CHAPITRE XVI APPLICATIONS INDUSTRIELLES
1079. Définitions : télégraphes, télautographes et téléphones. — L'une des applications les plus étonnantes de l'électricité, c'est, sans contredit, la transmission instantanée et à de grandes distances de la pensée humaine, sous ses deux modes d'expression, l'écriture et le langage articulé,
L'ensemble des procédés qui résolvent le premier problème constitue la félégraphie et la télautographie ; l'ensemble des procédés qui résolvent le second constitue la téléphonie : les appareils employés dans le premier cas s'appellent félégraphes et lélautographes; ceux qui servent dans le deuxième cas sont les téléphones.
1080. Historique et principe des télégraphes électriques. — Dès le siècle dernier, plusieurs physiciens avaient proposé de correspondre à distance au moyen de l'électricité fournie par les machines électriques.
En 1811, Sæmmering imagina un télégraphe fondé sur l'emploi de l'électrolyse de l'eau comme moyen indicateur.
En 1820, à une époque où l'électro-aimant n'était pas encore connu, Ampère, appliquant l'expérience d'Œrsted, proposa de correspondre am moyen d'aiguilles aimantées au-dessus desquelles on dirigerait un courant : on aurait employé autant d'aiguilles et de fils qu'il y a de lettres.
En 1857, Steinheil à Munich et Wheatstone à Londres construisaient des télégraphes à plusieurs fils agissant chacun sur une aiguille aimantée: la source du courant était un appareil électromagné tique de Clarke ou une pile, Steinheil imagina de plus le retour du courant par La terre, Mais le télégraghe éleexsioue pe devint pratique que par l'emploi d'électro-aimants, imaginé par Weeks en 1440.
1081. Classification des appareils télégraphiques. — Les systürnes tél imaginés depuis l'origine de la télégraphie électrique sont très mombrenx: ent il en est relativement peu qui aient pu satisfaire aux exigences de br pratiqe et nous ne nous octuperons qué de ceux-ci.
Les systèmes représentant les lettres de l'alphabet au moyen die siprs te ventionnels peuvent se diviser en deux grandes catégories :
1" Le système Morse et ses dérivés, duns lesquels les lettres sont par les répétitions et combinaisons de deux signes élémentaires ditincts à indépendants ;
% Les systèmes dans lesquels chacun des signes élémentaires est Afin par de moment où il se manifeste; on désigne aussi ces appareils sou ln em d'appareils à synéhronisme.
Dans les appareils appartenant à ces deux catégories, Les signaux rom à l'arrivée peuvent être simplement indiqués par l'appareil récepteur (apparni à signaux fugilifs), el dans ce cas les opérations de 1raduetion et de Iran criplion incombent à l'agent préposé à la réception dans le poste d'arrivée.
Les signaux reçus peuvent aussi étre enregistrés sous forme de fraces ce ventionnelles par l'appareil récepteur lui-même (appareils à signaus enr trés), et le travail incombant à l'agent préposé à la réception est Le même dans le cas précédent, Il est vrai que l'enregistrement automatique desclsme dispense d'en effectuer la traduction au fur et à mesure dé leur srrinée fournit un moyen de contrôle très apprécié dans certains ens.
Les signaux reçus peuvent être traduits dulomaliquement et hmprieés en caractères typographiques par l'appareil lui-même (appareils mprimeun,e qui ne laisse à l'agent récepteur que le soin de recueillir le tflégemnmme pe venu sous celle forme,
Enfin, certains systêmes télégraphiques, dits appareils wapides ou 4 gros rendement, permettent d'effectuer sur un fil de ligne unique wn nomme transmissions supérieur à celui qu'un seul agent peul transuietire où te voir (appareils à transmission automatique, et appareils à transmissions nb tiples)".
1082. Organes divers d'un télégraphe électrique. — Les par ties essentielles de tout télégraphe électrique sont =
1° Le générateur de courant : piles, accumulateurs où dynames: 2° Le fil de ligne, qui transmet le courant d'une station à l'autre: 3° Le manipulateur, qui règle les intermittences du conrmtèt station de départ ; 4° Le récepteur, qui enregistre les dépêches à la station d'armée: 5° Des organes accessoires : relais, translateurs, traduelen sonneries, rhéoslats, parafoudres, etc, 1083. Fil de ligne. — On distingue les lignes aériennes, tt raines el sous-marines.
