‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 289 sur 397 · ÉBULLITION · texte numérisé non relu

ÉBULLITION

Cette température stationnaire t' dépend d'ailleurs de la force élastique /"de la vapeur contenue dans l'air, de la pression atmosphérique H, de la température ambiante t donnée par le thermomètre sec T et de la tension maxima F à cette température. August a établi théoriquement une relation entre ces diverses quantités et Regnault, à la suite de nombreuses expériences, a substitué à la formule d' August la formule plus exacte suivante :

/•=F — A(î — OH, dans laquelle A est une constante qui dépend de l'instrument et du lieu d'observation et dont la valeur doit, en conséquence, être déterminée par comparaison avec les données d'un autre hygromètre.

490. Ébullition. — On appelle ainsi la formation de vapeurs, au sein même d'une masse liquide, sous forme de bulles qui grossissent et s'élèvent pour venir crever à la surface libre, lorsque la tension de la vapeur y est supérieure à celle qui s'exerce ,à la surface du liquide .

Le phénomène de l'ébuUition obéit aux lois suivantes :

Sous une même pression, un même liquide bout toujours à la même température ;

Pendant toute la durée de l'ébuUition, la température du liquide idemeure constante.

En outre de la pression extérieure, d'autres causes encore agissent sur la température d'ébullition. Cette température, en effet, s'élève lorsque les parois du vase sont mieux mouillées par le Jiquide et lorsque celui-ci né contient pas de gaz dissous. En Iparticulier, des gouttes d'eau en suspension dans un mélange d'huile de lin et d'essence de girofle ont pu être portées par Dufour jusqu'à 178" sans qu'il y eût ébullition.

Le phénomène de l'ébulUtion n'est donc pas constant comme celui de la fusion ; on doit le regarder, ainsi que le fait remarquer Dufour, non pas comme nécessaire, mais comme « pouvant se produire seulement à partir d'une température minima, qui est celle où la force élastique de la vapeur fait équilibre à la pression extérieure. En d'autres termes, l'ébuUition est possible à partir d'une certaine température, mais elle se produit, en réalité, à des températures variables, égales ou supérieures à celle-là, suivant les conditions dans lesquelles le liquide est placé».

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Rappelons que c'est sur la variation du point d'ébuilition de l'eau avec la pression qui s'exerce sur le liquide qu'est basée la détermination de l'altitude d'un lieu au moyen du thermomètre hypsomélrique.

491. Ebullition des dissolutions salines. — La présence d'un sel dissous dans l'eau élève la température d'ébuilition de celle-ci d'un nombre de degrés d'autant plus grands que la quan-^ tité du sel dissous est plus considérable ; l'élévation maxima Qsm obtenue lorsque la dissolutioQ est saturée.

Ce phénomène est utilisé dans les laboratoires pour réaliser deél'' températures constantes supérieures à 100°.

492. Etat sphéroïdal ou caléfaction des liquides. • Lorsqu'un liquide est iotroduit dans un vase que l'on a préaL blement porté à une température notablement supérieure à celli de l'ébullition du liquide, celui-ci se réunit en un globule qu tourne sur lui-même et qui, au lieu de disparaître rapidement pa. ébullition, ne se vaporise que lentement. On dit que le liquidées! à l'état sphéroïdal.

La lenteur du passage à l'état de vapeur est due à ce que 1 liquide ne touche pas, lorsqu'il est à l'état sphéroïdal, les paroi du vase. On s'assure de ce fait en réalisant l'état sphéroïdal su une plaque métallique plane et constatant que l'œil peut vûL une source lumineuse par le petit intervalle qui existe entre 2 plaque et le liquide. Celui-ci ne reçoit alors la chaleur que par là rayonnement de la plaque, n'absorbe qu'une faible proportion des radiations rayonnées et ne s'échauffe que très lentement ; aussi lai température reste-t-elle inférieure à la température d'ébullition,i ainsi qu'on peut le constater au moyen d'un thermomètre dontonn plonge le réservoir dans le globule liquide.

Quant à la cause de la suspension du liquide à une petitel distance du corps solide chauffé, elle n'est pas exactement connue; peut-être réside-t-elle, en partie au moins, dans la force élastiquei des vapeurs qui se forment à la face inférieure du globule.

C'est par la caléfaction des liquides que Ton rend compte del l'incombustibilité momentanée des tissus vivants. On sait, en effet,l||K que certaines personnes peuvent impunément plonger la maia dans du plomb fondu ou toucher la fonte en fusion ; l'absence) des brulûres est due, dans ces conditions, à l'Iiumidité qui recouvre

GALORIMÉTRIE. ^39

les tissus et qui, en présence du plomb fondu ou de la fonte dont la température est très élevée, passe à l'état sphéroidalet empêche le contact direct des tissus et du corps chaud.

L'absence de brulûres a été constatée également k la suite de la projection dans l'œil de gouttelettes de plomb fondu ; des fragments de plomb de 12 et 40 milligrammes, trouvés dans les culsde-sac conjonctivaux, témoignaient d'ailleurs de la réalité de la projection du métal fondu dans l'œil. Dans ce cas, c'est le liquide des larmes, dont une couche est toujours étalée sur la face antérieure du globe, qui, en passant à l'état sphéroidal, empêche le métal fondu d'arriver au contact des tissus.

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