Catalogue de la maison Marco Mendoza
de Ja superficie de l'ouverture! ou du carré du diamètre de Pouverlure *#.
3° Chambres noires el châssis. — L'ancien daguerréotype (fig. 514) est remplacé aujourd'hui par des chambres noires dites à soufflet. La partie mobile B est réunie à la partie fixe C au moyen d'un soufflet en carton, recouvert de toile noire, imperméable à la Inmière, Une base ou queue H, qui porte l'avant et l'arrière, permet de les rapprocher ou de les éloigner pour effectuer la mise au point, Le tirage devient ainsi plus étendu, tandis que la chambre est elle-même plus légère et plus portative
Fig. 519.
La figure 519 (1) représente une chambre à soufflet munie de son objectif 0, montée sur son support fixe $SS, avec son écran en verre dépoli E à demi ouvert, La partie (I) de la figure représente la même chambre démontée et repliée, On la transporte aisément à la main, en la prenant par la poignée m.
La figure 520 représente un appareil de campagne monté sur son support à trois branches, à coulisse, pouvant se replier, de manière à occuper un volume très réduit et très portatif, On voit en G le sac qui sert à transporter la chambre.
4° Mise au point, — Elle s'effectue sous un voile noir, et a pour
1. À condition que l'ouverture soit circulaire. 2, I y à un diaphragme normal, adopté par le Congrès de Photographie : c'est celui dont l'ouverture a un diamètre égal au dixième de la distance focale
Principale de l'objectif.
but d'amerrer le verre dépoli de l'appareil dans le plan focal qui correspond au maximum de netteté.
0° Châssis négatifs. — Les couches sensibles, plaques où pellicules, ayant été préparées dans l'atelier, à l'obscurité, sont transportées, à l'abri de la lumière, dans la chambre noire, à l'aide d'appareils spéciaux appelés châssis négatifs ou simplement châssis.
Fig. 520,
Châssis à volets, — 1 y en a de plusieurs modèles, Le châssis à volets est le plus employé. On le fait toujours double (fig. 521). Les plaques sont séparées par une paroi opaque et maintenues par de petits taquets. Un ressort de pression central applique les plaques contre les laquets et les maintient en positiont, La figure 521 (1 et I) représente un châssis double à volets, ouvert (1) et fermé (I).
1. Les laquels ant l'inconvénient de se desserrer par l'usage. W faut done es resserrer de temps en Lemps.
Châssis à rideaux, — On construit également des châssis à rideaux, où les volets, au lieu d'être rigides, sont souples, étant formés de petites lamelles de bois collées sur étoffe. Le volet, au
Pig. 52.
lieu d'être tiré en dehors du chässis, vient done se loger à ln partie supérieure (fig. 522). Ce dispositif intercepte absolument la lumière. Ce châssis se construit simple ou double, La figure 592 représente un châssis à rideaux, ouvert en partie.
Châssis à rouleaux. — Entin, on construit des châssis de forme spéciale, dits chdssis à rouleaux, pour l'emploi des pellicules sensibles. La figure 523 représente le châssis à rouleaux de M. Marco Mendoza. Cel appareil permet d'employer des papiers ou pellicules libres négatifs ou d'autres substances sensibles en bobines. HN esi construit de manière à séparer exactement l'une de l'autre
Fig. 5%. les épreuves successivement imprés-
sionnées. Un cadran indicateur €
fonctionne automatiquement, de manière à faire connaitre le
nombre de clichés impressionnés. Enfin un petit timbre prévient
l'opérateur au moment où une nouvelle bande sensible remplace celle qui vient d'être impressionnèe.
6° Pose, — Après avoir fermé l'objectif, on place dans l'appareil le châssis contenant la couche sensible, on l'ouvre et on laisse agir La lumière pendant an temps variable suivant les conditions de l'opération.
La détermination du temps de pose est un des problèmes les plus complexes de la photographie, car la solution dépend de nombreux coefficients : sensibilité de la plaque, ouverture et foyer de l'objectif, distance et coloration du modéle, actinisme de la lumière, lequel dépend lui-même de la latitude, de la saison, de l'heure, de l'état de l'almosphere, ete,
Dans la pratique, il est toujours recommandé de chercher à dépasser le temps normal qui paraît être nécessaire. En effet, on peut toujours, par la conduite du développement, modérer la venue d'une unage surerposée, tandis qu'en cas de sous-exposilion l'opérateur le plus habile ne saurait faire apparaître ce que la lumière n'a pas hnprimé,
511. Observations générales sur le procédé au gélatino-bromure d'argent. — Éclairage du laboratoire, — La préparation des plaques, leur maniement et leur développement ne peuvent s'effoctuer qu'à la lumière rouge. Aussi les verres du laboratoire doivent-ils être essayés avec le plus grand soin au spectroscopé, Ils ne doivent laisser passer aucune trace de vert ni de jaune.
Nature de la conche sensible. — La gélatine, en tant que support, constilue un réseau dont la finesse ne saurait être comparable à celle de l'albumine ou du collodion ; aussi ln finesse de l'image et la transparence sont-elles moins grandes avec le nouveau procédé. De plus, la grosseur du grain de bromure d'argent parait croître avec ln sensibilité, de telle sorte que plus on exalle celte qualité, plus l'impge est grenue. Mais ces inconvénients ont peu d'importance à côté des nouvelles études qui ont été la conséquence directe de l'augmentation de sensibilité des préparations photographiques.
b12. Tirage des positifs sur papier : épreuves photographiques. — Le cliché étant obtenu, il s'agit de le reproduire sur papier : c'est la seconde opération de la photographie.
