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CHAPITRE IV

DE l'accommodation.

346. Existence de l'accommodation. — L'expérience nontre que, en dehors de quelques cas rares de paralysie du muscle :iliaire, toule personne, dont les yeux ne sont pas privés de crisalliu, peut voir avec une égale netteté des objets situés à diverses iistauces. Il importe d'ailleurs d'ajouter que nous ne pouvons avoir a vision nette d'objets inégalement éloignés que successivement et ion simultanément; en d'autres termes, lorsque nous voyons nettement un objet situé à unedistance donnée, tout objet situé plus près ou plus loin que le précédent n'est que confusément aperçu.

Notre œil possède donc, d'après ce qui a été dit plus haut, la propriété de faire successivement former sur la rétine, et avec une égale netteté, les images d'objets situés. à distances diverses. Cette propriété de l'œil de pouvoir réaliser la vision nette pour des distances différentes constitue ce que l'on appelle V accommodation.

Cette faculté d'accommodation de l'œil pour la vision nette et successive à des distances diverses fournit l'explication d'une expérience fort instructive, quoique fort ancienne, due à Scheiner. On place, en avant et très près de la cornée, un écran opaque AB (ûg. 237) percé de deux petites ouvertures circulaires Mm, Nn dont la distance doit être inférieure au diamètre de l'ouverture pupillaire ; on dispose en même temps, en avant de AB, un objet délié, une épingle a par exemple, dans une direction perpendiculaire à la droite qui joint les centres des deux ouvertures Mm et Nn. Dans ces conditions, l'objet a est vu simple ou double suivant que l'œil accommode pour cet objet ou pour tout autre point. L'explication de ces faits est la suivante. Lorsque l'œil est accommodé pour un objet situé en a, tous les rayons partis de ce point vont, après réfraction, concourir en un même point de la rétine ; ceux de ces rayons qui pénètrent seuls dans l'œil à travers les ouvertures Mm,Nn,se réunissent donc sur un même élément nerveux a', et l'objet est en conséquence vu simple. Au contraire, lorsque Imbert. — Physique biolog. 39

l'objet est situé en b et que l'œil accommode pour le point a, les rayons qui, partis de b, pénètrent dans l'œil à travers les ouvertures MmetNn, concourent en un point 6' en avant de la rétine; ces

Fig. 237. - Expérience de Scheiner.

rayons, continuant leur marche, vont dès lors rencontrer l'écran rétinien en deux régions distinctes b'\b". La rétine est donc impressionnée comme s'il existait en avant de l'œil deux objets distincts dont les images viendraient se former en deux régions différentes b", b" de la rétine, et l'objet b est vu double.

347. Cause de l'accommodation. — Pour que les images nettes d'objets inégalement éloignés puissent successivement i& former sur la rétine, il est nécessaire que des (Changements sé pro duisent soit dans la position de l'écran récepteur, soit dans la valeur de certains éléments du système dioptrique oculaire. ■ ' '

Or, les seules modifications que l'on ait pu constater objectivement dans un œil au moment des variations de l'accommodation consistent en des changements de la courbure de cbacune des faces» i ^^^^ et surtout de la face antérieure du cristallin.

Aussi est-ce sur ces changements de courbure que Helmholtz a édifié la théorie de l'accommodation.

La réalité des variations de courbure des faces du cristallin est facilement constatée en disposant i ^ en avant de l'un des yeux d'une personne, et un j, peu obliquement, une source lumineuse, une< Fig. 238. — Images bougic par exemple. L'observateur se place lui-i de Purkinje-samson. ^^^^ ^^^^ position Symétrique de la bougie .

par rapport à l'axe de l'œil examiné et voit ainsi les trois images < a, b, c (fig. 238} de la bougie, images dites de Purkinje-Samson et <

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