CHAPITRE PREMIER
798. Définitions. — Historique. — Un grand nombre de substances, quand on les frotte avec un morceau de drap ou avec une peau de chat, acquièrent la propriété d'attirer les corps légers, tels que des barbes de plume, des brins de paille, etc. Cette propriété, découverte d’abord sur l’ambre jaune, fut reconnue plus tard à la cire à cacheter, aux résines, à la guttapercha, au soufre, au verre, à la soie, à l'ébonite (caoutchouc durti), à la paraffine, à la soie artificielle, qui s'électrise fortement lorsqu'on la frotte avec la main.
Elle peut servir à définir l’électricité. Les corps qui ont acquis cette propriété sont dits électrisés, et la cause inconnue de ce phénomène, dit électrique, est appelée électricité.
Les principales causes qui développent l'électrisation sont le contact, soit simple, soit renforcé par le frottement ou la pression, les actions chimiques, la chaleur, le magnétisme et l'électricité ellemème. Ses effets principaux sont des attractions et des répulsions, des phénomènes lumineux vou calorifiques, des commotions plus ou moins violentes, des réactions chimiques.
Remarques. — 1° Frollement des liquides el des ga:.— Un corps solide peut
aussi s'électriser quand il est frotté avec un liquide ou un gaz. 1l suffit de plonger une baguette de verre dans du mercure pour l'électriser. De mème, dans :
1. On trouvera dans les Livres X et XI, qui constituent un Traité abrégé d'Électricité, les expériences nonvelles les plus élémentaires du Cours d'Électricité que M. G. Lippmann a professé à la Sorbonne pendant l’année 1848. Tous les renseignements, d'ordres expérimental et théorique, nous ont été obligeaunment fournis par MM. Cl Limb cl A. Guillet, préparateurs du Cours àe A. Lippmann.
une fois donnée, nes découvertes se se suiced
les exposerons dans leur ordre chronologi:
avec l'ordre logique des principes fondamx
199. Électroscopes. — On reco: au moyen de pelits instruments à
l'extrémité inférieure d'une tige métallique terminée en haut par un bouton métallique (fig. 729) : c'est par là qu'on relie le corps électrisé à l'électroscope, à l’aide d’un fil métallique long et fin ou bien par contact direct. Les feuilles d'or divergent si le corps est électrisé.
Resanoo — Si la balle de sureau d'un électroscope ne doit pas conserver sa charge après l'éloignement du corps électrisé, il est préférable de ne pas l'isoler.
qu'on présente au pendule électrique un bâton de cire à cacheter frotté par un bout, on remarque qu'il n’attire que par ce bout; l'autre bout, qui n’a pas été frotté, ne donne aucun signe d'électri- Fig. 7%. sation. Il en est de même avec un tube de verre, un bâton de soufre, tant qu'ils n'ont pas été frottés dans toute leur longueur. Au contraire, l'expérience montre qu'aussitôt qu'un corps métallique a, dans certaines conditions, acquis sur un de ses points la propriété électrique, instantanément elle se propage sur toute la surface du corps, quelle que soit son étendue.
Il y a donc des substances qui transmettent la propriété électrique et d'autres qui la retiennent firée sur les points directement électrisés.
Erpériences de Gray. — Ce fait fut découvert par Gray, en 1727. Il remarqua d'abord que, si l’on frottait un tube de verre creux fermé par un bouchon de liège, celui-ci prenait la propriété électrique, bien qu'il fût incapable de l'acquérir lorsqu'on le frottait directement, mais en le tenant à la main. 11 généralisa ce fait par une expérience célèbre. Il attacha au bouchon une corde de chanvre dont la longueur était de 765 pieds et il la tendit horizontalement en la suspendant par des rubans de soie au plafond de la salle. Toutes les fois qu'on frottait le tube de verre, on voyait l’action électrique s'exercer sur toute l'étendue de la corde.
801. Corps bons conducteurs et corps mauvais conducteurs. — On dit que les corps, tels que les métaux, qui transmettent la propriété électrique, conduisent bien l'électricité, ou qu'ils sont des corps bons conducteurs, et que les autres conduisent mal l'électricilé, ou qu'ils sont des corps mauvais conducteurs où isolants.
Cette classification des corps ne doit pas être regardée comme absolue. Il n'y a pas de corps parfaitement conducteurs, € ess dire transportant l'électricité à toute distance el instantanèrmext
ni de corps absolument isolants, c'est-à-dire opposant une résistance complète à la propagation de l'électricité. En réalité, les corps sont plus où moins conductenrs et plus où moïns isolants. De plus, le degré de conductibilité, pour une même substance, dépend de sa température et de son état physique. Le verre, qui est très mauvais conducteur à la température ordinaire, conduit assez bien lorsqu'il est chauffé au rouge. De même la Le laque et le soufre deviennent conducteurs lorsqu'on les
con-
Corps idivélectriques et anélectriques, — C'est à cause de ln grande ductibilité des métaux qu'on ne peut les électrisor directement, à moins qu'on n'ait soin de les isoler préalablement et de les frotter avec un teur, Dans £es conditions, les métaux s'électrisent aussi bien que Les corps man vais conducteurs. Pour le démontrer, on fixé un tube de laiton à un manche de verre où de parafline (fig. 727), ét, tenant ce dernier à la main, on frotle
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le métal avec un morceau dé soie ou de taffélas ciré: en lappréihent ensuite
d'un électroscope, on constaté qu'il est électrisé, Si l'on tenait directement le métal à la main, on ne vorrait pas le moindre signe d'électrisation $ cependant il y aurait bien encore production d'électricité par le frottement, mis alle so perdrait immédiatement dans le sol,
Ce fait général explique l'ancienne élassification dés corps, faite par Gilbert, en idioélectriques, c'est-à-dire pouvant s'électriser {c'étaientiés corps isotarits), et on anélectriques, c'est-à-dire incapables de s'éléctriser (c'élaiont les curpa vonducteurs).