire, et qu'on peut manœuvrer du dehors à l'aide du bouton B, recoit les rayons solaires etles réfléchit vers une lentille convergente L; celle-ci les concentre sur une seconde lentille (tig. 469), nommée focus, qui les fait converger en son foyer, L'ensemble des lentilles £ et o Forme ce qu'on appelle condensateur de lumière. C'est près du foyer de ce systeme an'on lisçese l'objet dont on veut avoir l'image, afin de \e ben bdhaver:, esl hace
INSTRUMENTS D'OPTIQUE. o07
entre deux lames de verre, serrées elles-mêmes entre deux lames métalliques m, par un ressort à boudin placé en n. L'objet étant alors fortement éclairé est placé out près du foyer d'un systéme convergent, composé de trois lentilles x; celles-ei en donnent une image ab, renversée et très amplifiée, sur un rour où sur un écran blanc convenablement éloigné. Des vis à bouton C et D servent à régler les distances des lentilles o et æ à l'objet, de manière que celui-ci soit exactement au foyer de la première, et que l'image donnée par les lentilles x se projette exactement sur l'écran.
Crossissement. — Où le détermine en mettant à ki place de l'objet un micromètre au ou au 2 de millimêtre, On mesure
Ru
Fig. 470.
directement sur l'image l'intervalle grossi de deux de ces divisions, et on le divise par l'intervalle réel : le quotient est, par définition, le grossissement. Suivant le grossissement qu'il s’agit d'obtenir, l'objectif x est formé d’une, de deux ou de trois lentilles, toutes achromatiques.
Remarques. — Emploi de l'héliostal. — La direction de la lumière solaire variant constamment, il faut changer continuellement la position du réflecteur extérieur, afin que les rayons réfléchis soient constamimnent dirigés suivant l'axe du microscope. Ce résultat ne pourrait être rigoureusement obtenu qu'à l'aide d'un héliostat. On y arrive approximativement au moyen d’un double mouvement qu'on peut imprimer au miroir M, de l'intérieur de la chambre noire : d'abord, une rotation du miroir M autour d’un axe parallèle au plan du miroir au moyen d'une vis sans fin et d'un pignon B (fig. 469;; ensuite, uns: rotation autour de l'axe général de l'instrument au moyen d'un bouton À, qui se meut dans une coulisse fixe et transmet sun mouvement au miroir.
> Emploi d’un écran d'alun. — Le microscope solaire a l'inconvénient 4e concentrer sur l'objet une chaleur très intense qui l'altère promplement. On x remédie en inlerposant de l'eau saturée d'alun, qui arrète une parhe de \a chaleur, grâce à son athermanéité (ou opacité pour la chaleur.
452. Lanternes de projection. — Appareil Molteni. — Le microscope solaire ne peul servir que dans le cas particulier où l'on peut disposer de la lumière solaire, Dans le cas général, on ne peut faire de projections qu'à l'aide d'une source de lurnière artilicielle, telle que la lumière Drummond ou la lumière électrique : on emploie alors des lanlernes où appareils de projection. Celuiquereprésente la figure #71 estundes plus parfaits.
Il a été construit par M. Molteni. Il est actuellement disposé pour la lumière Drummond, mais on pourrait le disposer pour l'are vollaïque.
Le chalumeau à gaz
Fig. 4, oxyhydrique e est sup-
porté par deux platines
en cuivre accouplées, munies chacune d'un mouvement de rappel à crémaillère, ce qui permet de déplacer lentement le chalumean soit de droite à gauche, soit d'avant en arrière, Une troisième crémaillère D permettant le déplacement dans le sens vertical, il est facile d'amener au point la source lumineuse par rapport aux SVS- Fig 172 tümes réfringents de la
