‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 194 sur 397 · SPECTROSCOPE · texte numérisé non relu

SPECTROSCOPE

former les raies brillantes obtenues. Traçons ensuite sur une feuille de papier une droite que nous diviserons eu parties égales et inscrivons eu face de ces points de division les numéros correspondants de l'échelle micrométrique. Enfin, par les numéros des divisions sur lesquelles sont venues se former les raies brillantes du potassium, du thallium, etc., élevons des perpendiculaires auxquelles nous donoerons des longueurs proportionnelles aux longueurs d onde correspondantes, et joignons par une courbe les extrémités de ces

perpendiculaires.

La courbe ainsi obtenue constitue ce que 1 on appelle la graduation en longueurs d'onde du spectroscope. Si le nombre des raies brillantes, d'après lesquelles elle a été construite, est assez grand, la longueur de l'ordonnée élevée par une division quelconque de la liane des abscisses fera connaître, avec une exactitude suffisante, la longueur d'onde de la radiation simple qui, dans le spectre, coïncide avec la division correspondante du micromètre. La position de toute particularité aperçue dans un spectre d'émission ou d'absorption pourra dès lors être indiquée par la longueur d'onde de la radiation simple qui coïncide avec cette particularité, et cette indication est indépendante de l'instrument.

313.— Diverses espèces de spectroscope. -Lorsque, comme c'est le cas dans l'étude des spectres d'absorption qu'il peut être utile pour le médecin d'observer, on n'a pas besoin d'une grande dispersion, on peut faire usage de spectroscopes de construction plus simple que celui de la figure 215 .

La figure 216 représente un spectroscope vertical dont le collimateur est un tube latéral 0 qui porte en fia fente de diamètre variable. Les rayons qui pénètrent par cette fente sont réfléchis verticalement de haut en bas au moyen d'un prisme à réflexion totale qui n'est pas visible sur la figure. Qes

rayons tombent alors sur un prisme de „,„ „ ...

on„ - - 1 • • j Fig. 216. - Spectroscope vertical.

oU" Situe a la partie inférieure du corps

vertical de l'instrument; ils sont dispersés par ce prisme, réfléchis

par la face sur laquelle ils se présentent pour sortir et qui, à cet effet, est argentée, et renvoyés ainsi verticalement de bas en haut ié manière à arriver à l'œil observateur placé au delà d'un oculaire OJ Le tube latéral M est le tube micromélrique de l'instrument ; let rayons qui, venus d'une source, pénètrent dans ce tube, tomben sur une lame de verre transparente, à faces parallèles, située da la partie verticale de l'instrument et inclinée à 45° par rappori aux rayons incidents, qui sont ainsi, par réflexion sur cette lame, renvoyés verticalement de bas en haut vers l'oculaire duspec troscope.

Il existe des spectroscopes dits à vision directe parce que lea rayons qui émergent du système des prismes que ces instrumenif comportent et qui donnent le spectre, ont sensiblement même direction que les rayons incidents.

314. Phosphorescence et fluorescence. — On appelle ainsi des phénomènes dus à l'absorption de radiations; toutefois ce" absorption n'est pas la seule condition nécessaire pour qu'il y à* phosphorescence ou fluorescence.

Certains corps ont la propriété de continuer à émettre de radiations lorsqu'ils ont été soumis, pendant un temps plus o moins long, à l'action de la lumière et que celle-ci cesse d'agir 8 " eux-, ces corps sont dits phosphorescents.

On appelle lumière inductrice celle que l'on fait agir sur ii corps et lumière induite celle que le corps émet ensuite pat phosphorescence.

Presque tous les corps, à l'exception des métaux, sont phosphorescents. La durée de la phosphorescence varie beaucoup d'un corps à l'autre; elle est de plusieurs heures pour les sulfures d

calcium, de strontium, etc., et de r—- deseconde seulement pour lë

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platino-cyanure de potassium. Les courtes durées de phosphores , cence peuvent d'ailleurs être exactement appréciées au moyen d'un instrument, le phosphoroscope, imaginé par Ed. Becquerel, qui£ étudié longuement ces phénomènes.

La lumière induite émise par les corps phosphorescents est e général composée, et sa composition varie d'un corps à l'autre Comme, en outre, la durée d'émission n'est pas la même pour 1

PHOSPflORESGENGE ET FLUORESCENCE. 551 diverses radiations simples qui constituent la lumière induite, il en rSte que celle-ci et par conséquent la couleur du corps changent de teinte à mesure que le temps s'ecoule.

Aioutons que la lumière induite émise par phosphorescence est toujours moins réfrangible que la lumière inductrice.

La fluorescence ne diSère de la phosphorescence qu'en ce que la lumière induite est émise seulement pendant la durée d action

lie la lumière inductrice.

Si l'on fait tomber un faisceau de lumière solaire blanche sur une solution de sulfate de quinine, par exemple, la surface de la solution devient lumineuse par elle-même c est-a-dire fluorescente, et émet des radiations d'une couleur bleue celés e D'autres corps jouissent de la même propriété ; tels sont, le verie oloré en jaune par l'uranium, le spath fluor, qui a donne sou nom au phénomène, etc. Un certain nombre de substances organiques, et en particulier la rétine de l'œil à l'état frais, sont

fluorescentes. . .

La lumière induite par fluorescence est toujours moins relrangible que la lumière inductrice. Comme, d'un autre côte, chaque corps fluorescent émet toujours une lumière induite de même composition, les radiations simples spectrales ne sont pas toutes ésalemeot aptes à produire la fluorescence d'un corps détermine. G°est ainsi que la fluorescence d'une solution de sulfate de quinine n'apparaît pas lorsque la lumière inductrice est rouge ou jaune, c'est-à-dire moins réfrangible que la lumière induite bleue de cette substance. Au contraire, toutes les radiations spectra es visibles peuvent rendre fluorescente une solution de chloropbylle, car la lumière induite de cette substance est rouge.

Les phénomènes de fluorescence donnent un moyen de constater l'existence de radiations dans la région ultra-violelte d'un spectre. Les radiations invisibles de cette région peuvent en effet déterminer l'émission de radiations induites moins réfrangibles et dès lors visiblôs •

Stokes a démontré par l'observation que, seules, les radiations qui déterminent la fluorescence d'un corps sont absorbées en partie par ce corps ; au contraire, les radiations qui, par suite de leur réfrangibilité trop faible, sont impuissantes à provoquer la fluorescence, traversent le corps sans être absorbées.

D'après cela, les phénomènes de fluorescence, comme d'ailleurs les phénomènes de phosphorescence, doivent reconnaître pour cause une communication du mouvement vibratoire éthéré des radiationsi incidentes aux molécules pondérables des corps fluorescents. Ces molécules, chez les corps doués de fluorescence, auraient la propriété de pouvoir vibrer facilement à l'unisson des mouvements caractéristiques de certaines radiations simples. Ce serait là un phénomène analogue à celui d'une corde mise en vibration par influence au moyen d'un corps vibrant dont le son a même hauteur que le son propre de la corde. Les vibrations déterminées par la lumière inductrice dans les molécules du corps fluorescent se propageraient d'ailleurs, par une communication inverse, à 1 ether environnant, et de là résulterait l'émission de la lumière induite.

On a quelquefois rapporté à tort à la phosphorescence la production de lumière que l'on observe chez certains animaux. Ces phénomènes de production de lumière chez les êtres vivants, bien qu'imparfaitement connus, paraissent dus, en grande partie au moins, à des phénomènes chimiques, en particulier à l'oxydation de matières grasses.

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