ORIGINE DES SONS DU LA.RYNK
, en effet parfaitement nets lorsque le larynx est silencieux;
deviennent, au contraire, diffus quand un son est émis, et Im absence de netteté tient aux vibrations dont les cordes vocales
il alors animées. , .
Un premier fait est donc incontestablement établi: les sons emis ,r le larynx prennent naissance au niveau des cordes vocales iférieures et reconnaissent pour cause première les vibrations de ,''les-ci.
194 Origine des sons du larynx. — Une question encore i.cutée actuellement est celle de savoir si l'intensité des sons iiis par le larynx est due aux vibrations même des cordes vocales ,u aux variations de pression que les vibrations de ces cordes H casionnent dans l'air expiré, par suite de l'ouverture et de la urmelure successives de la glotte.
La question ainsi nettement posée est facile à résoudre. En effet un son ne peut être perçu que s'il détermine dans l'air mMant des condensations et des dilatations assez notables pour e celles-ci puissent imprimer à la membrane du tympan des délacements qui, transmis à l'oreille interne, iront impressionner es terminaisons du nerf acoustique. La question se réduit donc à echercher si les vibrations, considérées seules, des cordes vocales euvent produire des condensations et des dilatations satisfaisant la condition précédente.
Les vibrations des cordes vocales elles-mêmes ne pouvant être obtenues indépendamment des variations de pression du courant d'air qui détermine leur mouvement vibratoire, on ne peut résoudre cette question directement ; mais une solution indirecte est facile à donner, car l'expérience montre que, dans tous les cas où les conditions expérimentales sont semblables à celles des cordes vocales considérées isolément, l'intensité du son obtenu est très faible.
Considérons, en effet, un diapason vibrant sans caisse de résonance ; une telle source sonore peut être justement assimilée à des cordes vocales qui vibreraient sans provoquer les variations de pression gazeuse qui résultent des variations de dimension de l'orifice glottique. Or les condensations et les dilatations déterminées par le corps vibrant dans la masse d'air ambiante sont alors très faibles et le son rendu est lui-même très peu intense.
Il est vrai que le son d'un tel diapason est pIiysiologiqueoK plus intense lors(|ue sa hauteur, toutes choses égales d'ailleurs plus élevée ; mais cela tient précisément à ce que, la durée de vibration étant alors plus petite tandis que la vitesse de prot gation du son dans l'air reste invariable, la condensation ou dilatation déterminée par une demi- vibration se propage à u distance moindre pendant le temps moindre que dure celte det vibratiouc Chaque dilatation ou condensation s'accompagne dor dans l'air ambiant, d'une variation de pression plus grande qua la hauteur du son est plus élevée; de là des ébranlements pi accusés de la membrane du tympan et une intensité physiologiq plus grande du son perçu. Or les sons du larynx humaiu n'o jamais une hauteur telle que la petitesse de leur longueur d'oo puisse ainsi rendre compte de leur grande intensité.
Ajoutons que l'on augmente très notablement le son d'un diaf son si l'on approche parallèlement à l'une de ses arêtes le.bo rectiligne d'un morceau de carton. On empêche ainsi, en effet, propagation des condensations et des dilatations eu arrière du ca ton ; les variations de pression aérienne se produisent alors dai une masse d'air plus limitée et acquièrent par cela môme, da; celle-ci, une valeur plus grande. Aussi l'intensité du son est-el sensiblement accrue.
On peut se rapprocher davantage encore du cas d'une con vocale qui vibrerait sans ouvrir et fermer alternativement l'orifii glottique. Il suffît pour cela de fixer à l'extrémité de l'une dt branches d'un diapason une lame de caoutchouc, de 1 centicc environ de largeur, et de tendre cette lame, pendant que lediapi son vibre, perpendiculairement au plan des vibrations. Les déph céments que le diapason imprime à la lame déterminent, dans l'a ambiautjdes condensations et des dilatations successives quidonnei i naissance à un son propre, de môme hauteur que celui du diapasor mais ce son est très peu intense, car les variations de pression qi lui donnent naissance sont elles-mêmes très faibles.
De toutes ces expériences, on est en droit de conclure que 1( ; vibrations, considérées seules, des cordes vocales donnent certaine ment un son, mais un son dont l'intensité est très faible et nullt. ment comparable à celle des sons normalement émis parlelaryoï i L'intensité des sons du larynx s'explique au contraire si on l
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porte aux variations relativement considérables de pression qui ^ulient de l'ouverture et de la fermeture successives de l'orifice loUique par les vibrations des cordes vocales ; le larynx est, à ce oiat de vue, absolument assimilable à u-n tuyau à anche.
