VÉRIFICATION DES VERRES DE LUNETTES
Lorsqu'aucun verre n'est fixé enp, et que la lentille de l'apoareil occupe la position l'image d'un objet situé à l'infini,
Fig- 209. — Phacoraètre deBadal.
OU du moins à une distance de plusieurs mètres, se forme à lOcentim. à droite de Z' ; c'est donc en ce point qu'il faudra amener l'écran e pour que l'œil, placé à l'extrémité o, voie cette image nettement. Si maintenant on fixe en p une lentille positive ou négative dont l'effet s'ajoute à celui de la lentille l! ou s'en retranche, il faudra, pour recevoir de nouveau l'image sur l'écran e, enfoncer ou retirer, suivant le cas, le tube tf o de quantités qui dépendent du pouvoir dioptrique de la lentille ajoutée en p. Or, il est facile de démontrer que, la lentille p coïncidant avec l'un des foyers principaux de la lentille de T de 10 dioptries, si l'on fait varier d'une unité le pouvoir dioptrique du verre fixé en p, il faut déplacer l'écran e et par suite le tube eo de 1 centim.
Pour graduer l'instrument, c'est-à-dire pour obtenir, par la position de l'écran e, le numéro du verre fixé en p, on marquera donc 0 au point d'une génératrice du tube mobile qui se trouve en face de l'extrémité u du tube fixe lorsque l'œil de l'observateur, placé en o, voit nettement l'image des objets éloignés qui sont fournis par la seule lentille l' . On portera ensuite, de part et d'autre de ce 0 et sur la même génératrice, des longueurs égales à 1,2,3... centim., lesquelles correspondront à un nombre égal de dioptries positives ou négatives ajoutées eu p.
Lorsque le verre à déterminer est de 10 dioptries, le tube eo doit être enfoncé de 10 centim. à partir de sa position initiale ; l'écran e rencontre par suite la lentille et Tinstrument ne peut plus fonc-
tionner. Il faut alors placer la lentille du phacoraètre en l et chercher, au moyen de l'écran e, la position du foyer principal de la lentille fixée en p. Dès ce moment, à des accroissements égaux du pouvoir dioptrique du verre à essayer ne correspondent plus des déplacements égaux du tube mobile, et la graduation doit alors être faite, expérimentalement par exemple, en opérant sur des lentilles de numéros connus.
2° Phacomètre de Snellen. — L'instrument est fondé sur cç
Fig. 210. — Phacomètre de Snellen.
fait que, dans tout système équifocal de distance focale /, les deux points antiprincipaux sont à la même distance 2f des points principaux correspondants.
VÉRIFICATION DES VERRES DE LUNETTES. 531 Le pbacomètre de Snellen (fîg. 210) se compose d'une règle horizontale, portée sur un pied vertical, et creusée d'une rainure longitudinale dans laquelle s'engagent, de part et d'autre du milieu, deux rubans d'acier de même longueur dont les extrémités portent, l'une un écran opaque percé de trous, l'autre une plaque de verre dépoli I. Ces rubans métalliques traversent verticalement la règle en son milieu, descendent le long du pied de l'appareil et se terminent tous deux à un même bouton, mobile le long d'une rainure verticale ; le déplacement de ce bouton entraîne des cbangements de position des deux écrans, lesquels se trouvent toujours néanmoins à la même distance du milieu de la règle. Une petite lampe et une lentille positive fixe permettent 'd'envoyer un faisceau de rayons parallèles sur l'écran opaque et d'en éclairer ainsi les trous dont l'image doit être reçue sur le verre dépoli I.
