‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 42 sur 397 · LEVIERS MULTIPLES · texte numérisé non relu

LEVIERS MULTIPLES

La condition d'équilibre de l'un quelconque des leviers du corps humain est la môme que celle des leviers ordinaires : égalité des moments de la puissance et de la résistance. Mais il importe de remarquer que, par suite de la fixité des points d'insertion des muscles, les bras de levier de la puissance et de la résistance varient en général à mesure que le levier osseux se déplace.

Il importe de remarquer qu'un muscle agit rarement seul et qu'un mouvement déterminé d'une partie du squelette résulte en général de l'intervention de tout un groupe de muscles ; il n'est pas toujours facile alors d'assigner avec exactitude la part de chacun des muscles dans le mouvement résultant. Les faits pathologiques de contracture et de paralysie fournissent sur ce sujet des renseignements importants, de môme que la méthode de faradisation localisée de Duchenne de Boulogne. •

61. Leviers multiples mus par un même muscle. — Plusieurs leviers osseux peuvent être mus simultanément par l'action d'un seul et môme muscle. C'est le cas, par exemple, des phalanges des doigts et des fléchisseurs et extenseurs communs.

Soit, en particulier, l'extenseur commun des doigts. Nous pouvons représenter schématiquement les articulations des phalanges entre elles et avec les métacarpiens par une poulie, de rayon convenable, située dans le plan des axes des deux os dont elle représente l'articulation. On obtient ainsi une sorte de moufle dans lequel le centre de chaque poulie décrit un arc de cercle autour du centre de la poulie précédente.

Soient A et B les insertions du muscle, 0, 0', C" les centres des poulies par lesquelles nous remplaçons les articulations successives. Le tendon qui passe sur chacune de ces poulies est partout également tendu; on peut donc remplacer les portions MA, M'N, M"N', BN" de ce tendon par autant de forces égales à la force de contraction du muscle. Chacune de ces forces peut être décomposée en deux aut.-'es, l'une parallèle à l'axe de l'os à l'extrémité duquel elle agit, l'autre perpendiculaire à cet axe. La première de ces deux composantes a pour effet d'appliquer chaque pièce mobile contre la pièce précédente ; la seconde engendre un mouvement de rotation. De là cet avantage, à savoir que : l'effet produit par l'extenseur commun est celui que l'on obtiendrait en appliquant à chaque levier osseux une force égale à lu force de

MÉCANIQUE ANIMALE, contraction du muscle. Mais par contre, si l'on représente pan

r,r', r" les rayons des diverses? ^ poulies, par /3, , les angles?

dont chaque levier osseux ai tourné lorsque le muscle s'est raccourci d'une quantité L, par «l'angle dont ce même muscle ferait tourner un levier unique en se raccourcissant de la même quantité L et en agissant sur une poulie de rayon R, il est facile de démontrer que l'on a :

r/3-f-r'/3' + r"iS".-=R«.

Si nous supposons, pour plus de simplicité, que l'on ait :

r = r' = r' = R, il vient :

c'est-à-dire que : la somme des rotations des divers leviers osseux mus par un seul et môme muscle est égale à la rotation que ce muscle déterminerait en agissant sur un levier unique et en se raccourcissant de la même quantité.

Dans ce cas donc, comme dans celui du levier, à un avantage sous le rapport de la force correspond un désavantage en ce qui concerne la grandeur des déplacements.

62, Mouvements associés des leviers osseux. — La subdivision du corps humain en un assez grand nombre de parties, mobiles les unes par rapport aux autres, présente des avantages de divers ordres. Outre qu'elle nous permet de réaliser une extrême variété d'altitudes nécessitées par les besoins de l'exis-

Fig. 24. — Muscle agissant simuUanémeiit sur plusieurs leviers.

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