Ligne aérienne, — La ligne aérienne consisté en um fil de fr galvanisé, de 3 à 5 millimètres de diamètre, suivant 144 des lignes. On emploie aussi des conducteurs en cuivre 111000
1. Nous nous sommes servi, pour Va xédaclion de © an EE Cours de télégraphie professt mt M. Rrode Rasa Ve ml »
graphie.
phosphore, de 4 à 4 millimètres de diamétre. Ces fils sont supportés par des cloches isolantes (fig. 973) portées par des consoles fixées à la partie supérieure de poteaux qui sont plantés à des intervalles de 50 à 100 mètres.
Ligne soulerraine. — D'une facon générale, le conducteur employé dans les lignes souterraines est formé au moyen de plusieurs fils de cuivre (3, à ou 1) de petit diamètre, tordus ensemble de manière à former un toron. Ce toron est couvert d'une épaisse couche de guttapercha, ordinairement constituée par plusieurs couches superposées et réunies ensemble par de la composilion Chatterton .
La gutta-percha est protégée au moyen d'un guipage constitué par l'enroulement de brins de Pl. 973.
juié et de rubans de coton imbibés de goudron de bois. Le conducteur ainsi garni constitue l'un des brins d'un câble qui généralement en comprend 5, 5 ou 7, suivant les endroits où ils doivent être déposés (en égout, en tunnel ou en pleine terre).
Les câbles eux-mêmes sont protégés d'une facon différente. En égout et en tunnel ils sont le plus ordinairement munis d'une enveloppe en plomb ; en pleine terre on l'ait usage de câble armé, ainsi nommé parce qu'il est garni d'une armature formée par des fils de fer enroulés en hélice,
Les lignes souterraines à grandes distances sont constituées par des câbles armés où par dés câbles sous guipage, énfilés dans des tubes en fonte analogues à ceux qui servent pour les canalisations d'eau, et enfouis dans le sol à une profondeur de 1 mètre environ, De distance en distance et en des points connus, une chambre est ménagée pour faciliter les recherches en cas de dérangement.
Ligne sous-marine. — La ligne sous-marine est constituée par un cäble armé, à un seul ou à plusieurs conducteurs, établis comme ceux des lignes souterraines; les câbles de grande longueur sont ordinairement à un seul conducteur. L'enveloppe protectrice de celui-ci est faite avec beaucoup de soin au moyen de conehes concentriques d'étoupes et de chanvre imprégnès de suite de cuivre. Les fils de fer et d'acier de V'armalure extérieure SON ES
mèmes recouverts de chanvre goudronné (fig. 974 et 9751 « la force de cctte armature est proportionnée aux efforts destru teurs auxquels elle devra résister dans les fonds où elle sera Le
Fig. 974.
mergée ; aussi distingue-t-on les câbles côliers des câbles de grest fond qui sont plus légers.
Mumanque. — En dehors des causes de rupture résultant du frottement contiss des câbles sur les roches, dans les parages où des courants continuels agit les eaux de la mer, et de celles qui peuvent résulter d'un necrochage pare ancre de navire, les lignes sous-marines ont à subir les atiiques du teret.m infiniment petit animal qui perfore la gutta-perchn à travers les intarstions@ l'armature, Les trous ainsi creusés sont microscopiques ; mais, commedaner taines régions ils se comptent par milliers, il en résulte une altération ppt ciable de l'isolant du conducteur, lequel se trouve alors en communiste avec l'eau de mer, Les décompositions chimiques produites en @es points per l'action des courants électriques activent du resté la détérioration et remet en peu de ternps Le câble inutilisable,
1084. Retour par le sol. — Dans tous les systèmes de ligne on fixe au pôle négatif de la pile, à la station de départ, un de cuivre terminé par une plaque de même métal, qu'on di plonger dans l'eau d'un puits. Le pôle positif communiquant ave le fil de ligue se termine, à la station d'arrivée, par une plsque semblable à la première et plongeant aussi dans l'eau d'un pui I se produit dans le fil de ligne la même circulation éleetrique que si le cireuit était fermé par un fil de retour. Cette disposition offre donc le double avantage d'éviter l'emploi de ce fil, — ce qu est une économie, — et de rendre la résistance moindre.
