ÉQUILIBRE DES MOUFLES
le point fi^e a, la poulie fixe A' et le poids p et si l'on applique, de bas en haut, suivant chacun des brins du fil situés a droite et a aauche de la poulie mobile B, une force p qui tendra chacun des brins comme ils le sont en réalité. Les deux forces égales à p et diriaées suivant les deux brins du fil donneront une résultante dirigée de bas en haut, égale à leur somme 2p et passant par le centre de lapoulie B, c'est-à-dire directement opposée à la résistance P. La condition d'équilibre sera donc :
ou
Donc, dans le cas de la poulie mobile, la condition d'équilibre est que la puissance p soit égale à la moitié de la résistance P.
On appelle moufle la réunion de plusieurs poulies, les unes fixes, les autres mobiles. Le rôle des poulies fixes est uniquement de changer la direction du fil flexible.
La fig. 12 présente divers systèmes de moufles. L'une d'elles est constituée par les poulies B', B", A", dont deux sont mobiles et une fixe. L'une des deux autres moufles est constituée par des poulies mobiles f, /i reliées ensemble, placées les unes au-dessus des autres, et par des poulies fixes i, e; l'autre moufle est formée par deux groupes de poulies, les poulies de chaque groupe tournant autour d'un même axe. Dans les deux cas, un même fil, dont une extrémité aboutit aux poulies fixes, s'enroule successivement sur chacune des pouUes de la mouûe.
En employant le môme mode de raisonnement que pour la poulie simple, il est facile de voir que la condition d'équilibre d'une moufle constituée par 1 , 2, 3 ,. .. poulies mobiles est que la puissance p soit égale à la moitié, au quart, au sixième,. . . de la résistance I^. Par suite, si l'on représente par n le nombre des poulies mobiles, la condition générale d'équilibre sera :
On voit donc que, grâce à la moufle, on peut faire équilibre à une résistance donnée au moyen d'une force inférieure à cette résistance ; mais, comme pour le levier, on ne peut apprécier
NOTIONS DE MÉGANIQUE.
exactement l'effet utile de ia poulie et de la moufle que par la considération du travail.
34. Equilibre du coin. — On appelle coin un prisme triangulaire que l'on introduit, par l'une de ses arêtes, dans un corps solide pour le diviser. Tous les instruments tranchants ou piquants employés en médecine agissent à la manière du coin.
Soit ABC (fig. 13) la section droite d'un coin, c'est-à-dire une
Fig. 13.— Théorie du coin. Cas où la puissance est perpendiculaire à l'arête.
section perpendiculaire à l'arête tranchante. Nous supposerons que cette section droite est constituée par un triangle isocèle, ce qui est le cas des instruments tranchants qu'emploient les médecins. Nous supposerons, en outre, que la puissance qui fait pénétrer le coin dans l'intérieur du solide à diviser est une force IF dirigée suivant la bissectrice 10 de l'angle AOB, que nous représenterons par 2 a.
Décomposons la puissance IF, d'après la règle du parallélogramme, en deux composantes IQ, IQ' perpendiculaires aux faces BC, AG du coin. O'est par ces composantes que le coin agit pour vaincre la résistance opposée par le corps. Or cette résistance, au moment où l'équilibre est réalisé, se compose de deux forces respectivement perpendiculaires aux faces AG, BO du coin; si, en effet, ces forces n'étaient pas perpendiculaires à ces faces, on pourrait les décomposer chacune en deux composantes dont l'une serait parallèle à AO ou à BO, et les deux forces parallèles à ces deux faces déplaceraient le coin suivant la direction de leur résul-