‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 33 sur 397 · MUSCLE CARDIAQUE · texte numérisé non relu

MUSCLE CARDIAQUE

chez les animaux. Pour leur étude, fort complexe d'ailleurs, nous renverrons à l'ouvrage déjà cité de Haugbton.

55. Muscle cardiaque. — Le cœur est un muscle creux dont les fibres, qui ont un trajet fort complexe, peuvent être divisées eu deux catégories.

Les unes, extérieures dans une partie de leur longueur (fîg. 21, 1), s'entre-croisent sur le bord droit de l'organe (fig. 22, 3), et deviennent ensuite profondes ; celles de ces fibres qui forment la paroi antérieure, ainsi qu'une partie de celles qui tapissent la paroi postérieure, arrivent à la pointe du cœur (fig. 22, 1), convergent vers un même point et pénètrent à l'intérieur en formant un pertuis par lequel on peut faire pénétrer un mince stylet jusque dans l'intérieur de l'organe. Ces fibres,communes aux deux ventricules, partent des anneaux fibro -cartilagineux qui entourent les orifices des ventricules et retournent à ces mêmes anneaux ou aux muscles papillaires voisins.

Les fibres de l'autre catégorie, situées au-dessous des précédentes, sont propres à chaque ventricule et contournées en spirale ; elles deviennent intérieures dans ia seconde partie de leur trajet qui est plus direct, et reviennent se terminer sur l'anneau fibro-carlilagineux d'où elles sont parties, après avoir décrit environ une circonférence et un cinquième.

Le cœur serait, en somme, constitué par deux sacs musculaires juxtaposés, ventricules droit et gauche, renfermés l'un et l'autre dans un troisième sac également musculaire et constitué par l'ensemble des fibres dites communes. Toutefois cette conception de la disposition des fibres du cœur, admise par Haugbton et beaucoup danatoraistes, est contredite par Winlder et autres. Quelle que soit d'ailleurs la disposition des fibres musculaires du cœur, et eii

Fis.

22. — Tourbillon de la pointe du cœur (Beaunis et Bouchard ,Anat.).

G8 MÉCANIgUE ANIMALE.

admettant qu'elles soient toutes égalennent excitées, chacune d'elles doit se contracter proportionnellement à sa longueur. Si donc quelques-unes sont gênées dans leur contraction par leur association avec les fibres voisines, une partie du travail musculaire total, que ces fibres accompliraient si elles étaient indépendantes, ne pourra se produire ; il y aura perte de travail due à la disposition de ces fibres.

Il était intéressant d'étudier à ce point de vue le fonctionnement du cœur, et Haughton a démontré que, dans le cas de la disposition décrite sommairement ci-dessus, il ne devait y avoir aucune perte de travail musculaire.

A cet effet, il a mesuré, sur des cœurs de bœuf soumis préalablement à l'ébuUition, les longueurs moyennes des fibres communes et des fibres propres à chaque ventricule. Le rapport des longueurs L et l de chaque catégorie de fibres fut trouvé égal à 1 .44.

D'autre part, les variations de volume de chaque ventricule doivent être égales à chaque systole, sinon il se produirait une accumulation de sang dans l'une ou l'autre partie de l'arbre circulatoire. En partant de ce fait, Haughton a démontré que la condition nécessaire pour qu'il n'y ait pas perte de travail lors de la systole est :

où L et Z sont les longueurs des fibres de chaque catégorie.

Or nous avons dit plus haut que les mesures directes de la ■ longueur des diverses fibres avait donné:

^ = 1.44, ou ^ = 2.07.

Il résulterait de cet accord remarquable entre les résultats de la théorie et les mesures directes que les fibres musculaires du cœur sont disposées de manière à utiliser tout le travail dont elles sont capables.

Quelque séduisante que soit cette conclusion, il y a, nous semble-t-il, quelque réserve à faire quant à son exactitude ; la disposition admise par Haughton, relativement aux fibres du cœur, est, en effet, sujette à contestation. Il y a lieu de remarquer d'ailleurs que, si les longueurs des diverses fibres ne satisfont pas rigoureusement à la condition nécessaire pour que le travail musculaire

Page 1