La lentille à essayer est placée en L entre les deux mors d'une pince. De part et d'autre de L, se trouvent deux lentilles positives ■ fixes a et b, de même numéro, dont le rôle est de permettre de diminuer la longueur à donner à la règle; sans elles, en effet, dans le cas où la lentille à essayer serait de 1 dioptrie, la distance des deux écrans devrait être de 4 mèt. ; mais les lentilles additionnelles a et b, en déviant de quantités égales les rayons incidents et réfractés, permettent de réduire la longueur totale de la règle à 1 mèt., tout en conservant la possibilité de mesurer des verres de
Une graduation en dioptries, déterminée par le calcul ou par l'expérience au moyen de lentilles de pouvoir dioptrique connu, est inscrite le long de la rainure que parcourt l'écran I, qui est muni d'un index. Le numéro, en face duquel il faut placer le verre dépoli pour recevoir l'image nette des trous de l'écran opaque, donne le pouvoir dioptrique de la lentille fixée en L.
Le pbacomètre de Snellen est plus précis que celui de Badal, mais lia l'inconvénient de ne pouvoir pas être utilisé directement pour les lentilles négatives. Toutefois, dans le cas où il n'est pas utile de déterminer le pouvoir dioptrique d'une telle lentille avec une exactitude très grande, on peut opérer de la manière suivante : on place en L la lentille négative accolée à une lentille positive de numéro plus fort et connu, de telle sorte que l'effet résultant de cette association soit celui d'une lentille positive. On sait qu'alors^
le pouvoir dioptrique de la lentille négative est sensiblement égal à la différence entre le pouvoir dioptrique de la lentille positive employée et celui de l'ensemble des deux verres associés (g 292), lequel est fourni par le pbacomètre.
298. Détermination du centre d'un verre sphérique.— Généralement les verres employés pour la correction des diverses anomalies de la vision doivent occuper devant l'œil une position telle que la vision s'effectue par la partie centrale de la lentille ; dans quelques cas de myopie, au contraire, il y a avantage, comme nous le verrons plus loin, à faire regarder par la partie périphérique du verre, le verre étant alors décentré de telle sorte que sa partie centrale soit, du côté exteroe, à un certain nombre de millimètres du centre de la monture. Il importe donc de savoir déterminer la position du centre d'un verre. On utilise encore pour cela l'effet prismatique produit par les lentilles à leur périphérie.
On regarde, à travers la lentille tenue à la main à une certaine distance de l'œil, deux droites rectangulaires qui se coupent ; ces droites doivent être assez longues pour que l'observateur puisse voir leurs extrémités directement en même temps qu'il voit, à travers le verre, les portions de ces droites situées départ et d'autre de leur point d'intersection. Dans ces conditions, les images rectilignes des portions de droites vues à travers la lentille seront oune seront pas le prolongement des portions de droite vues directement, suivant que la vision s'effectuera par la partie centrale de la lentille ou par une partie périphérique produisant un effet prismatique. Il sera donc toujours facile de déplacer le verre de telle sorte que la vision s'effectue par sa partie centrale, au moment où l'observateur vise l'image du point de croisement des lignes ; il suffira alors de marquer avec une plume, sur la face de la lentille tournée vers l'observateur, le point où l'on voit se couper les images des droites rectangulaires, pour avoir la région centrale de la lentille.
299. Détermination de l'axe et des pouvoirs dioptriques des verres cylindriques. — L'exactitude delà correction de l'astigmatisme par un verre cylindrique dépend non seulement des pouvoirs dioptriques de ce verre, mais encore de l'orientation de ses génératrices ou de son axe. D'où la nécessité, pour le médecin, de déterminer la direction de l'axe et les numéros des verres cylindriques fixés par l'opticien dans une monture.
VÉRIFICATION DES VERRES DE LUNETTES. 533 !• Phacomètre de Snellen. — Ces déterminations se font très simplement avec ce phacomètre, si les deux numéros du verre sphéro-cylindrique sont tous deux positifs. Pour cela on place ce verre entre les mors de la pince médiane ; on détermine alors les deux divisions de la graduation en face desquelles il faut successivement amener l'écran I pour que l'on aperçoive avec netteté sur cet écran les droites focales, images des petites ouvertures de
l'écran conjugué.
