‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 221 sur 397 · DEGRÉ DE MYOPIE · texte numérisé non relu

DEGRÉ DE MYOPIE

362 Presbyopie ou presbytie. - Il résulte de ce qui a été

■ relativement à la position du remotum dans les yeux myopes, métropes et hypermétropes et à la constance du pouvoir commodatif chez toutes les personnes de même âge, que le oximum doit être situé à des distances très différentes suivant 'tat de réfraction de l'œil chez lequel on le considère. Le proxium peut même, chez certains hypermétropes, être virtuel, auquel s la vision ne peut être rendue nette pour aucune distance. Rappelons, en outre, que le proximum s'éloigne progressiveentde l'oeil à mesure qu'on avance en âge, par suite de l'augmentioD de consistance du cristallin .

On dit qu'un œil est presbyte lorsque son punctum proximum t situé au delà de la distance habituelle du travail .

D'après cette définition, il n'y a pas de position déterminée du

nctum proximum à partir de laquelle la presbytie commence, elle personne, en effet, dont le punctum proximum est réel et tué à 0'".40, sera presbyte si le travail auquel elle se livre exige

Yision nette à 0".30; la presbytie, au contraire, n'aura pas

mmencé pour elle si la plus petite distance à laquelle il lui est écessaire de voir nettement est de 0™.50 ,

363. Anomalies de la réfraction statique et de la réfrac - "on dynamique. — Les diverses amétropies que nous avons ésignéessous le nom de myopie, d'hypermétropie et d'astigma- --me sont relatives à l'état dioptrique de l'œil lors du relâchement e l'accommodation ou du repos du muscle ciliaire. Aussi les

•t-on appelées du nom générique d'anomalies de la réfraction latique de l'œil .

La presbytie, au contraire, est caractérisée par la position du unctum proximum, position qui correspond à la contraction axima du muscle ciliaire ; aussi la presbytie est-elle dite anoalie de la réfraction dynamique.

On voit que la presbytie n'a aucun rapport de ressemblance ou 'opposition avec la myopie et l'hypermétropie; nous verrons en ffet qu'un œil peut être en même temps presbyte et myope ou ypermétrope.

364. Degré de myopie. Degré d'hypermétropie.— Soit un yope dont le punctum remotum est en R (fig. 250) ; proposons- 0U8 de déterminer le numéro du verre qui, placé en avant

de l'œil, rendra celui-ci emmétrope, c'est-à-dire fera concourir en R, sur la rétine, sans que l'accommodation ait à intervenir les rayons venus de l'infini.

Fig. 250. — Evaluation du degré de myopie au moyen d'une lentille.

Il suffit, pour cela, de placer en avant de l'œil une lentille négative LU telle que l'un de ses foyers principaux coïncide avec le punctum remotum R. En effet, les rayons SI, ST, venus de l'infini, seront réfractés par la lentille suivant les directions II, et l'I'i qui, par leurs prolongements, vont passer au foyer principal de la lentille, c'est-à-dire au point R. Ces rayons, en arrivant sur.! l'œil, sont donc dans les mômes conditions que s'ils venaientil réellement du punctum remotum; dès lors, l'œil les réunira en R'; sans que l'accommodation ait à intervenir et sera, en conséquence, rendu emmétrope.

On appelle degré de myopie le numéro ou pouvoir dioptrique

de la lentille qui rend emmétrope l'œil myope considéré; oni

suppose toujours d'ailleurs que la lentille est placée au foyer prin

cipal antérieur de l'œil. D'après cela, la distance focale / de laî

lentille n'est pas autre chose que la distance r du punctum remotum

au foyer principal antérieur de l'œil, et le degré de myopie esti

1 1 , représenté par - ou De là cette définition, sous de nouveaux^

termes, du degré de myopie :

On appelle degré de myopie d'un œil la distance -, exprimée eni

dioptries, du punctum remotum au foyer antérieur de l'œil. Soit de même un œil hypermétrope dont le punctum remotumi

DEGRÉ D'HYPERMÉTROPIE. 639

irtuel est R (fig. 251). La lentille qui rendra cet œil emmétrope êra une lentille positive H' choisie de telle sorte que l'un de ses )Yers principaux coïncide avec le point R.

