‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 68 sur 346 · Cuillemin, Wonde physique · texte numérisé non relu

Cuillemin, Wonde physique

de recut dans le sens horirontal sont soustraits à sa volonté et entiérement soumis aux vents qui régnent dans la région où il se trouve, Ov le problème de In navigation aérienne où de la direction des ballons consiste précisément dans la possibilité de pousser l'aérostat horizontalement dans tous les sens, quelle que soit la direction du vent, comme on fait d'un bateau sur l'en.

2° Historique, — Le problème s'est posé dès l'origine même de l'invention des aérostats, et il a paru tout d'abord très simple, Toutes les solutions proposées élaient fondées sur l'assimilation de la navigation aérienne à la navigation terrestre, On partait de cette idée fausse que, si les vents suffisent pour diriger les vaisseaux, ils peuvent rendre le méme service pour les ballons, Or les conditions ne sont pas du tout les mêmes pour ceux-ci et pour ceux-là. Les navires peuvent être dirigés par le vent, parce qu'ils prennent un point d'appui sur l'eau en dehors du vent, tandis que les nérostats, n'ayant aucun point d'appui en dehors du vent, ne peuvent que céder au vent,

« Le vent peut être fort ou faible, l'aéronaute ne le sent plus, parce que luimême el son aérostat en font partie. I voit la fumée d'un cigare, la flamme d'une bougie monter tranquillement, les cordes du ballon pendre verticalement sans bouger, les plis d'un drapeau rester au repos. En ballon, il n'y à pas, il ne peut y avoir de vent!. » Il est donc absurde de songer à l'utiliser, au moyen d'un organe quelconque, pour diriger l'aérostal.

3° Solution rationnelle, — La solution du problème de la navigation aérienne se trouvera dans une imilalion plus rationnelle de la navigation terrestre,

Il sufit de remarquer qu'un aérostat flottant dans une couche d'air, où son poids est équilibré par la poussée, est dans les mêmes conditions mécaniques qu'un bateau sans voiles flottant sur l'eau à l'abri du vent,

Si l'air est en repos, l'aérostat, dénué lui-même de force molrice propre, demeurers éternellement dans la position d'équilibre qu'il aura une fois prise, Il n'en pourra sortir que s'il est animé d'une vitesse propre, par l'action d'un moteur intérieur quelconque. Si, par exemple, on fixe à la nacelle une hélice h axe horizontal et qu'on la fasse mouvoir avec une rapidité sufllsante, elle poussert l'aérostal, en prenant son point d'appui sur la masse d'air, exactement comme fait l'hélice d'un baleau en prenant son point d'appui sur l'eau, Quant à la direction de ce navire aérien, elle sera obtenue à l'aide d'un gouvernail, placé à l'arrière, qui fonchionnera dans l'air comme celui des bateaux fonctionne dans l'eau et d'après le mème mécanisme,

Dans la navigation aérienne, on retrouvera les trois cas de la navigation ordimaire :

1o> v': la vitesse propre v de l'aérostat est supérieure à la vitesse w° du courant aérien, c'est-à-dire du vent;

ww Cv

Dans le premier cas, un aérostat, construit ef gréé convenablement, sera parfaitement dirigeable, et la manœuvre se fera dans l'air comme dans l'eau; dns le second cas, l'aérostat ne pourra que lutter contre le vent, sans bouger de place: dans le troisième cas (lg. 172), il sera nécessairement entrainé par le vent, mais il pourra encore louvoyer, c'est-à-dire manœuvrer de manière à prendre une direction « plus où moins inelinée sur celle du vent.

Tout aérostat sera donc théoriquement dirigesble, s'il satisfait aux conditions suivantes :

te Être muni d'un moteur, k ln fois léger et puissant, cnpable de Tui imprimer une vitesse notable sans trop diminuer sa force nscensionnelle ;

œ Être gréé comme un bateau à vapeur, c'esth-dire pourva d'une hélice et

{ : la vilesse propre est égale ou inférieure à celle du vent,

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