Les procédés de tirage des positifs peuvent se diviser en deux grandes classes :
1° Les procédés photographiques, dans lesquels l'action de la lumière est nécessaire pour l'obtention de chacune des épreuves, Les principaux sont basés sur l'emploi des sels d'argent, de platine ou de fer où sur les propriétés particulières dé la gélatine bichromatée (procédé au charbon).
% Los procédés mécaniques, dans lesquels la lumière intervient seulement pour faire une planche qui sera tirée ensuite par les procédés ordinaires de la lithographie, de la typographie ou de la taille-donce. Leur classification est faite d'après le carackère mème de cetta planche,
513. Procédés photographiques : Procédé au chlorure d'argent. — 1° Préparation du papier sensible. — On trouve dans le commerce divers papiers préparés spécialement : papier salé, papier albuminé, gélatiné; on les trouve également sensibilisés.
Celui qui est presque exclusivement employé est le papier préparé à l'albumine d'œuf, qui donne des épreuves d'une grande linesse et d'une richesse de tons remarquable.
La feuille est mise à flotter pendant 3 à 5 minutes sur ton bain de nitrate d'argent (à 10 où 15 eentièmes). Après quoi on a soutlève avec une pince, après avoir eu soin de constater (dès le début de l'opération) qu'il ne s'est pas formé de bulles d'air entre le papier et le bain. Le nitrate d'argent forme du chlorure d'argent impressionnable avec le chlorure de sodium dont le papier est imprégné. On laisse ensuite sécher le papier à l'air et dans l'obscurité,
2% Tirage. — Le cliché est placé dans un chässis-presse À (fig. 524).
Fig, 524.
Ce chässis-presse se compose d'un cadre en chène À, au fond duquel est disposée une glace sans tain très forte, d'une double planchette à charnière P et de deux fermoirs à ressort BW,
Le cliché est placé sur la glace, la couche en dessus, puis le papier sensibilisé est disposé le côté sensibilisé sur lx couche, Sur ce papier où place un matelas de drap ou de papier destiné à donner une pression égale sur toute la surface.
On dispose la planchette à charnière et on ferme le châssis au moyen des ressorts P et P'; grâce à la pression uniformément répartie, le papier se trouve appuyé sur tous les points du cliché, En exposant le châssis à la lumière, on obtiendra une image posilive, c'est-à-dire où à chaque partie blanche et transparente du cliché correspondra une partie noire, el où, par conséquent, les valeurs de l'image de l'objet photographié seront rétablies.
On regarde de temps eu lemps si le tirage est assez venu ci
ouvrant l'un des côtés du châssis. Lorsque l'exposition est suftisante, on retire la feuille et on fait les opérations suivantes.
5° Lavage des épreuves. — Les épreuves sont lavées à l'eau ordinaire pendant quelques minutes, afin d'éliminer une partie du nitrate d'argent qu'elles retiennent. Cet excès de nitrate aurail l'inconvénient grave d'occasionner des taches au virage et d'épuiser rapidement le bain.
# Virage. — Le virage a pour objet, d'abord de remplacer l'argent réduit, qui est altérable à l'air, par de l'or qui est inaltérable, et puis de donner aux photographies un ton pourpre très riche et qui est variable dans certaines limites. Le bain de virage se compose d'une solution de chlorure d'or (à 4 millième), à laquelle on ajoute une proportion variable de sels alcalins, tels que les borate, acétate, carbonate de soude, etc.
Il est utile de remuer constarament les épreuves dans le bain,
ÿ° Fixage. — Le fixage s'opère en laissant les épreuves pendant 10 à 15 minutes dans un bain d'hyposulfite de soude (à 10 ou 15 centièmes) qui dissout le chlorure d'argent non réduit par la lumiére dans l'exposition photographique; puis on lave les épreuves.
Remarque, — Ce lavage est une opération essentielle pour la conservation des épreuves, S'il restait en eflet quelques traces d'hyposulfite dans l'épreuve, au bout d'un certain temps d'exposition à l'air humide il se dégagerait de l'acide sulfhydrique, qui donnerait, avec l'argent de l'image, un sulfure d'argent, lequel se transformerait lentement en sulfate, qui, bien que peu soluble, se dissoudrait peu à peu et finirait par disparaitre.
Autrefois on lavait à deux ou trois eaux; aujourd'hui on lave à l'eau courante pendant plusieurs heures.
514. Autres procédés photographiques. — 1° Procédé aux sels de platine, — Ce procédé est fondé sur la propriété que possède un mélange sec de chlorure de platine et d'oxalate de fer de se réduire à la lumière, en donnant une image noire produite par le platine réduit. On la développe dans un bain chaud d'oxalate de potasse, puis on la fixe dans une solution étendue d'acide chlorhydrique.
Ce nouveau procédé permet d'obtenir des épreuves positives entièrement inaltérables et d'une valeur artistique plus grande que les précédentes, 11 permet en outre d'obtenir indifféremment des clichés sur papier, sur bois, sur étoffe, sur ivoire, ete.
2 Procédé aux sels de fer. — M a pour base l'action de lo lumiére sur les sols ferriques et l'action du ferrocyanure de potassium, Suivant le mode opératoire, on obtient des images bleues sur fond blanc, ou blanches sur fond bleu, Ces procédés sont surtout émployés dans l'industrie pour la reproduction directe des plans dessinés sur toile où papier transparent. Par l'action de l'acide gallique, on peut obtenir des épreuves noires sur fond blanc (Colas).
