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DÉFORMATIONS DU CORPS

ce point M, nous pourrons remplacer la force P par deux autres, verticales aussi, appliquées en G et G' et égales entre elles puisque les distances MG, MO' sont égales. Chacune de ces composantes mesure alors la pression exercée sur le sol par chaque jambe ; ces pressions sont donc égales entre elles.

48. Déformations du corps. — Les considérations de poids et de condition d'équiUbre, jointes à celles d'autres causes sur lesquelles nous n'avons pas à insister dans cet ouvrage, permettent de rendre compte de certaines attitudes vicieuses, ou de déformations permanentes que l'on rencontre chez un grand nombre de sujets.

Une inégalité de longueur des membres inférieurs, par exemple, entraînera, pour la réalisation du maximum de stabilité, une courbure latérale, ou scoliose, de la colonne vertébrale. Si, en effet, le membre inférieur gauche est le plus court, la ligne G G' (fig.

16) qui joint les têtes des fémurs est inclinée à gauche par rapport à l'horizontale ; tout le tronc, dans sa position normale par rapport au bassin, est en conséquence incliné du même côté, et la verticale qui passe par le centre de gravité G rencontre la ligne 0 G' en M, plus près de la tête G du fémur gauche que de celle du fémur droit.

Si l'on décompose le poids du corps, tratisporté en M, en deux composantes verticales passant par G et G', celles-ci seront inégales, et les deux membres inférieurs exerceront sur le sol des pressions

différentes. Pour faire disparaî- Fig. de. — Formation de la scoliose par iné- . , , 7 , ralité de longueur des membres inférieurs.

tre cette inégalité de pression, a

laquelle on cherche à se soustraire si les muscles des deux parties latérales du corps possèdent la même force de contraction, le sujet inclinera le tronc à droite aûn d'amener le point de rencontre M à

égale dislance entre 0 et C. A cause de la petitesse des rotations que peuvent effectuer les vertèbres les unes par rapport aux autres autour d'un axe antéro-postérieur, le résultat cbercbé ne pourra être obtenu que si un nombre plus ou moins considérable de corps vertébraux participent au mouvement; il en résulte que la colonne vertébrale deviendra latéralement convexe dans sa partie inférieure, sa convexité étant tournée du côté du membre inférieur le plus court.

Une telle scoliose peut être la conséquence d'une inégalité de longueur même très faible des membresinférieurs. Le meilleur procédé pour constater cette inégalité, lorsqu'elle est minime, consiste à mesurer les longueurs des pas des membres inférieurs droit et gaucbe, c'est-à-dire l'intervalle qui sépare les deux appuis successifs des pieds droit et gauche, après avoir muni les semelles d'un enduit pouvant laisser une empreinte sur le sol. Une inégalité de longueur des pas révèle une inégalité de longueur des membres, et une augmentation convenable de l'épaisseur de la semelle, du côté du membre le plus court, suffit généralement pour faire disparaître la scoliose.

Inversement, la scoliose peut exister chez des personnes dont les membres inférieurs sont égaux, si les muscles de ces membres sont plus faibles d'un côté du corps que de l'autre. L'inclinaison du tronc a alors pour but, en déplaçant le point M, de répartir les efforts à faire par les muscles proportionnellement à leur énergie.

La scoliose peut résulter aussi d'attitudes vicieuses prolongées; si en effet le tronc, chez les enfants, reste longtemps et souvent penché latéralement, à gauche par exemple, les parties gauches des corps vertébraux seront soumises à un excès de pression ; leur nutrition sera plus ou moins entravée et de là résultera une diminution d'épaisseur qui a pour conséquence une scoliose à convexité tournée à droite. C'est ce qui arrive chez un grand nombre d'enfants pendant la vie scolaire. L'écriture penchée, enseignée dans toutes les écoles, met en effet presque fatalement l'écolier dans la nécessité d'incliner le tronc à gauche, l'épaule droite étant la plus élevée, conditions favorables à l'établissement d'une scoliose à convexité tournée à droite. L'observation a montré, en effet, que dans plus de 80 % des scolioses observées chez les enfants, c'est vers la droite qu'est tournée la convexité de la colonne

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