Production d'électricité par les animaux. — Un
paraît pas douteux qu'une certaine quantité d'électricité soit engendrée chez les animaux par les transformations incessantes d'énergie qui constituent la vie. Il n'est pas possible, il est vrai, de constater objectivement l'existence de l'énergie électrique chez tous les êtres vivants ; par contre, certains animaux possèdent des organes électriques spéciaux et sont des électromoteurs assez puissants. De ce nombre sont la torpille, le gymnote et le malaptérure, qui utilisent la production de l'électricité pour se défendre contre leurs ennemis ou pour tuer leur proie. Le corps de ces animaux est assimilable, au point de vue électrique, à un condensateur, qui se charge lui-môme grâce à un éleclromoteur spécial, se décharge à la volonté de l'animal et se recharge en un laps de temps déterminé.
En faisant passer le courant de décharge à travers un téléphone (Marey) ou un signal de Despretz dont la pointe se déplace sur uq tambour inscripteur (Jolyet), on entend un son ou l'on obtient ua tracé ondulé ; la décharge n'est donc pas unique mais multiple.
On ne connaît pas encore le mode d'après lequel se produit l'électricité chez les poissons électriques.
Nous avons dit précédemment (§ 564) que l'on avait constaté la présence de l'électricité sur le corps de certaines personnes, mais qu'il fallait rapporter ce fait, d'une part, au frottement des vêtements, d'autre part, à la sécheresse de la peau qui empêche l'écoulement de l'électricité dans le sol au fur et à mesure de sa production. Le corps de ces personnes n'est donc nullement assimilable à celui d'une torpille et ne constitue pas un électromoteur.
598. Courants musculaire et nerveux. — Certaines parties du corps humain et du corps des animaux autres que ceux dont il vient d'être question sont cependant le siège d'une force
ÉLEGTROMOTEUR VIVANT.
électromotrice assez grande pourj donner naissance à un courant appréciable au moyen de galvanomètres appropriés.
Si l'on réunit, en effet, par un circuit conducteur un point dejla surface externe a (fig. 363) d'un muscle détaché du corps d'un animal, mais encore vivant, à un point d'une section b faite dans le même muscle, on constate l'existence d'un courant qui va du premier point au second. Il en est de même pour un nerf.
La force électromotrice d'un musclefest d'environ Ovoit.07 et celle d'un nerf d'environ 0^oi'.03.
A cause de la grande résistance de l'électromoteur, nerf ou muscle, il faut faire Fig. 363.-courant musculaire usage, pour constater l'existence du courant, d'un galvanomètre à grande résistance.
Ou ne connaît pas encore avec certitude le mécanisme de la production des courants musculaire et nerveux.