lanterne,
rendu incaudescent par la Mamme d'un double chalumenu à gaz oxygène et
1 On suit que cette lumière est obtenue à l'aide d'un bälon de chaux, | hydrogène.
Il y en a deux : le condensateur de lümière, composé de trois lentilles, et le cône de projection E, ordinairement formé de deux lentilles achromatiques E el F (fig. 472); sa monture est indépendante du condensateur, de sorte qu'on peut l'enlever où le remettre à volonté sur l'appareil, de manière à projeter un faisceau de lumière parallèle où convergent, La crémaillère M permet de faire varier la distance de l'objectif au tableau placé dans la coulisse GH, L'objectif est d'ailleurs indépendant du porté-crémaillére, dans lequel il entre à frottement et d'où on peul le retirer à volonté, On peut également enlever le cône; la coulisse GH, qui reste attenante à l'appareil, peut recevoir les diverses pièces ou clichés à projeter,
Remanques. — 1° Lorsque l'appareil doit fonctionner à volonté, soit avec la lumière Drummond, soit avec l'aré vollaique, les platines mobiles, au lieu d'être en haut des colonnes, sont placées sur le socle À, et elles peuvent alors recevoir soit un chalumeau, soit un régulateur,
2 Support à réflexion lotale. — Dans certains cas on ne peul placer les objets à projeter que dans uñe position horizontale, Fig. 475.
On enlève alors le cône de projection E et
on le remplace par un support à réflexion totale MEM' (fig. 475). Cet appareil se compose d'une première glace M inclinée à 45, qui reçoit les rayons provenant du condensateur; ceux-ci se réfractent dans l'objectif proprement dit E, d'où ils tombent sur une seconde glace M'également inclinée à 45° qui les renvoie alors horizontalement ét projette l'image sur l'écran vertical.
453. Polyoramas ou Appärells à vues fondantes, — Avec les appareils ordinaires, lorsqu'on tableau a été projeté, il faut le relirer de la lanterne pour le remplacer par un autre. Pendant ce changement, on doit soit fermer l'objeetif, soit laisser l'écran en pleine lumière : l'effet est ficheux dans les deux cas, M. Molteni supprime cet inconvénient esthétique en employant des appareils spéciaux nppelés polyoramus, où les projections « succèdent sans interruption en se fondant, pour ainsi dire, l'une dans J'autre. Voici le principe d'un polyorar à projection double.
Supposons deux lanternes À et B (fig. 474), montées sur une même tablette CD, avec laquelle elles sont articulées dé manière qu'elles puissent faire converger leurs faisceaux lumineux vers une même région E de l'écran F6. lMagons, par exemple, dans la lanterne À un paysage d'El, et dans \a lankerne le même paysage vu en hiver. Le diaphragme de À étant ouvert complement
au début et celui de D fermé, c'est La vue d'été qu'on aperçoit sur \écran,
510 UPTIQUE.
Mais si l'on ferme progressivement Le dinphragme de À pendant qu'on ouvre de la rnème quantité le diaphragme de &, on vit disparaitre progressivement le paysage d'été pendant que celui d'hiver se snbstilue pri-
Fig, 474. Pig. 475.
Fig. 116.
sressivement, en son lieu et place, sut la mème région de Vera. En sais,
NISION, sit
les vues se sont ainsi fondues l'une duns l'autre, sans que le spectateur, plaré de l'autre côté de l'écran, ail pu percevoir de quelle manière l'effet s'est produit,
Le disxolver anglais. — Différents dispositifs penvent être employés pour réaliser cel eflel curieux, Dans lé dissolver anglais (Mg. 476), une lame dentée À passe lentement devant l'un des objectifs c pendant qu'une deuxième lune He découvre simultanément l'autre objectif e’. Ce double nouvement est réalisé de l'extérieur par l'intermédiaire d'une vis à manette M.
Au Heu de juxtaposer les deux appareils horison'alement, on préfüre les superposer. L'appareil double ve,-iral (ir, 476) est celui qu'emploie de prérérence M, Molleni, I occupe moi sp il est d'un transport plus facile et ü à surtout l'avantage de perr I wraleur de manœuvrer simultané rent, sans changer de place, des “es deux npparvils!,
Besanque. — On construit égale ans à trois, quatre et même cinq lanterne; mais, dans lu f “on à double lanterne est bien suffisant,