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I. — Instruments et Méthodes basés sur l'absorption

315. Lactoscope.— Les phénomènes d'absorption de la lumière ; ont été utilisés dans la construction d'un certain nombre d'iustru- • ments qui intéressent directement le médecin, puiqu'ils servent à .

LA.GTOSGOPE. HÉMATOSGOPE. 553 doser soit la matière grasse dans le lait, soit l'oxyhémoglobiDe dans le sang.

On peut diviser ces instruments en deux groupes suivant que b les déterminations sont basées sur la mesure delà transparence du l liquide (lactoscope, hématoscope) ou sur la comparaison de la i couleur de ce liquide avec celle d'un corps étalon (hémochromomètres, colorimètres).

Le lactoscope de Donné est destiné à faire connaître, par une : simple lecture, la teneur d'un lait en matière grasse.

Il se compose d'un cylindre (fig. 217) formé de deux parties qui

se vissent l'une dans l'autre, de manière à ce que l'on puisse amener

au contact et éloigner l'une de l'autre

deux lames de verre à faces parallèles

qui sont enchâssées dans ces cylindres.

Le lait à examiner est versé dans l'es- . pace compris entre les deux lames ; 1, on regarde alors, à travers la couche

de lait à faces parallèles, une bougie

placée à 1 mèt. et l'on fait augmenter : l'épaisseur de cette couche jusqu'au

moment où l'on cesse d'apercevoir la i: bougie.

Une graduation en degrés et un index, inscrits sur les bords des cylindres, et une table préalablement con- : struiteau moyen d'échantillons de lait, dans lesquels la matière grasse a été dosée par des procédés chimiques, péril mettent de déterminer la richesse en I matière grasse du lait examiné.

I Ce procédé ne pourrait évidemment I déceler une fraude consistant en l'in- " I troduclion, dans du lait écrémé, d'une substance opaque; aussi I doit-on en limiter l'emploi au dosage du beurre dans un lait pur, I tel par exemple que celui qui est pris au sein d'une nourrice. I 316. Hématoscope d'Hénocque. — Fondé sur le même I principe que le lactoscope de Donné, l'hématoscope permet, I au moyen de dosages préalables, de déterminer la quantité de

matière grasse contenue dans un lait pur ou la richesse du san^ en hémoglobine.

Il sè compose de deux lames de verre superposées, représentésK en coupe sur la figure 218 et de champ sur la figure 219. La lama supérieure, moins large, est réunie à la lame inférieure au moyec d'agrafes métalliques, de telle sorte que ces deux lames sont etcontact à l'extrémité ag tandis que, à l'extrémité ad, elles sont sépa-a

tir S t

Fig. 218. — Hématoscoiie de Hc'uocque en coupe verticale.

rées par un intervalle plus ou moins grand suivant la naturi des liquides à examiner. Cet intervalle est de 0°'™.3 lorsque l'ins-j trament est destiné au dosage de l'hémoglobine.

La lame inférieure porte une graduation en millimètres (Bg. 219' dont le 0 est au point de contact des lames et qui permet par suite

Fig. 219. — Hématoscope de lU'nocque en projection horizontale.

de déterminer la distance de ces lames au niveau de l'une quel conque des divisions.

Le sang, retiré d'une piqûre faite au doigt, ou le lait étant intrO' duit, par capillarité, dans l'espace prismatique compris entre 1( deux lames de verre, on pose l'hématosrope sur une plaque d'émail blanc qui, dans le cas où il s'agit de doser l'hémoglobine,, .doit porter une graduation marquée 15, 14, 13 4. On notei

SPEGTROSGOPIE DU SANG. 555 •

alors le numéro le plus faible de cette graduation qui, au grand jour, est encore visible à travers la couche de sang ; ce numéro fait connaître le poids d'oxyhémoglobine contenu dans 100 gram. du sang examiné.

Il existe d'autres instruments fondés sur le même principe que le lactoscope et l'hématoscope ; ils ne diffèrent des précédents que par la forme et ne sont pas usités en France, aussi nous dispenserons-nous de les décrire.

317. Hémochromomètres. — On donne ce nom à des instruments qui permettent de comparer la teinte ou l'intensité de la lumière qui a traversé une couche de liquide sanguin à la teinte ou à l'intensité de la lumière fournie par un corps étalon et de déduire de cette comparaison la richesse du sang en oxyhémoglobine.

Le plus simple de ces instruments, celui de Hayem, se compose de deux petites cuves juxtaposées sur une même plaque de verre et que l'on remplit l'une d'eau,l'autre de sang dilué au centième ; l'instrument comprend, en outre, une série de feuilles de papier blanc sur lesquelles sont peints des cercles dont la teinte, analogue à celle du sang, est de plus en plus foncée. On transporte la lame de verre sur ces feuilles, de manière à superposer la cuve à eau à l'un ou à l'autre de ces cercles colorés, tandis que la cuve à sang correspond à une partie blanche du papier ; on cherche quel est le cercle pour lequel les intensités de coloration des deux cuves sont le plus voisines, sinon identiques, et un nombre inscrit en face du cercle teinté fait connaître le nombre de globules rouges contenus dans un millimètre cube de sang.

Dans l'iastrument de Malassez, la couleur du sang, dilué au centième, est comparée à celle d'une solution de picrocarminate d'ammoniaque contenue dans une cuve prismatique. De l'épaisseur de la couche de picrocarminate qui donne la même intensité de coloration que la dilution de sang, on déduit, au moyen d'une table, la richesse du sang en hémoglobine.

Ces instruments sont surtout utilisés en clinique. Lorsqu'on veut, par ce procédé, obtenir des dosages rigoureux, il faut recourir aux spectro-photomètres, pour la description desquels nous renverrons aux ouvrages de Physique générale.

318. Emploi de l'absorption de la lumière pour recom naître la simulation de l'amaurose. — Imaginons que I'odi ,ait découpé des lettres de diverses grandeurs dans des papien rouge et vert sensiblement monochromatiques, o' est-à-dire absorbant à peu près toutes les radiations simples de la lumière blam che sauf les radiations rouges pour l'un, vertes pour l'autre. Si I'od colle ces lettres sur un fond noir et qu'on les regarde à traver une lame de verre rouge sensiblement monochromatique , le lettres rouges seront seules perçues ; les lettres vertes, en effet, ne réfléchissent que la lumière verte, laquelle est absorbée par 1 verre rouge et ne peut donc arriver à l'œil.

Pour la môme raison, les lettres vertes seraient seules vues à travers un verre vert.

Que l'on place alors l'un de ces verres devant l'œil sain d'un personne soupçonnée de simuler la cécité monoculaire; si cett personne lit les lettres rouges à travers le verre vert, ou les lettres: vertes à travers le verre rouge, c'est que ces lettres sont lues pan l'œil laissé découvert et prétendu amaurolique.

Ce procédé, comme la plupart de ceux que nous avons décrit déjà, perd toute sa valeur lorsqu'il est connu de la personne examinée.

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