Fig. 251. — Évaluation du degré d'hypermétropie au moyen d'une lentille.

En effet, les rayons SI, S'I' , venus de l'infini, seront réfractés larla lentille suivant les directions II,, IT, dont les prolongenents vont passer par le foyer R ; les directions de ces rayons, orsqu'ils pénètrent dans l'œil, vont donc concourir vers le remoum, et la réfraction oculaire les réunira, par suite, en R' sur la étine, sans que l'accommodation ait à intervenir.

On appelle degré d'hypermétropie le numéro ou pouvoir lioptrique de la lentille positive qui, placée au foyer principal intérieur de l'œil, rend celui-ci emmétrope.

Comme dans le cas de la myopie, la définition précédente peut Qcore être donnée dans les termes suivants :

On appelle degré d'hypermétropie la distance -, exprimée en lioptries, du remotum au foyer principal antérieur de l'œil. ^ La distance r en mètres, et par suite la distance en dioptries ^,

doit d'ailleurs être affectée du signe —, dans le cas de l'hypermétropie, puisque le punctum remotum est alors virtuel et situé en arrière de l'œil.

365. Degrés d'hypermétropie manifeste et d'hypermétropie latente.— Nous avons vu précédemment (§ 360) que l'œil hypermétrope est obligé d'accommoder, même pour y voir nettement à l'infini. Le muscle ciliaire, dans de tels yeux, est donc ' onstamment en état de contraction, quelque grande que soit d'ail-

leurs la distance pour laquelle ces yeux réalisent la vision neiu On conçoit dès lors, et l'observation montre qu'il en est hic ainsi,, que les hypermétropes ne puissent relâcher coraplètemci leur muscle ciliaire, lorsque ce relâchement est provoqué seuif ment par le besoin de vision nette que l'on fait naître, lors de I détermination du remotum, au moyen des procédés que nous de crirons dans le chapitre suivant. Le muscle ciliaire des hypermc tropes conserve, en effet, presque toujours un certain degré c contraction involontaire et permanente; mais le relâchement corr plet de ce muscle peut être obtenu par l'instillation dans l'œil d'uc solution de sulfate neutre d'atropine.

Il y a dès lors, en quelque sorte, deux degrés d'hypermétrop à considérer ; l'un correspond à la distance r du remotutr après relâchement complet de l'accommodation obtenu par de instillations d'atropine ; l'autre se rapporte à la distance r' laquelle se trouve le foyer conjugué de la rétine lorsque l'hypermé trope a relâché son muscle ciliaire autant qu'il lui est possible d

le faire sans atropinisation. L'expression - donne ce que l'o

'àppQWeie degré d' hypermétropie absolue , et l'expression - le deqr

d'hypermétropie manifeste. La différence ; fait connaîtr

V hypermétropie latente.

Lorsque le proximum est lui-même virtuel et situé à une di"

tance p en arrière de l'œil, l'expression i est appelée degré d'hy

permétropie manifeste absolue, tandis que l'expression -, est aie

dite degré d'hypermétropie manifeste facultative.

La détermination de ces divers degrés d'hypermétropie résulter! de ce que nous dirons, dans le chapitre suivant, relativement àl recherche du punctum remotum,

366. Relation entre la longueur de l'axe antéro-posté rieur et le degré d'amétropie, — Il est intéressant de consi« ter combien est faible la variation de longueur de l'axe aiitéfo postérieur nécessaire pour engendrer une dioptrie de myopie o d'hypermétropie.