1085. Générateurs de courants. — Pile Callaud et Pile 4e dinger. — Parmi les piles employées au service des“4 télégraphiques, nous citerons en première ligne la pile Cain, dont nous avons décrit ci-dessus (917) l'élément. Détément'uee dinger, qui est une variante de celui-ci, est employé en Allemagne.
Pile Leclanché. — L'élèment Lechanthe, à acdicairr avec zine en bâton el vase poreux rem Îe arbore esse
de manganèse), est aussi très employé pour les lignes dont le trafic est relativement peu important. Un débit soutenu l'épuiserait rapidement et sa force électromotrice serait trop variable pour les cas où une grande constance est indispensable. La pile peut, sans inconvénient, se prêter à un assez grand débit quand elle est préparée pour cet usage.
Pile-bloc. — La pile-bloc est une sorte de pile sèche, ou du moins étanche, utilisant les propriétés du co/fferdam (pulpe contenue dans les noix de coco), qui absorbe el conserve une quantité de liquide actif suffisante pour dissoudre une plaque de zinc pur amalgamé d'assez grandes dimensions. Elle comprend les imèmes éléments que la pile Leclanché, mais enveloppés par une toile caoutchoutée et comprimés fortement dans une boile en bois, hermétiquement close et paraffinée,
Nous citerons encore l'élément de Lalande et Chaperon (à oxyde de cuivre et solution de potasse caustique) et l'élément Fuller (zinc amalgamé, charbon, eau accidulée et bichromale de potasse), employé en Angleterre par le Post Office.
Rewanques. — 1° Emploi des dynamos, — Il est à prévoir, d'après des essais heureux tentés en Amérique, en Angleterre, en France et en Allemagne, que, dans les grands centres Lout au moins, tous ces générateurs d'électricité seront à bref délai remplacés par des aceumulateurs, périodiquement chargés au moyen de machines dynamos.
2° Intensité des courants lélégraphiques. — Le courant, envoyé par le poste expéditeur, et mesuré au départ, a généralement, en France, une intensité de 12 à 20 milli-ampères : c’est ce qu'on appelle le courant d'action. Celui qui agit sur le récepteur, le courant reçu, n'atteint que de 20 p. 100 à 70 p. 100 du courant d'action, à cause des pertes dues aux dérivations, à la longueur de la ligne, à l'état de l'atmosphère; le récepteur ne recoit done que de 3 à 8 milli-ampères.
1086. Piles en cascade, — Il n'est pus toujours indispensable que chaque ligne télégraphique soit desservie par une pile spéciale. La même source peut en effet desservir plusieurs lignes; il suffit pour cela que sa résistance intérieure soit assez faible pour que son potentiel aux points de contaët avec les lignes ne soit pas diminué sensiblement lorsqu'elle fournit un débit maximum,
Ces conditions sont réalisées, avec des éléments de pile des modèles ordinaires, par un groupement qui est quelquefois désigné sous le nom de piles en cascade ou en échelle d'Amsterdam, Dans ces piles, expérimentées lout d'abord en Hollande, les diverses rangées d'éléments n'ayant pas la même longueur, l'ensemble figure en effet un escalièr ou une échelle.
Soit à desservir 10 lignes de faible longueur, 6 Vignes de longuenr menEnnE,, et 5 lignes longues, exigennt respectivement des fortes Eleekromoriees de
S volts, 16 volts ot 35 volls, et pu conséquent en lout %51 éléments Callaud environ : le groupement en échelle permet de les desservir avec moins de 100 éléments, et pur conséquent de réaliser une économie de plus de 150 é16ments,
1087. Télégraphe à cadran ou à lettres : système Bréguet. — Il existe plusieurs sortes de télégraphes à cadran, Celui qui est représenté dans les figures 976 et 977 est un appareil de démonstration; mais le principé en est le mème que celui des télégraphes de Bréguet établis dans les gares et dans beaucoup de petits bureaux.