Les auteurs qui accordent une importance, très exagérée d'après - qui vient d'être dit, aux vibrations, considérées en elles-mêmes, ■ es cordes vocales, font en général intervenir une autre cause ui influerait notablement, d'après eux, sur l'intensité de la voix uQiaine. Ils assimilent les parois du thorax et l'air des poumons ux parois et à la masse d'air de la caisse d'harmonie d'un violon.
Mais cette assimilation n'est en rien justifiée. La caisse d'harmonie an violon, en effet, a une rigidité et une élasticité que l'on ne -ncontre pas dans les parois du thorax. En outre, les vibrations es cordes du violon sont transmises aux parois de la caisse par des orps solides, chevalet et âme (petite tige de bois placée entre la ible supérieure et la table inférieure de l'instrument) ; les vibraons des cordes sont ainsi communiquées d'abord à la caisse, puis, ar l'intermédiaire de celle-ci, à la masse d'air intérieure. Oe qui rouve l'exactitude de cette conclusion, c'est que les sons propres e celte masse d'air que l'on serait tenté d'assimiler à celle d'un ésonateur, sons que Savart, Helmhollz et d'autres ont déterminés, e sont pas émis avec une intensité sensiblement plus grande que elle des autres sons de l'instrument.
Or, lors de l'émission d'un son par le larynx, les phénomènes e produisent en quelque sorte d'une façon inverse; les vibrations ui prennent naissance au niveau de la glotte, dans l'air expiré, e transmettent nécessairement d'abord à la masse aérienne des loumoas, puis sont communiquées aux parois du thorax, dont on leut en effet constater l'état vibratoire en appuyant la main sur la loilrine d'un chanteur. 1.1 doit résulter de cette résonance un ■croissement d'intensité sonore dont l'importance réelle est diffiile à apprécier exactement, mais qui ne peut être nullement omparable à l'influence des variations de pression engendrées >ar l'ouverture et la fermeture successives de l'orifice glottique.
195. Conditions de vibration des anches membraleuses et des cordes vocales inférieures. — • Les cordes ocales inférieures, flexibles, peu extensibles il est vrai, mais paraitement élastiques, sont évidemment, sinon assimilables a priori, Imbeet. — Physique biolog. 24
du moins assez analogues à des anches membraneuses en caoutchouc ou en cuir, pour qu'on puisse espérer tirer de l'étude du mode de vibration de ces dernières des renseignements utiles sur la production des sons laryngiens. On va voir, en effet, que cette étude conduità assigner au muscle thyro-aryténoïdien interne l'un de ses rôles les plus importants.
On détermine les conditions de vibration des anches membraneuses, en opérant de la manière suivante • :
On constitue avec une membrane la paroi supérieure horizontale d'une petite caisse métallique, de section droite carrée, munie d'un tube cylindrique au moyen duquel on peut la monter sur une soufflerie. L'un des bords delà membrane est amené tout près de l'une des arêtes horizontales de la caisse, de manière à ménager un orifice linéaire de sortie à l'air de la soufflerie qui mettra ainsi ce bord en vibration ; les bords de la membrane perpendiculaires au bord vibrant sont d'ailleurs saisis entre des pinces avec lesquelles on peut exercer une traction parallèlement à l'orifice.
Afin de constater facilement la subdivision de la membrane en parties vibrantes et l'existence de lignes nodales, on trace à l'encre un certain nombre de droites équidistantes, les unes parallèles, les autres perpendiculaires au bord vibrant ; on embrasse ainsi, d'un seul coup d'œil, la topographie exacte et complète de la membrane en vibration.
En opérant ainsi sur des membranes en caoutchouc, d'épaisseurs très variables, et sur des membranes en cuir montées sur des caisses de dimensions très différentes, on observe toujours la formation de trois lignes nodales, ou du moins de trois lignes d'amplitude minima de vibration, qui divisent la membrane en quatre parties vibrant ù l'unisson.
La figure 156 représente les positions extrêmes des divers points d'une membrane en vibration situés sur une droite perpendiculaire au bord vibrant, lequel est à droite de la figure.
Si l'on exerce une traction perpendiculairement au bord libre dans le sens OD, la hauteur du son rendu s'élève à mesure que la trac-
■ A. Imbert ; Sur le mode de production de la voix humaine. Rôle du muscle ihyro-aryUnoïdien [Annales des maladies de l'oreille, etc., Mai 1892).