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Travail total dépensé aux différentes allures

i Les nombres cités plus haut, comme valeurs des diverses parties du travail total, sont relatifs à un demi-pas (élévation et abaissèment du centre de gravité) d'une marche lente qui correspond

1; à une cadence de 40 pas à la minute. Les diverses parties de ce

travail total varient d'ailleurs avec l'allure; il en est de même évidemment du travail total qui, égal en effet à 9 kilogrammètres pour chaque demi-pas de la marche lente, s'élève à 24 kilogrammètres pour chaque demi-pas de la course la plus rapide. En tenant compte du nomhre de pas elîectués à ces allures extrêmes, ou trouve que le travail total varie de G kilogrammètres (marche lente) à 56 kilogrammètres (course la plus rapide) par seconde.

Les diverses parties du travail total ne sont pas d'ailleurs influencées de la même manière par les changements d'allures, comme le montre très nettement la figure 41 construite par Marey

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Fig. 41. — Valeurs relatives du travail, dépensé dans les différeats actes qui constituent m pas, pendant la marche ou la course à différentes cadences, sur un terrain ferme et horizontal.

et Demeny. Les moitiés gauche et droite de cette figure sont relatives, la première à la marche, la seconde à la course. Sur l'axe horizontal sont portés les nombres de pas effectués en une minute, et, parallèlement à l'axe vertical, les valeurs des diverses parties du travail total, parties distribuées de bas en haut, à la suite les unes des autres, dans l'ordre suivant : 1° valeur du travail dépensé pour le mouvement du membre inférieur; 2° valeur du travail correspondant aux oscillations verticales du centre de gravité; 3" valeur du travail dû aux accélérations et aux ralentissements de la vitesse de translation du corps. Cette figure met en évidence plusieurs faits importants :

TRAVAIL AUX DIFFÉRENTES ALLURES. 111 a Les courbes inférieuret;, qui se confondent presque avec des lignés droites, montrent que le travail relatif au mouvement du membre inférieur croît d'une manière sensiblement proportionnelle à l'accélération de la cadence.

Eq outre, pour la môme allure de 90 pas à la minute, ce travail est plus grand dans la marche que dans la course. Ce fait s'explique facilement en tenant compte des durées relatives de foulée et de levée dans les deux allures. Les figures 37 et 38 montrent en effet, comme nous l'avons fait remarquer déjà, que dans la marche la durée de l'appui de chaque pied est supérieure au temps pendant lequel le membre correspondant oscille librement sans toucher le sol, tandis que c'est l'inverse dans la course. Pour la même cadence de 90 pas à la minute, le temps dont dispose le membre inférieur pour effectuer l'oscillation libre est donc plus grand dans la course, plus petit dans la marche ; dans ce dernier cas, les muscles chargés d'accomplir cette oscillation auront donc à communiquer au membre une vitesse plus grande et par suite à développer une force plus intense, à cause même du temps moindre dont ils disposent. De là, somme plus considérable de travail que ces muscles ont à effectuer, si toutefois les longueurs des pas sont sensiblement égales, ce qui a lieu, en effet, comme l'indiquent les courbes pointillées de la figure 42.

h. Les courbes moyennes de la figure 41 montrent que le travail dépensé pour les oscillations verticales du corps augmente rapidement, dans la marche, pour les allures de 55 à 70 pas à la minute et diminue ensuite; dans la course, ce même travail, plus grand d'abord que dans la marche, diminue rapidement dès que la cadence s'accélère. Le poids du corps étant d'ailleurs constant, ces variations du travail sont en rapport direct avec la grandeur des oscillations verticales du centre de gravité. Cette diminution du travail démontre donc que, lorsque la cadence s'accélère, la trajectoire du centre de gravité s'élève moins dans le sens vertical, et tend à devenir rectiligne ; ce fait correspond en somme à une meilleure utilisation des forces mises en jeu, car, dans la progression en avant, les déplacements verticaux du centre de gravité sont une cause de fatigue sans production de travail utile.

c. Le travail correspondant aux variations de vitesse suivant l'horizontale, et sur l'évaluation duquel il y a des réserves à faire,

ainsi que nous l'avons dit, est mesuré parles portions d'ordonnées comprises entre les courbes moyenne et supérieure de la figure 41 • ce travail croit assez régulièrement avec la rapidité de la cadence!

70. Rapport entre le travail et le chemin parcouru. — Nous ne saurions mieux faire, pour mettre en relief l'importance des conséquences pratiques que l'on pourra déduire des admirables travaux de Marey, que de reproduire textuellement les conclusions suivantes de l'auteur :

a. De ces mesures on peut tirer des applications à la meilleure utilisation des forces musculaires dans la marche et dans la course, suivant le but que l'on se propose et qui sera tantôt de faire le plus long parcours possible avec la moindre dépense de force.

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Fig. 42. — Comparaison du travail à l'heure et au kilomètre dans les allures dont la cadence s'accélère régulièrement; variations correspondantes de la vitesse.

tantôt de franchir une certaine distance dans le temps le plus court possible.

» On devra non seulement recourir à des allures différentes, mais régler chacune d'elles sur la cadence la plus favorable.

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