L'appareil se compose essentiellement d'un mamipulateur (fig. 976) et d'un récepteur (fig. 977). Les deux appareils sont munis chacun d'un cadran portant les 25 lettres de l'alphabet, sur lequel se meut une aiguille, C'est l'expérimentateur qui fait tourner, à la main, l'aiguille de la station de départ ; mais c'est l'électricité qui actionne celle de la station d'arrivée,
Récepteur, — Le courant, venant de la station dé départ (fig. 976), à travers le manipulateur NRM et le fil de ligne OD, entre dans le récepteur (fig. 977) dont le mécanisme, masqué dans la figure 977, est représenté à part dans la figure 978. Un électro-aimant, fixé horizontale- Fig. 978, ment par une extrémité, allire une autre armature de fer doux 4, qui fait partie d'un levier coudé mobile autour de son point d'appui 0, tandis qu'un ressort à boudin r sollicite le même lewier en sens contraire.
Lorsque le courant passe, l'électro-aimant attire le bras de levier al, dont l'autre bras à vient agir sur un second levier d, mobile autour d'un axe horizontal, et qui commande une fourchette FF’. Lorsque le courant est interrompu, le ressort r ramène aC, et en mème temps loutes les pièces qui en dépendent : d'où résulte pour la fourchette un mouvement de va-eivient qui se communique à une roue à roche &, ayant 5 dents
el portant sur son axe l'aiguille indicatrice. D'après Yinehnaiss
NX
de ses dents, à chaque oscillation double du levier a0 la roue & est entrainée d'une dent, toujours dans le mème sens, par te des branches de la fourchette, au moyen de boulons qui fes gagent dans les dents.
Manipulateur. — C'est à l'aide du manipulateur (fig. 90 qu'on produit les intermittences de l'électro-aimant, La roue à porte 26 dents, dont 25 correspondent aux lettres de l'alphabet, la dernière à un intervalle, marqué par une croix, réservé ent les lettres À et Z. Quand on fait tourner la roue R en tent à bouton P à la main, l'extrémité de la lame N, d'après sa cour bure, est toujours en contact avec les dents: la lame M, contraire, se terminant par une came taillée, il y a suecesshe ment contact et solution de continuité. Par conséquent, si le fait avancer l'aiguille P de 4 lettres, par exemple, Le vourmt passe quatre fois de N en 0, et quatre fois il est interromp L'électro-aimant du récepteur devient donc quatre fois attractl. el quatre fois il cesse de l'être, Donc la roue G a tour & 4 dents, et comme chaque dent correspond à une lettre, du récepteur avance exactement d'un même nombre de lite que celle du manipulateur. D.
Quant le mot est fini, on amène l'aiguille B sur fs crof reproduit le mème mouvement sur le cadran du récepteur,
Chaque appareil est muni d'une sonnerie électrique, 41 laquelle le poste de départ annonce au poste d'arpiré dépéche va être transmise, et d'un interrupteur de“eotm
1088. Télégraphes à signaux enregistrés. — Systèn
Fig, 979,
et ses dérivés. — {° Manipulaleur, — Dans l'appareil Morse proprement dit, le signal el formk var Va onneuuee Mie eme
manipulateur. y 4 CU un levier artieulé ai (A. MIN) sus ie ANNE
re
TÉLÉGRAPIIE. 1105
un butoir b, dit buloir de repos, contre lequel un ressort l'appuie en lemps ordinaire, et un second butoir x, dit buloir de travail, sur lequel il vient prendre un point d'appui quand il est abaissé par la main de l'opérateur, La durée de l'abaissement du levier, et par conséquent la durée du contact qui en résulte entre lui et son butoir de travail, peut être brève ou longue : c'est ainsi que sont constitués les deux éléments du Code de signaux Morse.
