Décomposition de la lumière par un prisme
Dans les chapitres qui précèdent, et en particulier dans l'étude du passage de la lumière à travers le prisme, nous avons toujours supposé implicitement que le faisceau incident était monochromatique, c'est-à-dire constitué par des rayons de même réfrangibilité. Cette condition de monochromatisme n'est pas, en général, réalisée dans les faisceaux venus directement d'une source lumineuse; la réfraction de tels faisceaux ne se réduit pas alors à un simple changement de direction de la lumière et s'accompagne d'autres phénomènes dits de dispersion, plus ou moins apparents, et qui présentent le maximum d'éclat dans le passage de la lumière à travers un prisme.
Soit un faisceau R (fig. 211) de rayons solaires parallèles qui pénètre par une ouverture étroite pratiquée dans le volet d'une ±ambre obscure et est reçu sur un prisme D. Les rayons, à leur
Fig. 211. — Dispersiou des couleurs par le prisme (séparation des couleurs simples).
sortie du prisme, sont divergents entre eux et donnent sur un écran A une bande lumineuse, d'autant plus élargie dans le sens co que cet écran est situé plus loin du prisme D; en outre, l'œil listingue, dans la bande lumineuse c o, une infinité de nuances que l'on peut rapporter à sept couleurs principales. L'ordre de succès-
sion de ces couleurs, en commençant par la partie la plus réfraa-i gible 0, est le suivant :
Violet, Indigo, Bleu, Vert, Jaune, Orangé, Rouge.
Déplaçons l'écran A de manière à faire passer successivemeQ' par une petite ouverture qu'on y aura pratiquée les rayons d diverses réfrangibilités séparés par la réfraction à travers le prism D, et faisons tomber ces rayons sur un second prisme B; la réfra tion, dans ces conditions, n'entraîne qu'une simple déviation delà lumière, sans apparition de couleurs nouvelles. Les rayon séparés par la dispersion à travers le prisme D sont dès lors di monochromatiques.
La continuité parfaite de la bande lumineuse co, à laquelle o a donné le nom de spectre, montre que : 1° le faisceau incident R es constitué par des rayons dont la réfrangibilité croît d'une manièr continue; 2° les rayons de chaque réfrangibilité produisent s l'œil une sensation colorée différente.
En outre, si l'expérience a été faite avec les rayons solaires, ell prouve que l'absence décoloration dans la lumière, dite blanche du soleil doit résulter de la superposition dans un même faiscea lumineux des divers rayons monochromatiques qui constituent li spectre solaire.