3" Procédé au charbon. — Ce procédé donne des images très artistiques et d'une très grande stabilité, 1 a été indiqué par Poitevin, à qui l'on doit, da veske, Va
découverte dé la plupart des propriétés de la gélatine bichromalée, Le principe sur léquel il repose est le suivant. La gélatine bichromatée, sous l'influence de la lumière, devient insoluble, dans l'épaisseur dé În couche, nnellement à l'intensité de la lumière qui l'a rée. Si, dans cette bichromatée coulée sur papier, on à i au préalable une matière rante stable à l’état de poudre finement divisée, les parties devenues insolubles emprisonneront la matière colorante, proportionnellement à l'action de la lumière qui a traversé le négatif, tandis que les parties restées solubles seront éliminées par un dissolvant approprié (eau chaude), L'imuge sera done conti tuée par des épaisseurs plus où moins fortes de gélatine colorée. x
515. Procédés mécaniques. — 1* Impression sur surface continue : Phalelithographie et photocollographie. — Une surface unie (pierre, zine) est récouverte d'une substance sensible à la lumière (bitume de Judée, gélatine ou aibumine bichromatées), puis exposée sous le négatif !. Après insolalion, les non insolées sont dissoutes dans les dissolvants appropriés, puis la surface est encrée comme dans les procédés lithographiques. La photographie n'intervient ici que pour donner sur la surface lithographique le dessin avee la plus entière précision : c'est la photolithographie. 4
Dans la photocollographie, une couche de gélatine bichromatée, étendue sur une glace où un support rigide, est insolée sons le négatif, puis lavée abondamment de façon à éliminer tout le bichromale, Sous l'influence de Ia lumière, l'insolubilisation de la couche est proportionnelle aux valeurs dt négatif.
Dans ces conditions, si l'on vient à encrer la planche, préalablement mouillée, l'encre grasse ne prendra que sur les parties insolées, el pro à leur degré d'insolation, tandis qu'elle sera chassée dans les autres. On appliquera une feuille de papier, et l'on tirora à la presse. Ce procédé est l'un des plus parfaits que l'on ait indiqués, car il permet de reproduire avec la plus grande perfection les négatifs à teintes modelées,
2 Impression sur surfaces discontinues. — 1ci nous aurons à distinguer les procédés donnant des planches en relief ou en creux.
Planches en relief. — On obtient sur zine, le plus généralement, et au moyen du bitume de Judée où de la gélatine bichromatée, une réserve qui le dessin à exécuter (ce procédé ne s'applique qu'aux reproductions de trait). On attaque alors le métal au moyen d'un dissolvant, de façon à obtenir le dessin on relief,
On dissout alors la réserve, et l'on encre la plaque montée sur un bloc Lypographique et susceptible alors d'être intercalée dans le Lexte d'un ouvrage imprimé,
Pour obtenir par ce procédé la reproduction des sujets d'après nature, qui sont à modèles continus, on transforme ceux-ci en négatifs n'ayant que des noirs et des blancs, par l'interposition de trames formées de lignes ou depoints, de façon à transformer les demi-eintes en lignes discontinues. — On peut alors tirer typographiquement un semblable négatif, Ce procédé, qui sers certaine: mont perfwgtonné, prendra une place importante dans l'illustration, en permettant d'intergaler dans le texte le document photographique lui-même.
Planches en creux, — HN s'agit d'obtenir des planches en creux analogues à celles qu'obtient le graveur à l'enu-forte. On opére en général sur cuivre, et lon reporte sur celui-ci l'image photographique, Une fois la réserve faite, on ereuse au moyen d'un acide plus où moins dilué. Le tirage se fait par les imprimeur en taille-douce.
Un autre procédé consiste à obtenir, sur gélatine bichromatée, un relief que l'on moule par les procédés galvanoplastiques.
1. Ce procédé ne peul s'appliquer à la reproduetion des négatifs à tointés modeles : ils ne doivent être composés que de noirs et de blanes.
Photoglyptie (procédé Woodbury). — Le procédé, absolument différent des précédents, consiste à obtenir, d'après un relief en gélatine produit sous le négatif, un moule en plomb dans lequel on coule de la gélatine colorée. On superpose une feuille de papier, et on laisse ln gélatine faire prise, après avoir exercé une bonne pression au moyen d'une presse spéciale, L'encre est chasséo ? dans les parties planes qui correspondent aux blancs, elle reste en plus ou moins grande quantité dans les creux, suivant leurs profondeurs, et elle reproduit ainsi toutes les valeurs de l'original.
Ce procédé très intéressant, et qui donne des images de teintes variées, n'est plus guère employé, car il ne permet pas de tirer avec marges, ot nécessite le en de chaque épreuve, tout comme dans le procédé ordinaire au chlorure
argent,
516. Photographie instantanée. — On peut comprendre dans la photographie instantanée toutes les applications dans lesquelles la durée de pose est réduite à un énstant, c'est-à-dire à une fraction de seconde extrémement petite, soit par l'emploi d'un organe spécial qu'on nomme l'obturateur, soit par ce fait que la plaque enregistre un phénomène qui est par lui-méme instantané.
Pour obtenir, dans ces circonstances, des images satisfaisantes, il sera nécessaire de combiner les diverses conditions de l'expé-
rience : sensibilité de la couche photographique, rapidité de l'objectif (caractérisée par son foyer et son ouverture), éclairage du modèle, énergie du développement.