2 Récepleur. — Les émissions de courant de la station de dé-
Fig: 980.
part vont agir sur le récepteur de la station d'arrivée, Un levier / portant l'armature À de l'électro-aimant E (fig. 980 et 985) est muni d'un prolongement u dont l'extrémité recourbée se présente au-dessous et assez près de la tranche d'une roue mince m; celle-ci est continuellement encrée par son conlacl permanent avec un rouleau en feutre e (fig, 983), imbibé d'encre oléique noire ou bleue, La roue m est désignée sous le nom de molelle et le rouleau e sous le nom de rouleau encreur, Tous deux tournent sous l'action d'un rouage d'horlogerie dont ils font partie et qui est enfermé dans la boîte BD. Un rouleau de papier R, suspendu en dessus, fournit une bande continue de papier k, qui passe au coutact de l'extrémité de la lame recourbée u, eL esl enlrainèe ver,
une vitesse uniforme par deux cylindres €, ©, remplissant Xe, M
hu
de laminoirs (fig. 983). On conçoit que toute attraëtion de l'arme ture À par l'électro-aimant E aura pour effet de soulever 1x bant de papier jusqu'à l'amener au contact de la molette enerée
Fig. 981
celle-ci lui abandonnera assez d'encre pour former une trace dun la longueur dépendra de la durée du contact, puisque lx bn
Fig. 082,
continue son mouvement de gragression pendant ce temps. Les signaux brefs eflectuès à L'aide An manimiatent se Aépaet non dune enregistrés à la stahon L'axribe qar des prices A Ke
TÉLÉGRADHIE. 1107
longueur (points), et les signaux longs par des traces plus longues (traits). 2
Ilexiste un grand nombre de disposiifs ayant tous pour objet de déposer sur la bande de papier des traces colorées: celui dont le principe vient d'étre exposé est le modèle employé dans l'Admiuistration française des Télégraphes. Le modèle anglais fait porter la molette encrée sur un levier articulé commandé par l'armature.
Remarque, — Le rythme suivant lequel sont ellectués les signaux de l'appareil Morse est indiqué par le schéma (fig. 980), dans lequel les divisions de l'axe des temps Ox correspondent à des seisièmes de seconde. C'est une vitesse moyenne pratique.
3° Lecture des signaux Morse, — Tableau du Commandant Perein. — Un ingénieux tableau (fig. 982), dû au commandant Perein, permet, soit de traduire rapidement les signaux Morse, soit de composer facilement les signaux représentant des lettres à transmettre.
Pour la composition des signaux représentant telle ou telle lettre, on va du point de départ, marqué des flèches, à la lettre à représenter, en suivant les lignes ponctuées qui conduisent et en prenant les signaux qu'on rencontre en roule.
Soit, par exemple, la lettre #, à laquelle on ne peut parvenir qu'à travers les signes = en « formant le signal complexe qui en réalité sert à la représenter.
Soit maintenant à traduire le signal complexe = = = =, On part de la flèche et l'on suit les lignes passant successivement par un point, puis un trait, un second trait, puis encore un point, et l'on arrive ainsi à la lettre p dont le signal en question est bien la représentation.
Dans le Code Morse, les chiffres sont formés par 5 signes, et les signes de ponctuation par 6,
1089. Installation complète d'un poste Morse (arrivée et départ). — Opération. — Pur sa partie médiane (fig. 985), le levier L du manipulateur est relié en permanence au fl de ligne; de plus, quand il est abaissé par En main de l'agent transmetteur, il se trouve aussi en communication, par son butoir de travail B,, avec l'un des deux pôles de la pile P, dont l'autre pôle est à la terre. Il en résulte une fermeture du circuit de cette pile à travers le fil de ligne et par conséquent l'envoi d'un courant électrique à la station d'arrivée,
Là le cireuit de ligne se continue par le manipulateur, par son butoir de repos B-, par les babines de l'électro-aimant E et se ferme enfin par la terre. En traversant l'électrosimant, le courant de la ligne détermine une attraction de l'armature À qui est montée sur un levier d'articulé en o. Ce levier s'abaisse alors ; il tend le ressort r qui le tenait soulevé et, quittant son butoir de regas. vient au contact de son buloir de travail, À partir de ce moment \ &sx facile De voir que tous les mouvements du manipulateur au départ seront Sete reproduits par le levier-récepteur L, car, lorsque l'employé laissera Fernonte
AN + \e
un
1108 ÉLECTRICITÉ DYMAMIQUE.
