‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 38 sur 397 · TRAVAIL DYNAMIQUE DES MUSCLES · texte numérisé non relu

TRAVAIL DYNAMIQUE DES MUSCLES

expérimentales de sa productioD. C'est, en effet, ce que montre l'observation ; nous citerons, à ce sujet, les exemples suivants empruntés à Haughton.

Ua oflicier français, le capitaine Coignet, a employé, pour monter la terre du fond d'un puits à la surface du sol, un appareil constitué par une longue corde s'enroulant sur une poulie et munie d'une plate-forme à chacune de ses extrémités. L'une des plates-formes étant au niveau du sol et l'autre au fond du puits, celle-ci recevait une brouette chargée de terre. Un manœuvre, se plaçant alors avec une brouette vide sur la plate-forme supérieure, descendait, entraîné par son propre poids, et élevait ainsi jusqu'au niveau du sol la brouette pleine de terre; arrivé au fond du puits, il remontait au niveau du sol au moyen d'une échelle. Le travail de ce manœuvre consistait donc seulement, à chaque voyage, à élever son propre poids d'une hauteur égale à la profondeur du puits. L'expérience a montré que ce manœuvre pouvait travailler pendant 8 heures par jour, durant lesquelles il élevait 310 fois à 13 mèt. de hauteur (profondeur du puits) son propre poids, qui était de 70 kilogr. Le travail total effectué était donc:

13 X 70 X 310 = 282100 kilogrammètres.

Dans d'autres conditions, le travail total effectué par un ouvrier peut être très inférieur au précédent.

Haughton a observé que les paveurs de Dublin donnent 78 coups de hie en 2 minutes 45", puis se reposent pendant 3 minutes 30". En déterminant le poids du corps soulevé et la hauteur moyenne de soulèvement, il était dès lors facile de calculer le travail total effectué pendant la journée de dix heures. Ce travail fut trouvé égal à 110,000 kilogrammètres, c'est-à-dire près de trois fois inférieur à celui qu'un manœuvre effectue avec l'appareil de Coignet.

Par contre, le travail nécessaire pour communiquera une yole à huit rames une vitesse de un nœud en 7 minutes serait beaucoup plus considérable. Ce travail, d'après les calculs de Haughton, est de plus de 74000 kilogrammètres par heure.

Il résulte de ces exemples que, lorsqu'on évalue en kilogrammètres le travail d'un homme, il est nécessaire de spécifier d'une façon précise les conditions dans lesquelles le travail a été effectué

et de ne pas appliquer à d'autres circonstances expérimentales les nombres relatifs à un cas déterminé.

59. Travail statique des muscles. — Lorsqu'un muscle est en état de contraction permanente et qu'il fait ainsi équilibre à un poids sans lui communiquer aucune vitesse, ce muscle doit être considéré, au point de vue physiologique, comme effectuant un travail auquel on a donné le nom de travail statique (§ 43).

Faute de pouvoir évaluer ce travail d'une manière plus en rapport avec les phénomènes qui se produisent alors dans le tissu musculaire, nous prendrons pour mesure du travail statique le produit du poids équilibré par le temps pendant lequel la contraction musculaire maintient l'équilibre. Ce temps doit évidemment diminuer, et l'observation montre qu'il en est ainsi, à mesure que le poids à équilibrer est plus considérable .

En expérimentant sur le muscle de la pince d'une écrevisse dont il pratiquait le tétanos, c'est-à-dire la contraction permanente, au moyen d'excitations électriques, Ch. Richet a établi une relation entre le temps t de la durée du tétanos, le poids P auquel le muscle faisait équilibre et le poids n du muscle; il s'est trouvé, en effet, que, lorsque le poids P n'était ni trop fort ni trop faible, on avait sensiblement :

\/Px"i

= constante.

Haughton, en opérant sur l'homme, est arrivé à une formule différente de la précédente II a déterminé le temps maximum pendant lequel on peut maintenir le bras tendu horizontalement et immobile, la main étant chargée de poids variables. L'expérience doit être chaque fois poussée jusqu'au moment où la fatigue musculaire est telle que le sujet laisse tomber le bras par suite de l'impossibilité absolue dans laquelle il se trouve de le maintenir plus longtemps tendu horizontalement. En représentant alors par W le travail produit, évalué comme nous l'avons dit plus haut en multipliant le poids par la durée T de l'expérience, Haughton a trouvé que :

Tjr — W X — = constante.

Haughion adonné à l'expression le nom de vitesse du travail;

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