1. Obturateurs. — On appelle obturaleurs des appareils ayant pour objet de ne laisser entrer la lumière que pendant un temps très court, qui doit être toujours le même pour un même degré de réglage, Le nombre des obturateurs est considérable, On peut les classer en trois classes :
1° L'obturateur à volet (simple ou double) est constitué par un ou plusieurs volets. Ceux-ei peuvent être indépendants ou solidaires l'un de l'autre (exemple : Lype Guerry, fig. 525).
F. L'obturateur latéral, qui se compose de lamelles percées d'ouvertures rectangulaires ou en secteur passant rapidement devant l'objectif d'un mouvement rectiligne ou circulaire (types : obturateur guillotine; obturateur Londe et Dessoudeix).
La figure 526 représente l'un des types d'obluraleurs Londe et Dessoudeir. est entièrement en métal et se place entre les deux lentilles de l'objectif, ce qui réduit beaucoup son volume, L'obturateur proprement dit 0 a une forme ovoide. Il est muni de deux manottes : une petite, m, qui sert à armer le disque d'obturation, et une plus grande, M, qui sert à tendre plus ou moins le ressort entrainant le disque, et par suite à donner différentes vitesses de passage. Cette manette se meut sur une demi-couronne portant une série d'encoches numérotées 1, 2, 3, 4, 5, 6.
L'une des encoches porte l'inscription pose : c'est la position dans laquelle il faut mettre la manette lorsqu'on veut effectuer la mise au point ou une pose d'une certaine durée; car l'obturateur est mixte, c'est-à-dire qu'il permet de faire des poses instantanées ou des poses d'une durée quelconque. On arme l'obturateur en mettant la manette à l'un des erans numérotés : la vitesse est d'autant Le grande que le numéro est plus élevé ; on a 1/15 de seconde aun* 1, et 4/120au n°6.
Quelquefoïs ce genre d'abturateur comporte deux lamelles allant en sens 1nverse (type Thury et Armey).
5" Oblurateur central. — Cet obturateur est formé de lamelles qui constituent une ouverture presque circulaire, régulièrement croissante et décroissante, tout à fait analogue au diaphragme-iris (type Dallmeyer).
Reuanque cénénas. — Ces divers genres d'obturateurs, d'après leur mode de construction, se placent soit en avant, soit en arrière de Fobjectif, soit mème dans un plan aussi voisin que possible des diaphragmes.
Ils sont commandés généralement au moyen d'un déclenchement preumatique, lequel fonctionne par la pression d'une poire en eaontchoue (fig. 5% et 526).
Fig. B35. Fig. 535.
4 Oblurateur à rideau, — Un dernier type d'obturateur consiste en un ridemu où un écran percé d'une fente étroite que l'on fait fonctionner contre la plaque elle-même, (C'est un obturateur de ce genre qui a été employé par M, Janssen pour la photographie du soleil, et par M. Marey pour l'étude du mouvement.) C'est celui qui permet d'obtenir les durées d'exposition les plus courtes.
1. Applications de la photographie instantanée. — Elle permet de reproduire avec succès les sujets en mouvement les plus variés : personnages, anirux, phénomènes naturels, vagnes, cascades, nuages, ete, 1 n'est même plus nécessaire que l'appareil photographique soit installé sur un pied solide, comme autrefois; on opère à la main avec grande perfection. L'opérateur Vüi-même peut être en mouvement et réussir étant sur un bateau, en voiture, dans win train, en ballon,
517, Photochronographie. — Si les épreuves instantanées simples ont un intérêt artistique, où docurentaire, ou scientifique, elles n'en sont pas moins souvent incomplètes, car il est impossible de saisir dans son ensemble le mouvement que l'on veut étudier, et une épreuve unique ne donne qu'une phase de ce mouvement prise au hasard. La méthode pholochronographique à pour objet de prendre des photographies successives, à des intervalles régnliers, de manière à faire l'analyse rigoureuse d’un mouvement quel qu'il soit.
1° Ærpériences de Muybridge. — Elie n ME apphanée pour la première fais on Amérique par M. Muybridge, qui a étudié Les Aiflèrentes allures des anivanmnss.,
ct principalement du cheval : celui-ci a UE reprodait man pass, ann AAL Aro.
grand trot et au galop, à une vilesse de 1142 mètres par minute, Des expériences ont été faites également sur un trotteur attelé à un tilbury. La vitesse était de 715 mètres par minute.
? Expériences de M. Marey. — M. Marey, duns les divers appareils qu'il a inmaginés (depuis 1885 jusqu'en 1893), s'est attaché à obtenir des images prises à des intervalles de temps rigoureusement égaux, ce qui élait un progrès sur la méthode de Muybridge. Les résultats obtenus sont d'une extrême précision et la trajectoire d'un objet en mouvement peut étre relevée dans l'esproe en fonction du temps.
our enregistrer le temps qui s'est écoulé entre la prise de deux épreuves succuwsives, on place sur le mème fond noir que le modèle un cadran portant des divisions etune aiguille blan- | che qui fait un tour à la seconde. À chaque photographie l'aiguille sera reproduite et le temps sera mesuré par l'angle existant entre chacune des images successives de l'aiguille.
