‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 34 sur 397 · TRAVAIL DES MUSCLES · texte numérisé non relu

TRAVAIL DES MUSCLES

soit totalement Utilisé, les nombreuses anastomoses que ces fibres présentent entre elles ont peut-être pour but de régulariser leur contraction relative, de rendre ces fibres en quelque sorte solidaires et de faire de leur ensemble une masse musculaire dans laquelle il n'y ait plus lieu de tenir compte de la diEférence de raccourcissement due à une différence de longueur des fibres.

56. Du travail des muscles. — La détermination du travail dont les muscles sont capables est une question multiple et complexe, en raison même des circonstances très diverses dans lesquelles un muscle peut travailler, au sens physiologique du mot.

On peut se proposer, en effet, de déterminer le poids maximum qu'un muscle est capable de soulever, quelque petite que soit d'ailleurs la hauteur de soulèvement. Ce poids maximum fait connaître ce que l'on appelle la force absolue du muscle.

Si l'on a en vue l'évaluation de l'effet utile produit par la contraction musculaire, c'est-à-dire l'évaluation du travail dynamique, on devra mesurer la hauteur à laquelle le muscle peut soulever des poids divers, ou déterminer combien de fois le muscle peut soulever un poids donné à une bauteur invariable.

On aura enfin de nouveaux renseignements sur la force d'un muscle si l'on détermine le temps pendant lequel il peut rester eu contraction permanente, tétanique, pour maintenir un poids donné à une hauteur invariable et effectuer ainsi un travail dit statique.

Il est évident en outre que, toutes choses égales d'ailleurs, le raccourcissement d'un muscle est proportionnel à sa longueur, ainsi que nous l'avons admis dans les paragraphes précédents, et que la force totale de contraction est proportionnelle au nombre des fibres et par suite au poids au muscle. Ces faits peuvent d'ailleurs être démontrés par l'expérience.

Les expériences relatives à l'appréciation du travail des muscles, dans les diverses circonstances que nous avons énumérées, ont été faites sur les animaux et sur l'homme.

En ce qui concerne les animaux, c'est surtout sur la grenouille que l'on a expérimenté. Après avoir sectionné la moelle pour supprimer les mouvements volontaires, on met à nu l'extrémité postérieure du muscle gastrocnémien de l'animal ; on fixe un fil sur le tendon de ce muscle et l'on réunit l'extrémité du fil à un plateau sur lequel on place des poids variables. On découvre ensuite le nerf

'^^ MÉGANIQUE ANIMALE.

du muscle et on l'excite par un courant. On peut alors soit mesurer directement le raccourcissement du muscle, soit inscrire ce rac-

Fig. 23 — Myographe simple de Marey.

courcissement sur un cylindre enregistreur au moyen d'un levier amplificateur, comme l'indique la fîg. 23 qui représente le myographe de Marey.

67. Force absolue des muscles. — Le poids maximum qui peut encore être soulevé parle muscle soumis à l'expérience varie considérablement suivant que le nerf reçoit une excitation isolée ou une série d'excitations rapprochées. En calculant la section droite du muscle, section qui est égale au quotient du volume, déterminé au moyen de la méthode hydrostatique, parla longueur des fibres, on peut rapporter les résultats de l'observation au centimètre carré. Weber a trouvé ainsi que la force absolue du gastrocnemien de la grenouille était de 692 gram. par centimètre carré de section, dans le cas d'une excitation isolée, et Rosenthal que

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