levier manipulateur, le cotrant de la pile P cessera d'être envogé sur la ligne, à l'armature de l'électro-aimant E cessant d'être ntlirée remonters sous lat du ressort r jusqu'au contact de son butoir de repos. Il suflirait dune d'obers les mouvements du levier récepteur pour traduire les Signaux effectués 22 part; mais il est préférable de les enregistrer
Resangue. — On voit bico, d'après le dispositif des appareîts dans chaque 2e
Fig, 985.
tion, pourquoi le courant lancé de la station dé départ ne peut inflwencer ter cepteur de la méme station,
1090. Organes accessoires. — L'installation d'un poste tél
graphique complet comporte un grand nombre d'organes aeees soires dont la forme est extrêmement variée suivant les evstimes Nous décrirons des Axpes sinnles des accessoires les plus impor lanis,
1” Parafoudre Le parafoudre EL nn AVAre À Dealkel ne hante d , A
ployé du télégraphe contre la foudre on temps d'ornge, On le voit en place (lig. 980), fixé sur une planchette verticale D, près d'un récepteur Morse.
Deux bornes de laiton PF et Q (fig. 984) sont en communication, la première avec le fil de ligne L, la seconde avec les appareils par le fil A, Dune borne à l'autre est disposé an tube d'ébonite ab, sur lequel s'enroule un fil de fer très flo, qui conduit le courant de P à Q. Au pied de la borne P est une plaque de cuivre D, dentelée dans toute sa longueur; latéralement et très rapprochée est une plaque identique L, en communication avec la terre par le fil T,
Lorsque, sous l'influence d'orages, la tension électrique deviendrait assez grande sur Le (il de ligne pour donner des étincelles redoutables, la plaque D, qui est dans le circuit, donne écoulement par ses pointes à l'électricité vers la lame Cet de là dans le sol, sans danger pour les employés voisins, Si, malgré cette décharge continue, le courant devient trap intense, le fil de fer enroulé de a en b s'échautffe jusqu'à fondre, intérrompant ainsi toute communication électrique entre les appareils et la ligne,
On peut, à volonté, mettre le parafoudre en dehors du circuit, à l'aide d'un comraultateur à manette M.
Remanoue, — Les purafoudres, qui suffisent pour préserver les employés, sont insuffisants pour arrêter les courants accidentels que les aurores horéales, les orages magnétiques, les courants terrestres excilent dans les fils, courants qui parfois deviennent ussez intenses pour troubler tout à fail la transmission des dépêches.
2 Sonnerie électrique (à trembleur).
— La sonnerie électrique est un petit appareil qui sert à prévenir le posle auquel on expédie, On en construit de plusieurs sortes; nous décrirons (fig.
O8) la sonnerie à trembleur, également employée dans les postes téléphoniques et duns les appartements,
Une planchette disposée verticale- Fig, 085.
ment porte un électro-aimant E, dans lequel arrive, par une borne m, soit le courant de ligne, soit celui d’une pile locale, De là le courant gagne une lame élastique d'acier e, qui porte l'arranture a de l'électro-aimant, puis une lame de laiton GC en contact avec l'armature, et revient à la pile par lu borne n.
Chaque fuis que le courant passe dans l'électro-aimant, l'urmature est attirée et entraine avec elle un marteau P, qui frappe un timbre T et le fait résonner, Or, au moinent du choc, le contact cesse entre l'armature à et la lame © et, le courant élant ouvert, l'électro-aimant devient inactif; mais la lame d'acier € ramène aussitôt l'armature en contact avec Ja lame C, le courant passe de nouveau, et ainsi de suite, avec une grande rapidité, tant que le courant arrive à la sonnerie.
