CHAPITRE XIV CHALEUR RAYONNANTE
694. Définitions préliminaires. — Rayonnement et absorption de la chaleur. — Lorsqu'un corps est placé dans une enceinte dont la température est plus ou moins élevée que la sienne, on observe toujours que la température du corps s'élève ou s’abaisse progressivement, jusqu’à ce qu'elle ait atteint celle de l'enceinte ; d'où l'on conclut que le corps a gagné ou perdu une certaine quantité de chaleur, enlevée ou cédée au milieu ambiant. La chaleur se transmet donc d'un corps à un autre à travers l'espace. Ce mode de propagation, qui se produit à toutes les distances et dans toutes les directions, se désigne sous le nom de rayonnement ; et l'on nomme absorption l'inverse de la radiation, c’est-à-dire la pénétration de la chaleur rayonnante dans les corps.
Corps chauds et corps froids. — Les corps désignés vulgairement sous le nom de corps chauds ne sont pas les seuls qui émettent de la chaleur, et les corps froids les seuls qui en absorbent. Tous les corps, chauds ou froids, émettent et absorbent constamment de la chaleur, seulement en quantités inégales.
Chaleur rayonnante ou radiation calorifique. — Lorsqu'on considère la chaleur se propageant par rayonnement, on l'appelle chaleur rayonnante ou radiation calorifique.
Rayon calorifique et faisceau calorifique. — Enfin, on définit rayon de chaleur ou rayon calorifique la ligne suivant laquelle la chaleur se propage, et faisceau un ensemble de rayons. Si ceux-ci s'écartent les uns des autres, le faisceau est divergent ; s'ils sont parallèles, le faisceau est lui-même parallèle.
Chaleur lumineuse et chaleur obscure. — Lans l'étude de la chaleur rayonnante, il y a lieu de distinguer la chaleur ou radiation obscure et la chaleur ou radiation lumineuse : la première est émise par les corps non lumineux, tel qu'un vase rempli d'eau à 100°, et la seconde par les corps \umineux, comme le soleil ou les métaux incandescents.
SANOT-MANEUVNIER. M
695. Caractères physiques du rayonnement. — Le rayonnement se distingue nettement de la conductihilité par les caractères suivants :
4° Le rayonnement a lieu dans loules les directions autour des corps. — En effet, si l'on place un thermomètre en différents points autour d'un corps chaud, il subit partout une élévation de température,
2 Dans un milieu homogène, le rayonnement se fait en ligne droile. — En effet, si l'on interpose un petit écran sur la droite qui joint une source calorifique au réservoir d'un thermomètre, celui-ci cesse d'être influencé par la source.
Mais en passant d'un milieu dans un autre, de l'air dans le verre par exemple, les rayons calorifiques, de mème que les rayons lumineux, changent de direction : on dit également qu'ils sont réfractés.
3° La chaleur rayonnante se propage dans le vide, — La présence d'un milieu pondérable ne paraît pas nécessaire au rayonnement de la chaleur. En effet, pour la chaleur lumineuse, la propagation dans le vide se trouve démontrée par le rayonnement du soleil à travers les espaces planétaires, et, pour la chaleur obscure, on a constaté le fait par l'expérience de Rumford,
Le réservoir d'un thermomètre 4 (fig. 645) était placé au centre d'un ballon, dans le wide barométrique; dès qu'on l'exposait à une source de chaleur obscure, en le plongeant, par exemple, dans de l'eau chaude, le mercure montait presque instantanément. Donc Ja chaleur obsecure se propage dans le vide, eur le verre est
Fig. 643. trop mauvais conducteur pour que: la Lion s'opère aussi rapidement par les parois du ballon et la tige du thermomètre,
4" Vilesse de propagation de la chaleur rayonnante, — La vitesse de propagation de la chaleur n'a pas été déterminées ontsait seulement qu'elle doit peu différer de celle de lu lumière, st elle ne lui est pas rigoureusement égale,
5 Identité de la chaleur rayonnante et de la lumière Le caractère essentiel de la chaleur rayonnante, caractère quirésume tous les autres, c'est son identité avec la lumière, vérifiée. mentalement par l'étude de Loutes ses propriétés et deslois qui
les régissent.