Les études de M, Marey ont porté sur la marche, le saut, la course, sur les différentes allures du cheval, le vol des oiseaux, la nage des poissons, ete, 1 a méme appliqué sa méthode à l'étude des infiniment petits que l'on ne peut examiner qu'au microscope, et à l'enregistrement de phénombnes physiologiques variés : marche du sang dans les vaisseaux, mouvements du cœur, et, tout récemment, à l'étude des mouvements vibratoires des liquides, el£,
ÿ Expériences de M. Anschuts. — En Allemagne, M. Anschutz esl arrivé également à de très beaux résullats avec un dispositif Fig. 527.
analogue à celui de Muybridge, mais fonctionnant électriquement à des intervalles de temps rigoureusement égaux, avec des obturaleurs à rideaux,
4° Expériences de M. Sebert, de M. Londe. — En France, el au moyen d'appareils spéciaux, M. le général Sebert « étudié différentes questions intéressant la balistique (lancement de lorpilles, etc), et M. À, Londe les problèmes photochronographiques concernant la photographie médicale
5° Synthèse du mouvement, — L'analyse du mouvement est désormais un Fait acquis el l'on a cherché aussitôt à on effectuer la synthèse en utilisant les vires photochronagraphiques au moyen du 2aotrope, du phénakishcoge el aulres appareils anvlogues. Les résultats, obtenus par MM, Marey, Deimbns, Musee sont des plus remarquables.
518. Autres résultats obtenus par l'emploi des poses très courtes. — Dutre la reproduction des phénomènes qui échappent à l'ail à cause de leur rapidité,
la photographie instantanée permet d'enregistrer, gréce à des poses 1rés courtes, des détails que l'on ne saurait percevoir autrement
{* Expériences de M. Janssen. — C'est on réduisant la pose à = de soconde que M, Janssen est arrivé à reproduire différents détails de la surfnoc solaire intéressint la structure du noyau et ln pénombre, les facules, les rides, les
taches dé la photosphére. ete.
2 Expériences de M. Angot. — De mème, M. Angot a pu obtenir les plus fins
Mig. 529.
détails de certaines masses ningeuses tés légères qui se confondent avec le
bleu du ciel.
3% P} des delairs et des étincelles électriques, — Expériences de LA lots — Les vüsuliats atloints dans ces cas particuliers ont été très féconds au point de vor do la forme étilé In durée de dns manifestations électriques .
Cest ninsi que l'échur n'affecto jammis ln forme en sigeng sous Jaquelle on l'u toujours représenté, ot que sa durée n'est pas nussi courte qu'on be croyait (Mg, 527).
Quant à la forme de l'étincollé électrique (fig. 1528), elle a été indiquée avec une perfection coraplèle par M. Trouvelot. .
$19. Agrandissements phô- Fig. 550, tographiques, — On souvent besoin, en photographie, d'agrandir des clichés. Dans ce cas, 1 existe deux modes d'agramlissement distincts.
1° On commence par préparer un cliché positif sur verre du négatif qu'au vout agrandir. Un opère soit directement par contact, soit dans une chainbre noire pie transparence. C'est avec ce nouveau eliché positif qu'on obtient par transparence (lg. 529) dans la chambre noire un cliché agrandi @t négatif. C'est de co dernier que l'on so sert pour le tirage des épreuves.
æ Dons certains cas i) est préférable, tant au point de vue de la netteté que de
lu rapidité, de se servir du papier préparé au gélatino-bromure. L'image agrandie du cliché négatif est projetée au moyen de la lumière solaire ou artificielle sur un écran où est disposé le papier sensible, On développe eomme d'ordinaire, et on obtient ainsi des agrandissements fort beaux,
520. Photographie à la lumière artificielle, — Grâce aux progrès réalisés dans la sensibilité des préparations photographiques, on peut maintenant opérer très facilement avec des sources de lumière artificielle, lumière électrique, magntsium, etc.
Ce dernier, employé à l'état de poudre impalpable, seul ou avec des substances oxydantes (fig, 830), et projeté dans une flamme, donne des fclairs d'une intensité considérable, ce qui a permis d'opérer dans les endroits mal éclairés, on qui sont dans l'obscurité complète : intérieurs d'appartements, Chéâtres, grottes, cavernes, ele.
521. Dégradés photographiques. — Certaines photographies sur fond banc
acquièrentune plusgran-
(t) (11) de valeur artistique au
moyen du dégradé, qui à pour effet de rapprocher davantage la photogr phie de la gravure ou du dessin au crayon. On arrive facilement à ee résultat en disposant au-dessus de Ua glac du châssis contenant le cliché un dégradateur (Mg. 851, 1, ID), c'est-à-dire un verre sur lequel sont collées des feuilles trans- Fig. 531. parentes de papier dé-
lumière tamisée par ce dégradateur passe insonsiblement du blanc au notr, el donne un fond blanc, car toute la partie du dégradateur est noire et imperméable à la lumibre.
On se sert encore de verres jaunes dégradés,
522, Photographie micrographique, — C'est une branche nouvelle de la photographie, qui comprend les deux problèmes suivants :
1° Fixer, au moyen des procédés photographiques ordinaires, les images agrandies des objets microscopiques (pholomicrographie).
2 Obtenir des images microscopiques d'objets de grandeur ordinaire, de manière à réunir un très grand nombre d'épreuves dans un petit espace.
1° Photomicrographie. — L'ensemble des procédés et des appareils qui résolvent la première question constitue la photomicrographie. Le dispositif Je plus simple est dû à M. Girard, On substitue nn microscope à l'objectif ordinaire d'une chambre noire (fig. 552)! et, au moyen du miroir, on éclaire fortement le
1. On sait que dans ces conditions le microscope ordinairé peut donner des images réelles agraudies, et droites par rapport à l'objet.
