CHAPITRE YIII
524. Origines du travail dynamique. — L'observation iioDtre que dans toute macbioe productrice de travail dynamique, e travail correspond toujours à une dépense d'une certaine quantité d'énergie. L'énergie dépensée peut d'ailleurs être l'énergie calorifique, comme dans les machines à vapeur, l'énergie chimique, l'énergie électrique, etc., et ces transformations, d'oti résulte le travail dynamique, ne sont que des cas particuliers de la loi générale, énoncée pour la première fois par Mayer, relative à la conservation le l'énergie et à sa transformation par voie d'équivalence (§ 7).
Or tout animal, et l'homme en particulier, peut effectuer un travail dynamique. Il y a lieu dès lors de se demander si l'organisme humain, de môme que celui des animaux, peut être, sinon assimilé, du moins rapproché, en tant que moteur, de telle ou telle catégorie de machines productrices de travail, ou s'il constitue une machine d'une nature spéciale, dans laquelle le travail résulte d'une transformation d'énergie différente des transformations qu'effectuent les diverses catégories de machines réalisées jusqu'à ce jour en vue de la production du travail dynamique.
Tout animal engendrant d'ailleurs des quantités de chaleur relativement considérables, il est rationnel de songer d'abord à assimiler le moteur animé à une machine à vapeur, sauf à vériGer par l'expérience si, comme pour cotte dernière, tout travail dynamique s'accompagne réellement de l'absorption d'une quantité de chaleur correspondante. Cette assimilation a été faite, en effet Imbekt. — Physique biolog. 57
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et était assez généralement regardée comme exacte, bien que les expériences justificatives des divers observateurs ne fussent ni assez concordantes, ni suffisamment probantes. Dans ces dernières années, une théorie nouvelle a été émise qui fait dériver la production du travail, chez les moteurs animés, de l'énergie chimique, par la transformation de celle-ci, au sein du tissu musculaire, en une forme intermédiaire de l'énergie, forme différente de l'énergie calorifique et spéciale aux animaux, le travail physiologique. En outre de la puissante autorité qui s'attache au nom de son auteur, cette théorie, créée par Ghauveau, est étayée sur de nombreusesexpériences, variées d'ailleurs de manière à montrer en quelque sorte les phases successives du phénomène complexe de la production du travail ; cette théorie a permis, en outre, à son auteur non seulement de donner la signification précise des expériencesimaginées à l'effet de démontrer la transformation directe de la chaleur animale en travail mécanique, mais encore d'expliquer les résultats, souvent contradictoires, des expériences dans lesquelles divers observateurs ont cherché à établir au moins une équivalence qualitative entre le travail musculaire et la production de chaleur parles muscles. Comme d'ailleurs l'exposé, même sommaire,, de cette théorie, de même que l'appréciation des conséquences de l'assimilation du moteur animé aux machines à vapeur, nécessitent la connaissance de quelques lois de la Thermodynamique générale, nous rappellerons tout d'abord les principes de la Théorie mécanique de la chaleur.