CAUSE DE L'ACCOMMODATION
dues à la réflexion sur la cornée et sur chacune des faces de la lentille oculaire.
L'image la plus éclatante, a, est droite et due à la réflexion sur la cornée ; l'image 6, moins brillante et droite comme la précédente, provient de la réflexion sur la face antérieure du cristallin, dont la face postérieure donne naissance, en agissant comme miroir concave, à la troisième image c, peu lumineuse et renversée. Or, si l'on invite la personne examinée à accommoder successivement pour loin et pour près, on constate que l'image a reste immobile de grandeur et de position ; l'image 6, au contraire, devient plus petite et se rapproche ; l'image c enfin éprouve une faible diminution de grandeur. On doit conclure de là à l'invariabilité de forme de la cornée et aux variations de courbure des deux faces et surtout delà face antérieure du cristallin, lorsque l'œil accommode successivement pour diverses distances.
Nous avons indiqué d'ailleurs, dans un chapitre précédent, comment l'ophtalmomètre permettait de déterminer les rayons de courbure de chacune des faces du cristallin; nous avons fait
j.Ls-Kf.xc:
Fig. 239. — Changements de courbure du cristallin pendant l'accommodation. — A, Vision de
près ; B, Vision de loin.
connaître en outre, dans le tableau de la page 592, les valeurs, trouvées ainsi, pour la courbure miuima (correspondant à la vision
au loin) et pour la courbure maxiraa (correspondant à la vision rapprochée) de chacune des faces de la lentille oculaire.
Ajoutons que, d'après les calculs de Knapp, ces variations de courbure, mesurées objectivement avec l'ophtalmomètre, sont suffisantes pour que nous puissions faire former successivement sur l'écran rétinien, dont la position est invariable, l'image nette des' objets situés aux limites extrêmes de la vision distincte, limiter
que nous, définirons et que nous apprendrons bientôt à déterminer
La figure 239 représente, à l'échelle de -, les changements d
courbure que subissent les faces du cristallin pendant l'accommoda-: lion ; sur la moitié droite de la figure, le cristallin est représent avec ses courbures minima ; les courbures maxima de la lenlilli oculaire sont représentées sur la moitié gauche de la même figurai
348. Mécanisme de l'accommodation. — Le mécanisme des changements de courbure des faces du cristallin est le suivantJ
Nous avons vu (§ 326) que, dans la région ciliaire de la choroïde^ existe un muscle, \q, muscle ciliaire, constitué par deux catégories de fibres, les unes méridiennes ayant leurs extrémités antérieures fixes (Bg.239, 11), les autres circulaires (fig.239, 12). D'autre part,! les fibres delà zonuledeZinn (19, 20) réunissent chacune des facee du cristallin aux régions environnantes de la choroïde.
D'après celte disposition, la contraction du muscle ciliaireaura pour effet de tirer en avant la région postérieure de la cho-< roïde et de relâcher les fibres de lazonule. Le cristallin, soustrait ainsi à la traction que ces fibres exercent sur lui, obéira à reffeft de l'élasticité delà cristalloïde, qui tendra à lui donner une forma sphérique. De là résultera une augmentation de la courbure dd chacune des faces de la lentille oculaire.
Au contraire, lorsque le muscle ciliaire reviendra au repos, le» insertions choroïdiennea des fibres de la zonule s'éloigneront dfe leurs insertions sur le cristallin. Ces fibres tireront en consé'< quence sur la lentille organique, qui s'aplatira en quelque sorte e dont les faces diminueront de courbure.
En résumé, donc, les états de courbure maxima et de courbure minima du cristallin correspondent, le premier à l'état de contraction du muscle ciliaire, le second à l'état de repos de ce môm muscle.
LIMITES DE L'ACCOMMODATION. 613 Une confirmation anatomique de ce mécanisme de l'accommodation résulte du fait suivant : les observations portant sur des yeux énucléés ont montré qu'en général les fibres du muscle ciliaire .ont beaucoup plus développées dans les yeux hypermétropes, rhez lesquels, ainsi que nous le verrons plus loin, les efforts d'accommodation doivent être particulièrement énergiques ; par contre, dans les yeux myopes, dont les efforts d'accommodation sont toujours moins considérables que ceux des yeux hypermétropes, à égalité de distance de vision nette, les fibres circulaires du inus°cle ciliaire sont peu nombreuses et peuvent même manquer complètement.
Le mécanisme de l'accommodation décrit ci-dessus a en outre été vérifié par Hensen et Vœlkers sur des animaux vivants ; il s'accorde d'ailleurs sans difficulté avec les faits d'observation tels que le recul du punctum proximum chez les personnes âgées et chez les convalescents, etc.
349. Limites de l'accommodation, Punctum proximum et punctum remotum. — D'après le mécanisme auquel sont dus les changements de courbure des faces du cristallin et d'après les résultats des mensurations objectives, le maximum et le minimum de courbure se produisent simultanément sur chacune des faces de la lentille oculaire. En conséquence, ce maximum et ce minimum de courbure correspondent aux effets réfringents maximum et minimum que l'œil peut réaliser.
Or l'œil, à mesure qu'il devient plus réfringent, est accommodé pour une distance plus petite, c'est-à-dire fait former sur sa rétine l'image d'objets plus rapprochés. A. l'état de courbure maxima des faces du cristallin, l'œil est donc accommodé pour le point le plus rapproché qu'il lui soit possible de voir encore nettement; ce point a reçu le nom de punctum proximum .
