‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 235 sur 397 · PROCÉDÉ DE (JUIGNET · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DE (JUIGNET

le point de l'image a'b' qui est le foyer conjugué du point de la rétine d'où il est parti. De môme, les rayons qui sont diffusés par les divers points de ab et qui passent par le même point I' du bord delà pupille sont répartis, dans l'œil, à l'intérieur du cône al'ô, et après leur sortie de rœil, dans l'intérieur du cône a'Vb' .

On déterminerait de même le cône extérieur dans lequel se trouvent tous les rayons qui passent par un même point, d'ailleurs quelconque, de l'ouverture pupillaire.

Imaginons maintenant que le miroir employé à illuminer l'œil se déplace, comme ci-dessus, de manière que la trace lumineuse ab du faisceau réfracté sur la réline de l'œil observé se déplace dans le sens de la flèche /"' (fig. 275). Il esl évident, d'après la figure, que l'ensemble des cônes de rayons extérieurs à l'œil, provenant de la diffusion de la portion ab de rétine, se déplaceront dans le sens de la flèche /.

Supposons alors qu'un œil observateur soit placé en Oj, en avant du point 0 pour lequel accommode l'œil observé, etque le miroir plan tourne de manière à réaliser les déplacements dont les sens sont indiqués par les flèches f et /'. Le faisceau b'Ia' sera le premier dont, pour une rotation convenable du miroir, aucun rayon ne pourra plus pénétrer dans l'œil observateur. En conséquence, pour cet œil, le point I de l'ouverture pupillaire paraîtra, dès ce moment, envahi par une ombre qui se propagera progressivement de I vers I' si le miroir continue à tourner dans le même sens.

Soit, au contraire, l'œil observateur situé en Oj, au delà du point 0 pour lequel accommode l'œil observé. Si le miroir tourne dans le même sens que ci-dessus, de telle sorte que les cônes de rayons, intérieurs et extérieurs à l'œil, se déplacent encore dans les sens indiqués par /"et /',1e cône b'I'a' sera le premier dont, pour une rotation convenable du miroir, aucun rayon ne pénétrera plus dans l'œil observateur. Dans ce cas, ce sera le point I' qui sera le premier envahi par l'ombre, et cette ombre se propagera de 1' vers I, en sens inverse de la flèche/', lorsque le miroir poursuivra sa rotation.

En dernier lieu, si l'œil observateur est en 0, point pour lequel iccommode l'œil observé, il est facile de s'assurer, par la consiiération de la même figure, que toute l'ouverture pupillaire est simultanément envahie par l'ombre lorsque le sens delà rotation du miroir est le même que dans les cas précédents.

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Considérons enfin le miroir plan dont la rotation donne lieu aux pliénoraônes d'ombre que nous venons d'étudier. Soient MN MN' (Bg. 276) les deux directions de ce miroir pour lesquelles l'image virtuelle de la source S occupe les positions St,S'i lesquelles ne sont autres que les positions S^, S'j, considérées ci-dessus sur la figure 274. Si le faisceau réfléchi par le miroir est reçu sur un écran HK, la trace lumineuse de ce faisceau se déplacera de AB en A'B' , dans le sens indiqué par f^, lorsque l'image

virtuelle se déplacera de Si enS'j. Le sens de ce déplacement est donc le même que celui de la tache lumineuse formée sur la rétine par les rayons qui pénètrent dans i'œil examiné.

Si l'on rapproche ces résultats de ceux auxquels nous sommes arrivés en comparant (fig. 275) le sens des déplacements de la tache lumineuse de la rétine et de l'ombre qui envahit la pupille, et si l'on prend poun écran la figure même du sujet soumis à l'examen, on arrive aux conclusions suivantes :

1° L'œil observateur est en 0^, en deçà du point 0 pour lequel accommode l'oeil observé : le sens des flèches (fig. 276) et f (fig. 275) montre que le sens du déplacement de la tache lumineuse, ou du cercle d'illumination, sur le visage du sujet estlel même que celui dans lequel l'ouverture pupilhiire est envahie pan l'ombre. La figure 277 représente ces déplacements relatifs; lei cercle d'illumination occupant successivement les positions xy, x'y' , x"y'', le bord de l'ombre pupillaire, répréseutée par des traits, blancs, est successivement en oo, o'o', o"o";

2° L'œil observateur est en Oj, au delà du point d'accommodation 0 de l'œil observé. Dans ce cas, le cercle d'illumination et.

Fisr 216.

- Déplacements du miroir et des images rte la source lumineuse dans le procédé de Cuignet.

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l'ombre pupillaire se déplacent en sens inverse l'un de l'autre, ainsi que cela est représenté sur la figure 278, où les, diverses lettres ont la même signiGcation que sur la fi.^ure 277.

Fig. 277. — Déplacements dans le même sens du cercle d'illumination et de l'om'irv; impiilaire.

