‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 168 sur 397 · USAGES MÉDICAUX DU PRISME · texte numérisé non relu

USAGES MÉDICAUX DU PRISME

ons médicales delà déviation de la lumière parles prismes viendra aturelleraent dans la partie de ce livre consacrée à la vision ; ûus nous bornerons donc ici à signaler celles de ces applications ui ne se rattachent pas directement à l'une ou à l'autre des quesoas qui seront alors étudiées.

Plusieurs des procédés imaginés pour reconnaître la simulation e l'amaurose unilatérale reposent sur l'emploi des prismes.

a. Procédé de de Grœffe. — De Graeffe est le premier qui ait tilisé la déviation prismatique pour reconnaître la simulation de 1 cécité monoculaire.

Son procédé consiste à placer un prisme de 10° environ en vant de l'oeil accusé sain par le simulateur supposé. L'arête de éfringencedu prisme, tournée en haut, doit d'ailleurs être horizonile et au niveau du diamètre horizontal de l'ouverture pupillaire.

Grâce à cette situation de l'arête de réfringence, un certain lombredes rayons venus d'un objet lumineux S, une bougie par xemple, pourront pénétrer directement dans l'œil et iront former ur la rétine l'image de cet objet, comme si le prisme n'existait pas. )'autres rayons, au contraire, ne pénétreront dans l'œil qu'après voir traversé le prisme et avoir été déviés vers sa base. Si la réfracion de ces rayons se fait dans les conditions nécessaires à la déviaion minima, le prisme donne une image virtuelle nette S' de la lougie, image située à la même distance que l'objet et déviée vers e sommet du prisme. Cette image joue le rôle d'objet virtuel, de elle sorte que l'œil armé du prisme verra deux bougies, dont une, réelle, est la bougie elle-même, tandis que l'autre est une ougie virtuelle située au-dessus de la première. La recherche de la simulation se fait alors ainsi qu'il suit. Le édecin, tenant à la main le prisme, le place devant l'œil accusé in dans la position indiquée plus haut, et couvre en même temps l'il supposé amaurotique. On fait ainsi constater à la personne '<aminée qu'elle peut voir deux bougies avec un seul œil. Cette nstatation faite, on soulève légèrement le prisme de manière à

^ Un tel prisme ne disperse pas sensiblement la lumière ; en outre, dans les conditions où ce prisme va être employé (arête de réfringence liorizontale),il est impossible au simulateur de fusionner, par un strabisme momentané, les deux images d'un même objet formées sur chacune de ses rétino.s. Imbert. — Physique biolog. 31

ce qu'aucun rayon venu de l'objet ne puisse pénétrer dans l'œi Bans avoir été dévié ; on découvre en même temps, sans afFec tation, l'œil prétendu amaurolique. L'œil sain ne voit plus alor que la bougie virtuelle; mais son congénère peut, à ce moment recevoir les rayons émis par la bougie et voir celle-ci dans s position réelle, s'il n'est pas atteint de cécité. Si donc la pérsonn examinée accuse encore l'existence de deux objets lumineux c'est que l'œil prétendu amaurotique y voit et qu'il y a simulation

Comme la plupart des procédés basés sur l'emploi des miroirs le procédé de de Graeffe devient illusoire si le simulateur ei connaît la théorie que nous venons de donner.

6. Procédé du prisme simpleet du prisme biréfringent. — Lors que la lumière traverse un corps cristallisé dans un système autr que le premier, à tout rayon incident correspondent deux rayon; réfractés (voir Optique physique). L'un de ces rayons réfractés appelé rayon ordinaire, suit les lois de la réfraction que nous avoD rappelées au commencement de ce chapitre ; l'autre rayon réfracté dit rayon extraordinaire, suit des lois différentes des précédentes lois complexes, et qu'il est d'ailleurs inutile de connaître pou comprendre l'usage que l'on peut faire de la double réfraction dan la recherche delà simulation de la cécité monoculaire.

Imaginons qu'un prisme ordinaire, tel que celui qui est employa dans le procédé de de Graeffe, et un cristal biréfringent soient serti chacun dans des montures en liège assez semblables pour ne pa être distinguées l'une de l'autre par une personne non prévenue Le prisme simple étant hors de la vue de la personne examinée, o place devant l'œil sain de celle-ci le prisme biréfringent, en mêm temps qu'on recouvre d'un écran l'œil supposé amaurotique, sou prétexte de rechercher si l'œil encore sain ne court lui-mêm aucun danger. Le sujet voit alors deux images d'un objet lumi-i neux, une bougie par exemple, images que l'on peut toujours faire former l'une au-dessus de l'autre par une orientation coD-f venable du cristal biréfringent.

Ceci fait, on passe à l'emploi d'un autre procédé de recherche, puis on revient au procédé actuel comme pour contrôler les résultats précédemment observés ; mais on a eu soin de substituer, à l'insu du sujet, le prisme simple au cristal biréfringent. L prisme simple est alors placé devant l'œil sain, son arôte de réfrina

Page 1