PHOTOGRAPHIE, 575 petit objet, dont l'image grossie va se projeter sur l'écran de la chambre noire
Fig. 532.
el s'imprimer sur la plaque sensibilisée, La suite des opérations pholographiques s'effectue comme d'habitude, Ce procédé s'applique à toutes les recherches mierographiques : il permet d'en fixer Les découvertes et de les étudier d'une manière permanente,
2 Épreuves microscopiques.— La deuxième question a été résolue d'abord par les procédés et les appareils de M. Bertsch, complétés ensuite et perfectionnés par MM. Neyt, Dagron, Moitessier et J. Girard. C'est ainsi qu'on est parvenu 4 faire ces imperceptibles photographies qu'on enchâsse dans une monture quelconque, et qui, vues à la loupe, prennent les dimensions des épreuves ordinaires.
C'est par;ces procédés que, pendant Île siège de Paris, on a pu expédier en province de longues et volwminenses dépêches réduites à une surface microscopique el à un poids minuscule, M. Dagron employait de minces pellicules de collodion, assez sensibles pour n'exiger ‘que deux secondes de Fig. 533. pose. Sur chacune d'elles on pouvait photographier 42 4946 pages in-folio, contenant en moyenne 3000 dépêches; 18 de ces fouilles, introduites dans un tuyau de plume, pesnient environ | demigramme, et constituaient la charge d'un pigeon voyageur. La figure 535 est le fuc-similé de l'une de ces dépèches. Arrivées à deslination, elles étaient
agrandies et projeltes sur un écran blanc à l'aide d'un mieroscope photo électrique.
PHOTOGRAPIIE ONTHOCHAOMATIQUE ET HÉLIOCUROMIE.
#33. La photographie orthochromatique. — Les plaques isochromatiques. — La photographie actuelle a un grave défaut : elle donne des images où les valeurs sont très mal rendues et même, en quelque sorte, renversées : le bleu, qui est la plus sombre des couleurs, vient en blanc ; le jaune, le vert, le rouge, viennent en noir. Il en résulte que, dans un positif photographique ordinaire, on ne voit en clair que le bleu qui vient en blanc et que le blane (parce que le blanc contient du bleu); quant aux autres couleurs, elles ne viennent qu'en raison de la proportion de bleu qu'elles contiennent, Et la cause de cette anoimalie est inhérente à la nature mème des substances sensibles. La plaque photographique étant très sensible aux rayons bleus et très peu sensible sux autres rayons, il en résulte que le temps de pose, qui est suffisant pour le bleu, se trouve être insuffisant pour les autres couleurs !,
La premiére méthode qui ait été proposée pour corriger celte imperfection, c'est l'emploi des plaques dites isochromatiques. On appelle ainsi des plaques dont la substance sensible a été additionnée de certaines substances tinétoriales qui en accraissent lu sensibilité pour telle ou telle radiation colorée, et palement pour les radiations les moins actives, MM, Altout-Tailfer et 1. furent les premiers praticiens qui fabriquèrent industriellement des isochromatiques et les introduisirent dans la pratique. C'étaient des plaques au gélatino-bromure, sensibilisées à l'éosine pour le vert-jawne, On également des plaques isochromatiques au collodion humide et au eollodion sec, On les sensibilise à l'aide d'un grand nombre de substances, Nous citerons, pour exemple, la cyanine, qui sensibilise pour le rouge et l'orangé ; l'érythrosine, pour le jaune; la salicine, pour le vert et le rouge.
#24. Photographie orthochromatique : La méthode de M. Lippmann. — Mais ces plaques sont encore bien loin de la plaque isochromatique idéale, e’est-+dire de celle qui aurait une sensibilité chromatique égule à celle de la rétine: elle seule pourrait rendre en valeurs justes les tons des objets photogrsphiés. En attendant qu'on puisse la réaliser, on peut tirer un parti bien supérieur des plaques existantes, grâce à une méthode de M, Lippmann, qui consiste essentiellement dans l'emploi rationnel et systématique d'une série de verres colorés.
Aprés avoir mis dans la chambre noire une plaque Altout-Taïlfer, mir une glace bleue devant l'objectif et on laisse poser le peu de temps nécessaire pour que les rayons bleus de l'image impressionnent la plaque. — Ensuite, sans toucher à l'appareil et en prenant bien soin de ne pas le déplacer, on substitue à la glace bleue une glace verte %, et l'on continue à faire poser assez longtemps pour que le vert, à son our, impressionne la plaque fortement, — Enfin, c'est le tour des rayons rouges. On les fait agir en substituant devant l'objectif une glace rouge h la glace verte.
Le résultat final de cette méthode « de triple pose », c'est de donner des photographies orthochromntiques, c'est-à-dire claires sans taches brunes, dans lesquelles les feuillages verts, les draperies jawnes, ete,, au lieu de donner des tons bruns, sont rendus par un dessin finement modelé, comme dans une gravure bien faite.
525. Photographie des couleurs. — 1° Énoncé du problème, — On sait que
1. Comptes rendus de l'Académie des Sciences : Sur l'obtention de 1n photographie en valeurs justes, par M. G. Lippmann. 2. D'un vert très pur, et sans aucune trace de bleu.
l'image des objets éclairés, projetée par l'objectif sur le verre dépoli de la chambre noire, est la reproduction exacte de la forme et de la couleur de ces objets. Or l’épreuve photographique ne reproduit que la forme et le modelé de cette image : la couleur a disparu.
Le probléme de la photographie des couleurs, ou héliochkromie, consiste à reproduire la couleur, aussi bien que le modelé, de l’image projetée.