De même lorsque les faces du cristallin sont à l'état de courbure mioima, l'œil est accommodé pour le point le plus éloigné qu'il puisse encore voir avec netteté ; ce point a été appelé punctum remotum.
Nous verrons bientôt que ces deux points, punctum proximum 'Jt punctum remotum, peuvent l'un et l'autre être virtuels et situés en arrière de l'œil. Les définitions de points le plus rapproché et
plus éloigné pour lesquels la vision est encore nette n'ayant
plus de sens alors, il est nécessaire de leur substituer les définitioDsi plus générales suivantes.
On appelle punctum proximum le foyer conjugué de la réf lorsque les faces du cristallin possèdent leur courbure maxima.
On appelle de même punctum remotum le foyer conjugué de la rétine lorsque les faces du cristallin ont leur courbure minimaa
La position de ces points, variable d'une personne à l'autre, es' extrêmement importante à considérer dans la pratique; elle fournit, en effet, comme on le verra dans le chapitre suivant, un moyen de! caractériser la nature et le degré des diverses anomalies de la réfrac-; tion statique ou dynamique de l'œil. Mais, pour pouvoir apprécie l'exactitude des divers procédés de détermination du proximum et du remotum, et fixer d'une façon rigoureuse les diverses circonstance dans lesquelles on peut se placer pour mesurer ce que nous appel-! \ercns \e pouvoir accommodatifàeVœil, il est nécessaire d'étudier,' plus complètement que nous ne venons de le faire, le phénomèn,. de l'accommodation et de préciser les relations qui existent entrée phénomène et celui de la convergence des axes visuels, dontnou allons d'abord nous occuper.
350. Punctum proximum et punctum remotum de lan convergence. — Grâce à la mobilité des globes oculaires et à lai contraction des muscles droits internes et externes, nous pouvons» faire concourir les axes visuels de nos deux yeux en des points: situés à diverses distances sur la ligne médiane, c'est-à-dire sur.i l'horizontale perpendiculaire au milieu de la droite qui joint less centres de rotation des globes. On conçoit d'ailleurs que ces mouvements de rotation en dedans et en dehors soient limités, soit parj la limite de raccourcissement des muscles droits internes et exter--' nés, soit, chez quelques personnes, par suite de la forme non sphé-? rique du globe de l'œil et de la cavité orbitaire. Il existe donc uni punctum proximum et un punctum remotum de la convergence, : ces points étant ceux vers lesquels concourent les deux axesi visuels lors de la rotation maxima des globes oculaires en dedans i et en dehors.
Le proximum et le remotum de la convergence, dont les posi-lions sont en général très différentes de celles du proximum et dm remotum de l'accommodation, se déterminent de la manière sui-- Tante.
LIMITES DE LA CONVERGENCE. 615 On dispose sur la ligne médiane des yeux à examiner un objet linéaire brillant tenu verticalement; il est commode de prendre pour cela l'ophtalmodynamomètre de Landolt,qui est constitue par un netit cylindre métallique, à l'intérieur duquel on introduit une bougie allumée et dont la surface latérale est percée d'une fente suivant une génératrice.
La fente éclairée est vue simple aussi longtemps que la personne examinée peut faire converger sur elle les axes visuels de ses deux yeux, les deux images de la ligne lumineuse se formant alors sur les deux macula. Si l'on rapproche progressivement 1 instrument le long de la ligne médiane, il arrivera un moment oii, les axes visuels ne pouvant plus être amenés à concourir sur la fente, les deux images de celle-ci ne sont plus fusionnées en une seule, et la ligne-objet est vue double.
Le proximum de la convergence sera donc le point à partir duquel le sujet accuse la diplopie, c'est-à-dire le dédoublement de la fente . Ce dédoublement commence d'ailleurs à se manifester à la partie supérieure de l'objet, qui se présente alors comme un V lumineux.
L'éloignement progressif de la fente-objet jusqu'au moment d'une nouvelle apparition deladiplopie indiquerait de même la position du remotum de la convergence, si ce point était situé à distance finie en avant des yeux. Mais ce point est généralement virtuel ; en d'autres termes nous pouvons faire tourner nos yeux en dehors jusqu'à rendre leurs axes visuels divergents entre eux, les prolongements de ces axes se rencontrant alors en unremotum situé en arrière des globes oculaires. La position du remotum doit, dans ce cas, être déterminée ainsi qu'il suit.
Fig. 240. — Détermination du remotu»
de la convergence.
La fente lumineuse étant située en 8 à distance finip (fig 240) * on dispose, en avant des yeux D et G du sujet, des prismes égaux dont les bases sont tournées en dedans et dont on augmente pro
gressivement
iA.
i'angl
de réfrifigence. Ces* prismes donnenideux images et S, et.i pour voir simple la fente lumineuse S, le sujet dirigera ses axes visuels suivant S,„ Is Sj de telle sorte que lesimages rétiniennes de 8, et de 8» vieunent se former sur les deux macula m, et:
Le remolum delà; convergence sera donc le point de rencontre des directions dés axes visuels lorsque les prismes placés de- ■ vant l'œil feront appa-raître un commence-ment de diplopie. La direction de ces axes, .
et par suite la position duremotum,sera i d'ailleurs connue si l'on peut déterminer à ce moment les valeurs des angles égaux entre eux, SI^Sj et SljSg; or, en admet-
„. , , tant que les prismes
l'ig. m. — Evaluation du pouvoir de convergence eu • ^ j ■
angles métriques. agissent dans les con-
ditions du minimum
de déviation, ce qui est sensiblement exact, cbacun de ces