RÉSISTANCE DU CORPS HUMAIN
termine. On dispose en Y et Z deux résistances égales entre elles (environ 50 ohms), en X une résistance fixe de 500 obms et en R une résistance variable grâce à laquelle on réduira à 0 l'intensité du courant dérivé en HK, lorsque le corps aura été intercalé entre V et V.
Afin d'éliminer la résistance accessoire qui peut naître d'une application imparfaite des électrodes sur le corps, Weiss fait plonger les mains du sujet, soumis à une détermination, dans de l'eau
salée, contenue dans deux vases V et V, au sein de laquelle plongent des lames de platine et l'un des pôles E de la pile.
Pour mesurer la résistance totale x entre les deux mains, on
1020 ËI.ECTRKJITÉ.
fail plonger celics-ci dans les vases V et V, on réunit A et B, et l'on règle la résistance R jusqu'à annuler le courant en G.Oq aalors:
RZ = Y(X + a;).
Comme Y = Z, il reste :
R = X4-a;, ou a;=R — X.
La valeur ainsi trouvée pour x comprend l'accroissement de résistance auquel est assimilable, dans l'expérience, la force électromotrice de polarisation des tissus ; Weiss a imaginé une méthode rapide, que nous décrirons ci-dessous, pour évaluer cette force et effectuer la correction correspondante.
Si l'on veut mesurer la différence de résistance de deux parties symétriques du corps, des deux bras par exemple, on rompt la communication outre A et B, on applique le tampon 0 sur la nuque, et l'on règle encore la résistance R de manière à annuler le courant en G. En appelant x la résistance du bras droit dont la main plonge en V, x' celle du bras gauche qui aboutit en V , on a :
Z{R + a;) = Y(X + £c') et, en remarquant encore que Y = Z,
La résistance d'une région du corps, abstraction faite de celle de la peau, se détermine de la manière suivante.
Plaçons le tampon 0 sur l'épaule gauche dont la main correspondante est en V et réglons R de manière à annuler le courant en G.
Si l'on représente encore par x et x' les résistances des bras droit et gauche et par y la résistance entre les deux épaules, on aura :
Z{R-}-x + y]=Y[X + x'), d'où: R + x-\-y = X-{-x'. (2)
En recommençant une nouvelle détermination lorsque le tampon 0 est placé symétriquement sur l'épaule droite, et appelant R' la nouvelle valeur de la résistance R qui annule le courant en G, on aura de même :
R' +x = X-{-x'-}-y. (3) Si l'on retranche membre à membre les égalités (2) et (3) , il vient :
2y = R' — R, d'où : y — — x
RÉSISTANCE DU CORPS HUMAIN. 1021 Il est d'ailleurs évident que la bifurcation du courant amené par le tampon 0 peut être regardée comme se produisant seulement au-dessous de la peau sur laquelle le tampon est appliqué et que la résistance de l'épiderme n'entre donc pas dans la valeur de y.
Pour déterminer la force électromotrice de polarisation, Weiss se sert de la disposition représentée sur la figure 376. Le corps
Fig. 376. — Méthode de Weiss pour la mesure de la force électromotrice de polarisation.
du sujet est en K entre les deux vases G et G'; M est un condensateur, G un galvanomètre balistique, A et B des leviers, T, T, T des fils que l'on peut mettre à la terre.
Lorsque la clef A est relevée, le courant de la pile P traverse le corps K, et la force électromotrice de polarisation prend naissance. Si l'on met alors T à la terre et que l'on abaisse A, le circuit de la pile est coupé en A et la force électromotrice de polarisation charge le condensateur M ; en abaissant ensuite la clef B, ou décharge le condensateur à travers le galvanomètre balistique G, qui fait connaître la charge reçue par M, charge proportionnelle à la force électromotrice de polarisation du corps K. Le quotient de la force électromotrice de polarisation, ainsi déterminée, par l'intensité du courant de la pile donne l'augmentation apparente
ÉLEOTRIGITÉ.
de résistance à laquelle peut être assimilée cette force lors de la détermination de la résistance du corps.
G 15. Résistance du corps humain. — Les nombres trouvés par les divers observateurs pour la résistance du corps humain sont extrêmement différents entre eux ; ces nombres varient, en effet, de 1000 à 300000 ohms.
Ces différences sont dues à plusieurs causes, en particulier à la diversité des méthodes employées et à la force électromotrice de polarisation. La résistance du corps varie encore avec l'intensité du courant eniployé pour la déterminer et avec la durée du passage, par suite des actions produites par le courant sur l'organisme.
Mais, si l'on ne connaît pas encore la valeur exacte de la résistance des diverses parties du corps, résistance qui pourra toutefois être fixée par la méthode de Weiss, on peut dire du moins que c'est la peau qui offre la résistance électrique la plus grande et que ce sont les variations de conductibilité du tégument externe qui interviennent pour la plus grande part dans les différences de résistance que l'on observe sur un même sujet.
Il importe d'ajouter, en outre, que, malgré l'imperfection des méthodes employées jusqu'à aujourd'hui et i'inexactitude des nombres trouvés en tant que valeur absolue, la mesure de la résistance électrique du corps humain fournit des indications utiles à la clinique. Il est incontestable, en effet, que cette résistance du corps diminue ou augmente considérablement dans des états pathologiques bien déterminés, et la mesure de cette constante physiologique parait pouvoir fournir, dans plusieurs cas, un élément important de diagnostic.
SOLÉNOIDES. 1023