3" L'œil observateur est au point 0 pour lequel accommode l'œil observé, La pupille est alors simultanément envahie par l'ombre dans toute son étendue.

384. Détermination du remotum par le procédé de Cuignet. — Les différences caraciéristiques que présente le pliénomène de l'ombre pupillaire, suivant les positions relatives de l'œil observateur et du point pour lequel l'œil observé accommode, constituent un procédé de détermination de ce p )int, et par suite du remotum de l'œil observé si celui-ci n'accommode pas. Il suffira pour cela à l'observateur de se [)l ifor à diverses distances du sujet, de faire tourner autour de son manche un miroir oplital- Qioscopique plan au moyen duquel il éclairera par l'édexion l'œil examiné et de déterminer la distance à laquelle il devra se placer pour qu'une diminution ou un accroissement de celte distance

amène un changement du sens dans lequel l'ombre envahit ] pupille.

D'ailleurs, pour une position quelconque de l'observateur, 1

!• ig. 278 — Déplacements eu sens inverse du cercle d'illumination et de l'ombre pupillaire.fl

sens du déplacement de l'ombre comparé à celui du cercle d'illu| mination indiquera si le remotum de l'observé est en avant ou e| arrière de l'œil observateur. ^

11 est toutefois plus commode, pour l'observateur, de restfd immobile à une distance connue, 1 mèt. par exemple, en avant dj sujet. Dans ces conditions, si le remotum du sujet est en arrière cl l'observateur, celui-ci fera passer devant l'œil observé des verrer^ positifs croissants, pris dans la boîte d'essai, jusqu'au moment ol il constatera un changement de sens dans les déplacements relatill du cercle d'illumination et de l'ombre pupillaire. Ces verres reipj dent le sujet myope, et celui d'entre eux pour lequel se manifes'l un changement de sens dans les déplacements relatifs amène 1| remotum du sujet un peu en avant de l'œil observateur ; le verr

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li3 numéro N, immédiatement inférieur au précédent, fait donc AUDcider le remotum de l'œil observé avec l'œil observateur.

Si le remotum de l'observé est, au début, en avant de l'observaeur, celui-ci utilisera la série des verres négatifs croissants, les- |ueis corrigeront une partie de plus en plus grande de la myopie iu sujet ; 00 s'arrêtera, comme ci-dessus, au verre pour lequel se iroduit un changement de sens des déplacements relatifs, et l'on lotera encore le numéro N du verre immédiatement inférieur, equel fait encore coïncider le remotum de l'œil observé avec l'œil ibservateur.

Soit alors X la distance inconnue du remotum de l'œil observé lu foyer principal antérieur de cet œil, distance exprimée en diopries, et N le numéro du verre, positif ou négatif, déterminé u ;omme nous venons de le dire.

>' L'œil observé, armé du verre N, possède alors une myopie de c . dioptrie, si l'observateur est à l"" du sujet, et l'on a :

ii'où: X=l— N.

. Les exemples numériques suivants indiquent comment on doit iDterpréter les résultats donnés par cette formule. ) .Si N = + 4, il vient :

a distance du remotum étant négative, ce point est virtuel et 'œil observé est hypermétrope de 3^.

Dans le cas où N = — 5.5 par exemple, on a :

a distauce du remotum étant positive, ce point est réel et l'œil jbservé est myope de 6^.5.

INous avons supposé implicitement, dans ce qui précède, que 'œil examiné était exempt d'astigmatisme. Lorsque cet œil est wtigmate, le phénomène de l'ombre pupillaire se dédouble en luelque sorte, l'envahissement de la pupille par l'ombre se proluiBant, dans chacun des deux méridiens principaux, pour des ferres différents N et N' dont la différence est égale au degré d'asigmatisme.

(Ajoutons encore que. l'on peut pratiquer le procédé de Ouignet Imbert. — Physique biolog. 44

avec un miroir concave au lieu d'un miroir plan. Mais il y a lieu alors de distinguer deux cas :

10 La distance focale du miroir d'une part, les positions de la source, de l'œil observé et de l'œil observateur d'autre part, sont telles que l'image de la source, donnée parle miroir concare, est située en arrière de l'œil observé ; dans ce cas, les sens des déplacements relatifs du cercle d'illumination et de l'ombre pupll laire sont ceux que nous avons établis pour le miroir plan ;

2° L'image de la source lumineuse obtenue par réflexion sur I miroir concave est située en avant de l'œil observé ; les sens desi déplacements relatifs du cercle d'illumination et de l'ombre pupil-l laire sont alors exactement inverses de ceux que l'on constateï dans l'emploi des miroirs plans.

Par suite de cette diversité d'aspect présentée par le pbéno-) mène de l'ombre pupillaire, suivant la position de l'image donnée par le miroir concave, on doit, en pratique, employer de préférences un miroir plan.

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