Comme ces droites focales sont les unes parallèles, les autres perpendiculaires à l'axe du verre cylindrique, la détermination de la direction de cet axe se fait donc concurremment avec celle des pouvoirs dioptriques du verre.
Si le verre cylindrique est négatif, il faut, comme dans le cas correspondant des verres sphériques, l'associer à un verre sphérique positif tel que les numéros de l'ensemble des deux lentilles soient tous deux positifs.
2° Phacomètre de Badal. — Le phacomètre de Badal peut également être employé, à la condition de le munir d'une pièce accessoire destinée à donner un faisceau parallèle. Cette pièce consiste en un écran percé d'une petite ouverture centrale et placé de telle sorte que cette ouverture soit au foyer principal d'une lentille située entre l'écran et l'extrémité p (fig. 209) de l'instrument ; l'écran et la lentille sont d'ailleurs réunis, au moyen de tiges rigides, au tube fixe du phacomètre.
Les deux numéros du verre sphéro-cylindrique s'obtiennent en cherchant, au moyen de l'écran en verre dépoli, les positions des deux droites focales du faisceau réfracté. L'orientation des droites focales, et par conséquent celle de l'axe, peut d'ailleurs être facilement obtenue; il suffit pour cela de tracer sur l'écran en verre dépoli un diamètre qui aboutisse à une génératrice marquée sur le tube mobile, diamètre que l'on rend parallèle aux droites focales, et de munir le bord circulaire u du tube fixe de l'instrument d'une graduation en degrés.
Il convient d'ajouter que les indications fournies par le phacomètre de Badal sont moins exactes que celles données par le phacomètre de Snellen, à cause du peu de longueur des droites focales, surtout quand le verre cylindrique est faible.
30 Procédé dit des opticiens.— 0' est le plus couramment employé
dans la pratique. Supposons que l'on regarde, à travers un verrue spbéro-cylindrique, une droite assez longue pour que ses parties» extrêmes puissent être vues directement par l'œil ; dans ces coq». ditions, pour que l'image virtuelle de la portion de droite vue à i travers le verre soit le prolongement des portions de la mêmee droite vues directement, il faut que la vision s'effectue par la partie centrale delà lentille et, en outre, que l'axe du cylindre soit parallèle ou perpendiculaire à la droite considérée. Pour toute autre direction de l'axe, l'image de la portion de droite vue à travers le verre est oblique par rapport à la direction réelle de cette droite.
De là un moyen de déterminer la direction de l'axe de la lentille à à 90° près, c'est-à-dire de déterminer les directions des méridiens principaux du verre cylindrique.
Les deux numéros du verre s'obtiennent de la manière suivante : : on regarde à travers le verre, tenu à la main à une certain distance de l'œil, deux lignes parallèles un peu longues, telles que les bords verticaux d'une échelle d'acuité, et on oriente le verr de telle sorte que les images de ces bords, vues à travers la lentille,; soient verticales. Si la distance d des images des bords de l'échelle d'acuité est plus petite que la distance réelle D de ces bords donti on voit directement les extrémités, on cherche par tâtonnemen' le verre sphérique positif qu'il faut ajouter au verre cylindriqu pour que la distance d soit rendue égaie à la largeur D de l'échelle; cette lentille sphérique compense alors l'effet du verre sphérO' cylindrique dans le méridien principal perpendiculaire aux bord de l'échelle, et son numéro est égal et de signe contraire à celui d ce méridien. On tourne alors le verre de 90° autour de son axe optique, et l'on recommence la même détermination dans l'autr méridien principal, ce qui fait connaître le second numéro du verr cylindrique.
Si la distance d avait été plus grande que D, on aurait ajout"' au verre cylindrique un verre sphérique négatif que l'on aurai choisi encore de manière à obtenir l'effet indiqué ci-dessus.