2 Historique de la solution. — Expériences de M. Becquerel. — Toutes les fois que les physiciens veulent opérer sur la lumière colorée dans des conditions simples et bien définies, c'est le spectre solaire qu'ils emploient, car lui seul est fnrmé de rayons simples : toutes les autres lumières colorées sont des mélanges de ces raçons simples. Vers 1848, M. Edmond Beequerel obtint pour la première fois une image fidèle du spectre solaire. Il eut l’idée de pendre une lame de plaqué d'argent, préparée d'une manière spéciale. Au lieu de la sensibiliser par l'iode, — comme faisait Daguerre, — il employga le chlore. Cette surface, convertie ainsi es chlorure violet d'argent, puis exposée aux couleurs d'un spectre solaire pendant un temps suffisant, prit directement la couleur de ces rayons. Mais cette image colorée ne pouvait être conservée que dans l'obscurité. Expusée au jour, elle devenait blanche en son entier. Le problème n'était pas résolu.
de Poitevin. — Après Becquerel, Poitevin reprit le même procédé, avec des modifications secondaires. Au lieu de déposer le sous-chlorure violet sur une plaque d'argent, il le déposait sur papier; de plus il l'imbibait de bichromate de potasse, ce qui en augmentait la sensibilité. Mais, pas plus que Becquerel, Poitevin ne parvint à fixer les images colorées.
Expériences de Charles Cros el de Ducos de Hauron. — A la suite de ces expériences on parait avoir renoncé, pendant plus de vingt ans, à résoudre le problème directement.
En 1869, Ch. Cros et M. Ducos de Hauron iinaginèrent séparément une méthode indirecte pour obtenir des images colorées photographiques. En principe, l’un et l'autre inventeur procédaient de la mème manière.
1ls tiraient d'abord, de l'objet à reproduire, trois clichés incolores ; ensuite, à l'aide de procédés connus, ils tiraient de ces trois clichés négatifs trois épreuves positives qu'ils teintaient séparément de trois couleurs différentes, obtenues par exemple avec trois encres grasses colorées. En superposant ensuite ces trois images qui sont monochromes, on réalisait une image polychrome, reproduisant sensiblement les teintes et les tons divers de l'objet coloré.
Ce procédé était analogue à la chromolithographie, avec cette différence qu'il supprimait l'intervention des dessinateurs en les remplaçant par la photographie. Par contre, ce procédé ne résolvait nullement le problème, puisqu'il ne fournissait directement que des clichés incolores. La couleur n'était apportée qu'après coup, et le choix en était plus ou moins arbitraire, étant subordonné à la qualité des encres grasses employées.
526. Photographie des couleurs : Découverte de M. 6. Lippmann. — 1° Dixposutif expérimental. — M. Lippmann est arrivé r‘cemment à une solution eumplète et définitive du problème de la photographie des couleurs, à l'aide d'une méthode simple et rationnelle, totalement différente des procédés empiriques de ses prédécesseurs.
Il est parti de la théorie de la lumière pour définir à priori les conditions dans lesquelles il faut se placer pour ohtenirdes clichés colorés, par l'application directe des procédés photographiques ordinaires. Ces conditions sont au nombre de deux :
4° Il faut que la couche sensible soit continue, el non pas formée, comme les émulsions ordinaires, de petits grains métalliques dispersés dans la couche de
élatine ; f 2 11 faut que cette couche sensible soit adossée à une surface réfléchissante formant miroir,
CANOT-MANECVRIER. EN
M. Lippmann réalise la première condition en sensibilisant dans un bain d'azotate d'argent une couche soitde cotlodion, soit d'albumine, soitde gélatine, imprégnée de bromure, ou de chlorure, ou d'iodure de potassium, Il réalise ba surface miroilante adossée à la couche sensible en plaçant derrière celle-ci, et en contact avec elle, une couche de mercure,
Il a imaginé pour cela un châssis spécial (fig. 554) en forme d'auge plate
Fig. 5354 Fig. 555.
EEGY. Elle est constituée très simplement, d'abord par la plaque sensible, dont la face nue G est tournée vers l'objectif, puis par une contre-lame de verre onlinaire Ÿ, qui forment les deux faces apposées; elles sont réunies à Vuide de
Fig, 656,
pinces de serrage en laiton PP, par l'intermédiaire d'un cadre d'ébonite REE, formant les parois. C'est duns cètte auge, parfaitement étanche, qu'on verse le wercure servant de miroir,
Le châssis ainsi préparé est exposé en E par sa face G à l'action directe d'un spectre solaire, provenant d'un arc voltaique (fig. 85%). En Rest le régulsteur, on L, L, et L, des lentilles destinées à concentrer la lumière solaire, qui à
pénétré par In fente O d'un écran, sur un privme à vision diveote (fig: 534)
P, qui disperse la lumière sans la dévier, et qui projette un spectre pur en G.
Lorsque la pose est terminée, on vide la cuve, puis on enlève la plaque sensible qui n'était maintenue que par pression contre les parois‘. On la développe alors et on la flxe par les procédés ordinaires (par exemple à l'acide pyrogallique et au carbonate d'ammoniaque, puis à l'hyposulfite de soude). On voit apparaître les couleurs du spectre sur la plaque, au fur et à mesure qu'elle se desséche. On les voit bien par réflexion, en disposant le cliché sur un fond noir et en le regardant à la lumière diffuse.
Ces couleurs sont parfaitement fixées, et absolument inaltérables à la lumière.
2 Théorie de la méthode Lippmann*. — Les couleurs ainsi obtenues sur la
laque sont très brillantes. De quelle nature sont-elles?
Le dépôt qui résulte de l’action photographique se compose d'argent réduit, comme sur un cliché ordinaire, car il a été produit à l’aide des réactifs usuels. Il n'est done pas coloré par lui-même. La couleur est due à une raison purement physique. Ce dépôt d'argent, produit par les actions combinées de la lumière directe et de la lumière réfléchie sur le miroir, a pris une structure lamellaire, d’où résulte dans son épaisseur, par interférence, le phénomène de coloration dit des lames minces ou des anneaux colorés.
