CENTRE DE GRAVITÉ DU CORPS
que nous suspendons momentanémeot les mouvements respiratoires et que nous réalisons au besoin une occlusion complète de la glotte.
De ce qui précède résulte encore l'explication de la diminution de l'effort maximum que peuvent exercer les muscles du membre supérieur, lorsque les membres inférieurs ont été amputés, qu'ils sont frappés de paralysie, ou que la contraction de leurs muscles est douloureuse. Dans chacun de ces cas, la diminution peut n'être qu'apparente et résulter du défaut de fixité de la partie inférieure du corps.
46. Centre de gravité du corps humain. — La mobilité des diverses parties du corps bumain les unes par rapport aux autres entraine encore celte conséquence, à savoir : que le centre de gravité n'est pas fixe et invariable et que la position de ce point dépend des positions relatives des divers segments dont le corps se compose. Le déplacement du centre de gravité joue, dans la locomotion, un rôle important sur lequel nous reviendrons plus loin.
Le corps humain n'ayant pas une forme géométrique, on doit, pour déterminer son centre de gravité, trouver trois plans contenapt ce centre. Pour cela, on couche le corps le long d'un fléau de balance constitué par une planche qui repose sur un couteau dont l'arête est perpendiculaire à la longueur de la planche; lorsqu'on a donné au corps une position telle que l'équilibre existe, le centre de gravité se trouve dans ,1e plan vertical qui passe par l'arête du couteau. Si l'on établit de nouveiu l'équilib.-e en couchant le corps sur le côté et en disposant la planche de telle sorte que sa longueur soit parallèle à l'arête du couteau, on détermine un nouveau plan dans lequel se trouve le centre de gravité du corps. En admettant que le corps humain soit exactement symétrique par rapport à un plan médian, ce centre sera contenu aussi dans ce plan. Le point commun aux trois plans dont il vient d'être question sera donc le centre de gravité du corps.
Ce point a été déterminé par Demeny au raoven d'un autre procède que nous décrirons à propos de l'étude des mouvements de locomotion.
Le centre de gravité se trouve, en général, d'après Ed. Weber
MÉGANIQUE ANIMALE.
au niveau du bord supérieur de la deuxième vertèbre lombaire, dans l'intérieur du canal médullaire de la colonne vertébrale .
On a besoin, dans l'étude de la marche, de connaître les déplacements du centre de gravité qui correspondent aux diverses positions relatives des segments du corps les uns par rapport aux autres- On peut, pour cela, employer la méthode précédente. On peut aussi déterminer sur le cadavre les poids relatifs du corps entier et de ses diverses parties, tête, tronc, etc., et calculer ensuite les déplacements du centre de gravité qui résultent des déplacements de ces parties mobiles.
47. Équilibre du corps humain dans la station debout. — Dans la station debout, le centre de gravité est au-dessus de la surface d'appui ou base de sustentation du corps, et cette base est limitée par les pieds et par les lignes joignant les extrémités des orteils et des talons. Il résulte de là que le corps est en état d'équilibre instable et qu'il tombera lorsque la direction de son poids, c'est-à-dire de la verticale qui passe par le centre de gravité, rencontrera le sol eu dehors de la base de sustentation. La stabilité sera par contre d'autant plus grande, et nous pourrons, sans tomber, imprimer à notre corps des déplacements d'autant plus étendus ou subir ces déplacements, tout en maintenant nos pieds appuyés sur le sol, que la base de sustentation aura une plus grande surface. Les positions que nous donnons instinctivement aux diverses parties de notre corps lors de la station sur un seul pied, ou lorsque nous sommes chargés d'un fardeau, ont pour but de réaliser la condition d'équilibre, c'est-à-dire de ramener à l'intérieur de la base de sustentation le point où la verticale, qui passe par la nouvelle position du centre de gravité, rencontre le sol .
Il importe de remarquer encore que, lors de la station debout, toute personne normalement constituée, c'est-à-dire dont le corps est symétrique par rapport à un plan médian non seulement en ce qui concerne le poids ou la longueur des parties, mais encore relativement à l'énergie des muscles droit et gauche correspondants, se tient de telle sorte que la verticale qui passe par son centre de gravité rencontre le sol à égale distance des pieds. Celte verticale passe alorsl'par le milieu M de la droite qui joint les centres G et C des têtes des fémurs. Si nous transportons le poids P du corps en