DEGRE D'ASTIGMATISME. 641

A cet effet, considérons, pour plus de simplicité, l'œil réduit dont les distances focales sont /'=0".015 et /' = 0'".020. Si nous représentons par g et q' les distances d'un objet et de son image aux foyers principaux correspondants, nous aurons :

çç' =:/■/' = 0.0003, , 0.0003

A'Gù: q'= '

ou, en exprimant la distance q en dioptries :

Donc, lorsque Q = l*», = 2^ = S**. . . , c'est-à-dire lorsque l'objet est successivement placé à 1, 2,3... dioptries en avant du foyer principal antérieur de l'œil, l'image se forme à 0'".0003, 2x0"". 0003, 3x0°'. 0003.... en arrière du foyer principal postérieur. Si la rétine occupe successivement ces positions, l'œil sera donc myope de 1^, 2d, 3^....

Chaque dioptrie de myopie correspond en conséquence à un allongement de 3 dixièmes de millimètre de l'axe antéro-postérieur, lorsque la myopie est aniso-axile.

Od verrait de même que chaque dioptrie d'hypermétropie anisoâxile correspond à un raccourcissement de 3 dixièmes de millimètre de l'axe antéro-poslérieur de l'œil.

367. Degré d'astigmatisme. — L'astigmatisme régulier étant dû, en somme, à l'inégalité des états de réfraction des deux méridiens principaux de l'œil, on appelle degré d'astigmatisme la différence des degrés d'amétropie des deux méridiens principaux. Le degré d'astigmatisme se trouve ainsi exprimé en dioptries, comme les degrés des deux autres anomalies de la réfraction statique.

Soient donc R et R' les degrés d'amétropie des deux méridiens principaux, c'est-à-dire les distances, exprimées en dioptries, des punctum remotum de ces méridiens aux foyers principaux correspondaQts, qui sont peu éloignés l'un de l'autre et que nous supposerons confondus en un seul.

Si l'astigmatisme est simple, l'un des méridiens est emmétrope, R' par exemple est nul et le degré As d'astigmatisme est donné par l'expression :

As = R.

Imbert. — Physique biolog. 41

Dans le cas d'un astigmatisme composé, le degré As est donné par la formule :

. R étant dans tous les. cas le degré d'amétropie le plus élevé, et R et R' étant toujours pris avec le signe +, car il n'y a pas lieu d'affec'er d'un signe le degré de l'astigmatisme.

Enfin lorsque l'astigmatisme est mixte, les amétropies des deux méridiens principaux étant inverses l'une de l'autre, la différence des états de réfraction de ces deux méridiens est mesurée par la somme R-j-R' de leurs degrés d'amétropie*. Le degré de l'astigmatisme est donc donné alors par l'égalité:

As = R+ R', dans laquelle R et R' sont toujours pris avec le signe +.

Cette mesure du degré de l'astigmatisme mixte sera d'ailleurs clairement justifiée par ce qui suit.

Comme pour là myopie et l'hypermétropie, on peut aussi définir' le degré d'astigmatisme par le numéro ou pouvoir dioptrique d'un •verre cylindrique choisi de telle sorte que son adjonction à l'œil astigmate fasse disparaître l'inégalité de réfraction qui existe entre les deux méridiens principaux.

a. Soit par exemple un astigmatisme simple myopique, l'un, des méridiens principaux, que nous supposerons horizontal, étant emmétrope, l'autre, de direction verticale, étant myope de 3 diop-) tries.

Un verre plan-cylindrique de — 3'^ (§ 295) placé devant cet œil, et orienté de telle sorte que son axe soit situé dans le plan du méridien horizontal, corrigera l'astigmatisme considéré. En effet, ce. ■verre ne produit aucun effet réfringent dans le plan horizontal qui contient son axe; donc le méridien emmétrope de l'œil sera encore, emmétrope après l'adjonction du verre cylindrique. En outre, ce. même verre produit, dans le plan vertical perpendiculaire à som -axe, le même effet qu'un verre sphérique concave de 3^; il résulte!

