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CHAPITRE III

ACUITE VISUELLE. ABERRATIONS MONOGHROMATIQUE ET CHROMATIQUE DE l'OEIL HUMAIN.

337. Siège de la perception lumineuse. — La partie de l'œil sensible à la lumière est la membrane nerveuse que nous avons appelée rétine. Les nerfs seuls, en effet, possèdent la propriété de pouvoir être excités par les agents extérieurs et de donner ainsi lieu à des sensations. L'obser.vation montre d'ailleurs que toute opacité siégeant en avant de la rétine altère plus ou moins profondément la vue ; en outre, chez toute personne à vision normale, la rétine examinée à l'ophtalmoscope apparaît avec son aspect normal, tandis que toute altération anatomique de l'écran nerveux rétinien s'accompagne de troubles de la vision.

Il est possible de déterminer quelle est celle des couches de la réline qui est directement excitable par l'agent lumineux. MuUer a utiUsé pour cela la perception entoptique des vaisseaux de la rétine, c'est-à-dire la perception par un œil de ses propres vaisseaux rétiniens.

L'un des procédés que l'on peut employer pour réaliser cette perception est le suivant.

Pendant que l'œil, dans lequel on veut provoquer la perception des vaisseaux rétiniens, regarde un endroit obscur, on fait, au moyen d'une lentille, converger, en un point b (fig. 233) de la sclérotique aussi éloigné que possible de la cornée, les rayons d'une source lumineuse intense. La sclérotique étant translucide, ce point diffuse une faible quantité de lumière dans toutes les

Fig. 233. — Théorie de la vision entoptique des vaisseaux rétiniens.

directions à l'intérieur de l'œil. Par suite, si un vaisseau , corp opaque, existe en V, il se produira en /3 une ombre de ce vais-; seau. En outre lorsque, par un déplacement de la lentille, on fera

concourir en a les rayons venus de la sourc lumineuse, l'ombre du même vaisseau V b transportera de /3 en «. Or l'œil rapport ces différences d'éclairement des diverses régions de la rétine à des causes siégeant à l'extérieur ; en d'autres termes, nous attribuons, d'une part, l'ombre /3 à un obje moins éclairé que le cbamp environnant e situé quelque part en B sur l'axe visuel PB, d'autre part, le déplacement de l'ombre depuis p jusqu'à « au déplacement de ce^ objet depuis B jusqu'en A. Aussi, dans less conditions d'expériences que nous venongi d'indiquer, le sujet voit-il, sur un foad( rougeâtre sombre, une arborisation qui se< détache en noir et dont l'aspect inverse esU représenté sur la figure 234. Le déplacement du point de concentration de la lumière sur la sclérotique provoque d'ailleurs un. mouvement d'ensemble de cette arborisation due, comme nousi, venons de l'expliquer, à la perception entoptique des vaisseaux de la rétine.

On conçoit dès lors que l'on puisse mesurer directement ledéplacement BA d'un point de l'arborisation que l'œil projettes extérieurement sur un écran. Si l'on mesure en outre la distancer de cet écran aux points nodaux K supposés confondus, on pourra, au moyen de triangles semblables, calculer le déplacement «fl de 1 ombre retmienne et par suite la distance du vaisseau V à la couche de la rétine qui perçoit l'ombre de ce vaisseau.

(s^'fn^ n ^'""""^ "^"^ '^""^ à^x^i-^xi^Q est comprise entre, u .17 et ^^^M. Or la couche des bâtonnets et des cônes est,i d après le même observateur, à 0">™.2 ou 0"-».3 en arrière des-, vaisseaux retmiens ; c'est donc cette couche qui, selon toute probabi-i nte, est la couche de la rétine sensible à la lumière, cest-à-dire la couehe au sein de laquelle s'effectue la transformation du mouvement vibratoire lumineux en un mouvement, de nature inconnue

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