1091. Relais. — Si les deux postes qui correspondent sont très éloignés l'un de l'autre, il peut arriver que le courant ne soit plus assez Lort gone taire
ronctionver les pièces qui inscrivent la dépèche. On a recours alors à nn relais, organe accessoire qui, recevant le courant de ligne, fatroduit dans ke rEcenteNt
1110 ÉLECTIICITÉ DYNAMIQUE.
le courant d'une pile locale, laquelle se substitue à la pile de le station de de part pour actionner le mécanisme du récepteur,
Le courant dé ligne, entrant dans l'appareil par la borne L (Ge. 20, « rend dans un électro-aimant E, d'où il va à la terre par la borne T. Or, clope fois que le circuit est fermé, l'électro-nimant attire une armature 4, fstet la partie inférieure d'un levier vertical p, qui est lié à on axe hortzontal te nant entre deux vis à pivot,
À chaque oscillation, le levier p vient buter à sa partie supérieure cvalte mt bouton n, et à cet instant le courant de la pile locale vient animer électro récepteur en passant par la borne «, là colonne m, le levier p, la tige borne #, d'où il sort par le fil T (fig. 980) pour revenir À ls mème pile lines l'uis, quand le courant du fil de ligne s'intéerrompt, l'électro-mirat du Pen n'étant plus actif, le levier p, entrainé pur un ressort à boudin +, Méearte dt bouton # (comme le montre la figure 986), et le courant de la pile Ioelem
Fig. 986
passe plus, On voit done que le relais transmet au récepteur exnetement des phases de passage ot d'intermittence du manipulateur du poste expéditeur
Relais polarisés. — Un peut employer dans certains cas des relaie u ainsi nommés parce que leur armature mobile est un aimant, De cette fre selon le sens du courant émis, où provoque une attraction ou n@ répalsions & l'armature,
1092. Télégraphes imprimeurs. — Principe du système Hughes, — Le système Morse est le meilleur des télégraphes au point de vue de la simplicité ctue b solidité, mais il n'est pas le plus rapide, On est obligé, en effet, de Bien moyenne trois signaux par lettre. Aussi at-on cherché à combiner des tèmes donnant une lettre par chaque émission de courant © est en que
appelle les télégraphes imprimeurs. Le plus connu est celui du prufesour américain Hughes.
Le mécanisme de ce télégraphe est assez compliqué, munis le plates v du très simple. Aux deux stations se trouvent deux mouvements dlwrl “ duivent marcher ensemble, avec un synchronisme parfait, dé mranième Write le fonctionnement simultané du manipulateur et du récepteur 040 consiste essentiellement en un disque métallique horizontal, qui TRE sur son contour les \elires de V'aljhabel : € est Va roue dx Vi porte d'une manière conlinue Lot eès une Vranie de ASS D emdrneed dans le récepteur Morse. La électoral, Au Sat ns ES
le courant dans le fl de ligne, presse le papier contre la roue des types : la
lettre qui pa grasse, s'imy station de dé ticllement d'un clavier, analogue à celui des pianos, portant, gravées sur ses touches, les mêmes lettres que la roue des types. Les deux appareils étant réglés, l'expéditeur envoie successivement, en jouant sur le clavier, les lettres dont se compose la dépêche, et celles-ci s'impriment simultanéinent dans les deux postes, Les bandes primées sont alors découpées, colsur une feuille de papier et livrées telles quelles au public.
1005. Télégraphes à transmission rapide. — Le système Hughes n'est pas encore assez expéditif, du moins sur les grandes lignes, pour les besoins de la correspondance télégraphique. On à dû inventer plusieurs systèmes pour accélérer, dans une grande proportion, la transmission des dépêches sur un mème fil de ligne. Ces divers systèmes peuvent être classés en trois groupes :
1° Les transmelteurs automatiques, dont le type est le transmetteur Wheatstone où Jacquard électrique;
2° Les transmetteurs multiples, dont le type est le félégraphe Baudot;
5" Les systèmes de transmission siruullanée, connus sous les noms de systèmes duplex, diplez et quadruplez.
1094. Jacquard électrique. — frincipe. — On prépare d'avance les dépéches, en dehors de la ligne, puis on les transmet, par séries, d'une manière continue, et automatiquement.
Appareil Wheatstone. — L'appareil inventé par Wheatstone ressemble extérieurement à un métier Jacquard :
de là son nom, L'organe qui sert à préparer les dépêches s'appelle le perforaleur, car celte préparation consiste à perforer les bandes de trous qui sont alignés et espacés de inanière à permettre la transmission en
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