' Dans le cas de l'astigmatisme mixte, l'un des méridiens principaux étant hypermétrope, le remotum correspondant est virtuel et le degré R d'hypermétropie doit être en conséquence alFecté du signe — ; par suite l'expression As = R — R' devient, si l'on met les signes en évidence, As = R-f R'.

DEGRÉ D'ASTIGMATISME. 643

de là que ce méridieu vertical, myope de 3^, est rendu emmétrope par l'adjonction du verre cylindrique. Oe verre corrigeant l'astigmatisme considéré, son numéro peut être pris pour mesure de cet astigmatisme.

L'astigmatisme simple hypermétropique d'un œil dont l'un des méridiens serait emmétrope et l'autre hypermétrope de 2<i.5, serait de même corrigé par un verre plan-cylindrique convexe de -|- 2^.5 orienté de telle sorte que le plan de l'axe coïncide avec le méridien emmétrope ; on prendra donc encore le numéro de ce verre pour mesure du degré de l'astigmatisme.

b. Dans le cas où un œil présente un astigmatisme composé hypermétropique, les méridiens principaux étant hypermétropes l'un de 2d, l'autre de 5<i, l'égalité de réfraction de ces méridiens sera de même obtenue au moyen d'un verre plan-cylindrique convexe de 5<i — 2d = -[- 3"^, orienté de façon que son axe soit dans le plan du méridien le moins hypermétrope. Ce verre produira en effet, dans le méridien hypermétrope de S^, l'effet d'un verre sphérique de + 3^ ; il faudrait donc ajouter encore à ce méridien un verre sphérique de -f- 2^ pour le rendre emmétrope . En d'autres termes, le verre plan-cylindrique, placé comme nous l'avons dit, corrige incomplètement l'amétropie du méridien le plus hypermétrope et y laisse subsister une hypermétropie de 2^ égale à celle de l'autre méridien. Les deux méridiens principaux de l'œil sont alors égaux en réfraction, et le degré de l'astigmatisme , ainsi corrigé, est mesuré parle numéro, 3'i, du verre plan-cylindrique convexe employé.

c. On verrait de même que l'astigmatisme mixte d'un œil dont l'un des méridiens principaux est myope de 3^, tandis que l'autre méridien est hypermétrope de l^, serait corrigé par un verre plancylindrique convexe de 4d, orienté de façon que son axe soit situé dans le plan du méridien myope.

En effet, dans le plan perpendiculaire à son axe, ce verre non seulement corrige les S»* d'hypermétropie du méridien hypermétrope, mais encore rend ce méridien myope de l<i, c'est-à-dire égal en réfraction à l'autre méridien, dans le plan duquel le verre ne produit aucun effet réfringent *.

Il est facile de voir qu'un œil emmétrope armé d'uQ verre sphérique

La correction de l'astigmatisme mixte considéré pourrait d même être obtenue avec un verre plan-cylindrique concave de 44 orienté de façon à ce que son axe soit dans le plan du méridie hypermétrope. Ce verre, en effet, ne modifierait en rien l'état d réfraction du méridien hypermétrope et rendrait hypermétrope d Id le méridien myope de 3^.

On voit que la mesure du degré d'astigmatisme, déduit du numé du verre correcteur de cette anomaUe, revient à celle que ne avons donnée plus haut par la considération des états de réfra lion des méridiens principaux de l'œil astigmate.

Il importe d'ajouter que, comme l'a fait remarquer A. Imbert les verres cylindriques choisis d'après les règles indiquées ci-dess" ne corrigent pas l'astigmatisme d'une façon absolue. Ces verre en effet ^réalisent la coïncidence des remotum des deux méridien principaux, mais l'astigmatisme subsiste, quoique à un degré moin élevé, pour tous les autres points. En d'autres termes, aprè adjonction à l'œil du verre cylindrique, l'homocentricité n'exist rigoureusement, après la réfraction oculaire, que pour le faiscea venu des deux remotum actuellement confondus.

Page 1