‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 304 sur 397 · CALORIMÉTRIE ANIMALE · texte numérisé non relu

CALORIMÉTRIE ANIMALE

ces déterminations la quantité de chaleur qui a dû être engendrée. A cet effet, on admet que l'oxygène absorbé se retrouve tout entier dans l'acide carbonique et dans la vapeur d'eau éliminés ; le dosage de l'acide carbonique exbalé permet d'ailleurs de connaître, par différence, la portion de l'oxygène absorbé qui a été employée à former de l'eau. Il est donc possible de calculer la chaleur dégagée par l'oxygène absorbé, si l'on admet que ce gaz a été utilisé à transformer en acide carbonique et en eau une proportion correspondante de carbone et d'hydrogène. Mais il résulte de ce que nous avons dit plus haut (§ 515) que cette manière de déterminer la quantité de chaleur produite par un animal n'est pas rigoureuse.

La même remarque est applicable à la méthode qui consiste à déterminer, d'une part les quantités de carbone et d'hydrogène introduites dans le corps par les aliments, d'autre part les quantités de ces mêmes corps qui sont éliminées par l'urine et par les autres excréments, et à admettre que les différences de ces deux quantités représentent les proportions de carbone et d'hydrogène qui ont été oxydés dans l'organisme.

Toutefois, si la méthode de calorimétrie indirecte ne peut renseigner qu'incomplètement sur la quantité de chaleur engendrée par un animal, elle a cependant conduit à des résultais intéressants en ce qui concerne l'influence de l'espèce, de la taille, de la température extérieure, etc., sur la production de la chaleur animale.

520. Résultats. — Les nombres que nous allons rapporter ont été trouvés au moyen des diverses méthodes décrites précédemment -, il y a donc des réserves à faire sur leur exactitude absolue, mais on peut regarder comme vraies les conséquences qui résultent de leur comparaison.

Influence de l'espèce. — Pour comparer plus utilement les quantités de chaleur dégagées par les diverses espèces, il est bon de diviser les nombres de calories trouvés expérimentalement par le poids de l'animal et par la durée de l'expérience. On obtient ainsi la quantité de chaleur dégagée par heure et par kilogramme ; ce sont de tels nombres qui sont inscrits dans le tableau suivant :

884 CHALEUR

Quantités de chalenr

Espèces en calories-gramme-degré Observateurs

par lieure et par kg. d'animal

Cobaye...; 12000 Lavoisier.

Id 9500 d'Arsonval.

Id 9000 Ch. Richet.

Chien très jeune 6440 Dulong.

Chien 5800 Ch. Richet.

Id 5000 d'Arsonval.

Id 2530 Séuator.

Chat 3300 Ch. Richet.

Id 2800 d'Arsonval.

Lapin 4200 d'Arsonval.

Poule 5700 Ch. Richet.

Id 4270 d'Arsonval.

Canard 5500 Ch. Richet.

Oie 3500 Ch. Richet.

Moineau 36000 Ch. Richet.

Enfant 4000 Ch. Richet.

Homme adulte 1500 à 2000 Scharling et Vogel.

Les différences, relatives à une même espèce, qui existent entre les nombres trouvés par des observateurs différents tiennent d'ailleurs, au moins en grande partie, à des circonstances diverses, poids, etc., qui influent sur la grandeur des résultats et qui ont pu être différentes lors de chacune des déterminations.

Influence du poids et du volume. — Pour une môme espèce, la quantité de chaleur engendrée augmente moins rapidement que le poids de l'animal. Il en résulte que la chaleur engendrée par heure et rapportée au kilogramme d'animal diminue à mesure que le poids total augmente. C'est ce que montrent très nettement les nombres suivants trouvés par Oh. Richet sur des lapins :

Poids de l'animal Galories-gramme-degré par kilogr.

GALORIMÉTRIE ANIMALE. 885

Par contre, le môme observateur a constaté que la quantité de chaleur engendrée et rapportée à l'unité de surface, c'est-à-dire le rapport entre la quantité totale Q de chaleur engendrée et la surface S de l'animal, est sensiblement constant pour une même espèce et indépendant du poids. Pour évaluer approximativement la surface d'un animal de poids P, Ch. Richet assimile son corps à une sphère homogène dont la densité est 1 ; le rayon R de cette sphère est alors donné par l'égalité :

Ur^ = P, d'où: R=J??.

Remarquant d'ailleurs que n n'est pas sensiblement différent de 3, Oh. Richet se borne à prendre pour R, la valeur

R étant ainsi déterminé, on trouve pour le rapport ^ les nombres suivants :

Lapin de 500 gr H. 8

La valeur du rapport % sensiblement constante pour une même

espèce, est variable, d'une espèce à l'autre, avec la taille et avec l'état du tégument externe, qui peut être nu ou recouvert soit de poils, soit de plumes ; c'est, en effet, ce que montre le tableau ci-dessous établi par Ch. Richet :

Peau nue -g-

Enfant 16.2

Animaux à fourrure maigre Chien 14.4

CHALEUR

Animaux à fourrure épaisse

Lapin de 500 à 3100 gr 11.8 à 10.1

Chat de 1700 gr 11.4

Cobaye de 700 gr 12.2

— 150 gr 13.2

Oiseaux

Oie. de 3250 gr 10.9

Canard de 1500 gr 12.8

Pigeon de 300 gr 14.1

Oiseau de 20 gr 52

Oa voit par là que des animaux de même poids, et par suite de même surface extérieure (lapins, chais, oies), et dont le tégument est à peu près également protégé par des substances différentes, poils ou plumes., présentent la môme valeur pour le rapport Q

— , c'est-à-dire engendrent sensiblement la môme quantité de chaleur. Au contraire, des oiseaux de poids très différents dégagent des quantités de chaleur très variables. Nous verrons plus loin comment on peut interpréter ces résultats, de même que ceux qui sont relatifs au dégagement plus considérable de chaleur que Ch. Richet et d'Arsonval ont observé sur des lapins rasés ou enduits d'huile ou de vernis.

Influence de la température extérieure. — La quantité de chaleur produite pendant un temps donné par un animal est considérablement influencée par la température extérieure, ainsi que le montrent les nombres suivants empruntés à Ch. Richet :

Température extérieure

Calories dégagées

Cobaye de 125 gr. à 150 gr 9°

Cobaye de 500 gr. à 1000 gr. . .

Page 1