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l'œil, au moyen de simples verres oculaires, appelés valgairement lunettes où proprement besicles. Les verres de lunettés sont généralement fabriqués en crown-glass. Ils sont convexes où concaves et ordinairement sphériques; on construit aussi depuis quelque temps des verres cylindriques. On inscrit sur ces verres des numéros qui indiquent, en pouces, le rayon de courbure commun à leurs deux surfaces. Pour les verres en crown, par suite de la valeur de l'indice moyen, ce rayon est exprimé par le même nombre que la distance focale principalet: Par conséquent, un verre en crown marqué n° 20 est un verre de 20 pouces de foyer ou de 20 pouces de courbure #,
On emploie pour les presbyles des besicles à verres convexes, En effet, la convexité du verre vient s'ajouter à celle du cristallin de manière à corriger le défaut de pouvoir convergent, et le punctum procimum esl rapproché suffisamment pour permettre la lecture, si lés verres sont convenablement choisis.
Mais ce remède n'est pas sans inconvénients, car tout le parcours de l’accommodation se trouve déplacé en même temps, et le punctum remolum est rapproché en mème temps que le punctum prozimum : aussi le presbyte ne peut-il plus voir nettement les objets lointains à travers ses lunettes : il est obligé de regarder par-dessus.
Il y a une connexité remarquable entre l'âge du presbyte et le degré de la presbytie. En effet, on peut déduire, à trois ou quatre ans près, l’âge d'un individu emmétrope de la distance de son vunctum prorimum. De plus, les divers numéros de verres convexes, 48, 24, 16, 12, 10, correspondent généralement aux âges de 48, 54, 60, 66, 72 et 78 ans.
467. Myopie. — Besicles ou lunettes à verres concaves. — L'œil myope est caractérisé anatomiquement par un diamètre antéro-postérieur plus grand que celui de l'œil emmétrope. Il résulte de cet allongement plus ou moins exagéré de l'organe une réduction plus ou moins forte du parcours de l'accommodation : le punctum remotum n'est plus à l'infini, mais à une distance
1. En effet, si dans la formule du pouvoir convergent (395) on fait R = R' etn =+ il vient +=]. T°
2. On compte aussi par dioptries, en appelant dioptrie l'inverse de la distance focale principale, évaluée en mètres : ainsi une lentille de 0,25 m. de distance focale aura 4 dioptries. On passe des anciens numéros. N, aux nouveaux, D, en posant soit ND — 38, soit ND — 40. La première convention revient à adiwuettre que le mêtre vaut 38 pouces. La seconde corrige en outre l'erreur provenant de
ce que l'indice du verre n'est pas exactement 1,5, comme on \ admelat dans J'ancienne numération.
ve UPTIQUE.
plus ou moins faible, el le punctum proximum est beaucoup plus vaisin de l'œil myope que d'un al emmétrope du même âgr. M. Javal appelle myopie légére celle où le punctem remotum est au delà de 55 centimètres, myopie moyenne celle où il est compris entre 35 centimètres et 10 centimètres, et myopie forte celle où la distance maximum de la vision distincte est inférieure à 10 cenlimètres.
L'écran rétinien étant à une distance plus grande de l'appareil dioptrique de l'œil, l'image nette des objets éloignés doit se former en avant de la rétine; tout se passe comme si l'œil avait un excès de pouvoir convergent. On comprend donc qu'on puisse é0rriger celle infirmité par l'usage de besicles à verres concares, qui diminuent la convergence des faisceaux lumineux pénétrant dans l'œil, et leur permettent d'aller former leurs foyers sur la rétine.
La myopie n'est pas, comme la presbytie, une sunple infirmité se développant avec l'âge, d'une manière régulière et pour ainsi dire indépendante de l'usage des besicles. C'est une maladie de l'œil, d'autaut plus dangereuse qu'elle se développe lentement, sans douleur, et progressivement lorsqu'on n'en prend pas soin, jusqu'à ce que l'allongement graduel du globe oculaire et la dis lension de la réline qui en résulte, suppriment la perception des images nettes, pour les objets rapprochés aussi bien que pourles objets lointains.