Nous avons vu que la couleur prise par une lame mince dépend de son épaisseur : au furet à mesure que celle-ci diminue, on observe, par réflexion, successivement du rouge, puis du vert, du bleu et du violet. La couleur réfléchie sur une lamc mince est celle dont la demi-longueur d'onde est égale à l'épaisseur de la lame. Or la lumière qui a impressionné la couche sensible, pendant la duréc de l'exposition dans la chambre noire, s'est stratifiée dans son épaisseur, par suite de la présence du miroir de mercure. Chaque onde lumineuse étant réfléchie sur elle-même par ce miroir, il y a eu interférence entre l'onde directe et l'onde réfléchie. Les ondes ont ajouté leurs actions dans certains plans, où il s'est produit des maxima lumineux : c'est là que se sont déposées ensuite les couches d'argent réduit,
En d'autres plans intermédiaires les actions des ondes lumineuses se retranchent au contraire et s'annulent : en tous ces points l'effet photographique a été nul, et il n’y est resté, après le développement et le fixage, que de la gélatine pure.
En résumé, l’action photographique n'a fait que fixer, en la matérialisant par un dépôt d'argent, la position de chaque maximum d'action lumineuse. Or ces maxima sont séparés par des distances égales à une demi-longueur d'ondulation de chaque luinière, et c'est pourquoi les lames minces employées ont précisément cette épaisseur. La vibration lumineuse s’est, en quelque sorte, moulte, par voie photographique, dans l'épaisseur de la plaque impressionnéef,
Le dépôt d'argent réduit est donc stratifié comine le faisceau lumineux qui lui
4. Cette manipulation est facilitée par un perfectionnement récemment apporté à la cuve de M. Lippmann par MM. Lumière. La cuve elle-même V est encastrée dans un véritable châssis en bois EE dont les deux parois sont maintenues en place (fig. 535) à l’aide d’un ressort métallique R. La paroi postérieure du châssis porte sur ses bords une autre garniture de caoutchouc souple HH formant joint. La face antérieure G présente une feuillure BB, garnie également d'un caoutchouc contre laquelle on applique la plaque sensible G. Un tube adducteur pénètre à travers le châssis dans la partie inférieure de la cuve M, et communique avec une poire en caoutchouc N contenant du mercure. En comprimant ou décomprimant la poire, on peut remplir ou vider de mercure la cuve à volonté et aisément.
2. Noir la Science Moderne du 3 mars 1891 : Conférence faite par M. G. Lippmann au Conservaloire des Arts et Métiers.
3. On peut rapprocher cette théorie de celle du phonographe. Le son, en ee
a donné naissance. Îl se compose d'une série de lames minces d'argent équidistantes, et qui partagent l'albumine où la gélatine qui leur sert de support en lames minces superposées. D'après la théorie mème des anneaux colorés, là où nous voyons du rouge, c'est que la distance entre deux couches d'argent suocessives est égale à une demi-longueur d’ondulation du rouge; et plus loin, si nous apercevons du vert, c'est qu'en cet endroit la stratificalion est plus serrée et que la distance des couches d'argent consécutives n'est plus égale qu'à une demilongueur d'ondulation verte. Et il en est de même pour toutes les autres parties du spectre.
Quant à l'éclat des couleurs observées dans les spectres photographiés de M. Lippmanw, il est dû au nombre considérable des lames minces superposées dans chaque région, et dont les effets s'ajoutent. On peut se faire une idée approximative du nombre de strates qui seraient produites dans une couche de gélatine de 1/10 de mm d'épaisseur, environ l'épaisseur d'une feuille de papier ordinaire. En effet, comme on à approximalivement
pour le rouge . . . - . - .. = AL" de mm 2 SA) 2 à 1 pour le jaune, . . . . . . . . 2= in = F à 1 pour le violel. - . . . . . . . S = —
le rouge du spectre sera produit par 350 larmes minces superpnosées, le janne par 400 et Le violet par 500.
#27. Vérification expérimentale de la théorie. — Derniers résullats. — 1 résulte immédiatement de cette théorie de M. Lippmann que les couleurs composées des objets colorés doivent venir en photographie, par son procédé, aussi bien que les couleurs simples du spectre. Celle conséquence a été vérifiée pur l'expérience, Après les épreuves colorées du spectre, M. Lippmann a obtenu des épreuves parfaitement nettes d'objets colorés de couleurs compleses quelconques: un bouquet formé d'un pavot rouge entouré d'oranges jaunes, un perroquet-ara (empaillé, bien entendu, la pose étant encore trop longue pour qu'on puisse photographier un oiseau vivant), une branthe de houx avec son feuillage vert et ses baiés rouges, un fragment de vitrail à quatre teintes (rouge, vert, jaune et bleu). Enfin, dans ces derniers temps, MM. Lumière et Lippmann lui-même ont obtenu des photographies de paysages, d'une surprenante vérité, Ces paysages ont été pris, nu soleil, avec une durée de pose qui a varié de une demi-heure à trois quarts d'heure,
est constitué par des vibrations qui sé moulent dans la couche de cire phonographique, en y laissant une tracé permanente qui est éapable de les reproduire sprès coup. De même, dans le procédé Lippmann, tes vibrations Humineuses se moulent dans la couche sensible en y laissant un dépôt photographique permanent, capable de reproduire après coup les vibrations hnineuses,