Remarquons en outre que les pérsonnes affectées de myopie légère peuvent devenir presbytes. IL suflit pour cela que leur punclum prorimum aille rejoindre leur punctum remolum, lequel est distant de plus de 53 centimètres. Cela peut arriver maturellement, avec les années, par suite d'une diminution graduelle dans le parcours de l'accommodation. Dans ce cas, la vision nette des objets trés rapprochés ne pourra être obtenue qu'à l'aide de verres Convexes,
468, Hypermétropie. — C'est une infrmité causée par une déformation anatomique exactement opposée à celle qui constitue la myopie : l'œil hypermétrope est plus court que l'œil emmétrope. en résulte une réduction du parcours d'accommodation, non pour les points éloignés de l'œil comme dans la myopie, mais pour les points voisins : le punctum prorimum se trouve plus ow moins reculé, suivant le degré de l'hypermétropie, La vision des objets éloignés reste donc parfaitement nelle, de sorte que l'infimroité peut passer inaperçue lorsqu'elle est faible. Les personnes légérement hypermétropes en sont quilles pour devenir presbytes
un peu plus tôt que les emmélropes el pour faire vsage de verres contexes un peu plus forts que les verres siisants pour kes me
VISTON. 5%
métropes du même âge. L'hypermétropie, plus ou moins forte, est d'ailleurs parfaitement corrigée par l'usage des verres convexes, car cenx-ci, en rendant plus convergents les rayons lumineux émanés des objets voisins, leur permettent d'aller faire leur i image sur l'écran rétinien.
Les hypermétropes âgés, surtout si leur hypermétropie est forte, trouvent grand avantage à porter des verres convexes pour voir au loin,
469. Astigmatisme. — C'est le défaut de l'œil à la fois le plus fréquent et le moins connu. Chez toutes les personnes dont la vue est mauvaise et délicate, chez tous les myopes qui ne voient pas parfaitement bien au loin, malgré le secours des verres concaves, chez les presbytes qui ne parviennent pas à trouver des besicles convexes leur permettant de lire sans fatigue, il y a lieu de suspecter l'existence de l'astigmatisme*. 11 faut encore le rechercher chez les personnes affectées de strabisme ou même d'une simple inégalité de force dans les deux yeux. Ce défaut se traduit encore bien souvent par du larmoiemeat, ou par des inflammations de la paupière ou de la conjonctive, qui sont rebelles à tonte espèce de traitement.
La cause anatomique de l'astigmatisme est une difformilé du globe oculaire les milieux réfringents de l'œil astigmate, au licu d’être des solides de révolution autour de son axe antéro-postéricur, sont assimilables à des fragments d'ellipsoides à axes inégaux.
La conséquence physiologique est la suivante. Supposons, par exemple, qu'un œil emmétrope subisse un léger aplatissement, de telle sorte que son diamètre vertical devienne plus petit que son diamètre horizontal : l'œil deviendra myope dans le méridien vertical, tout en restant emmétrope dans le méridien horizontal; il verra donc parfaitement les lignes verticales éloignées, tandis que les lignes horizontales lui paraîtront moins nettes. Ce caractère de l'as tigmatisine n'est pas absolu. Il peut arriver que le défaut soit assez fort chez certaines personnes pour affaiblir notablement la vue, sans qu'elles se svient jamais aperçues de l'inégale netteté des lignes horizontales et des lignes verticales. M. Javal a démontré récemment que chez les jeunes gens le cristallin peut se déformer spontanément de manière à compenser l'asligmatisme de lu cornée. Cette découverte explique pourquoi l'astigmalisme passe si souvent inaperçu, tout en élant une cause de fatigue considérable.
Besicles cylindriques. — Ophthalmomèétre de Javal et Schiütz. — W est évident qu'on ne peut remédier à cette infirmité avec des verres sphériques, les seuls que vendent ordinairement les opticiens, mais avec des verres qui agissent inégalement dans les différents méridiens de l'œil. L'astigmatisme, découvert par Thomas Young, a été corrigé pour la première fois par l'astronoine Airy, au moyen de verres cylindriques.
Le docteur Javal a démontré que, si l'on assimile l'œil à un ellipsoïde à trois axes inégaux, tout verre cylindrique capable de ramener à l'égalité de réfringence les deux ares situés dans le plan perpendiculaire à l'axe antéro-postérieur ramène en mème temps tous les autres méridiens de l'œil au mème pouvoir réfringent. La correction de l'astigmatisme se fera donc par l'emploi d’un verre cylindrique approprié. Ce problème est résolu avec précision et rapidité, du moins dans le cas de l'astigmatisme cornéen, à l'uide d'un ophtalmomiètre inventé en 1883 par MM. Javal et Schiôtz.
470. Diplopie. — La diplopie est une affection de l'œil qui ail qu'on von les