‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 54 sur 397 · NATATION ET VOL · texte numérisé non relu

NATATION ET VOL

»La fig. 41 montrait déjà que, pour la marche, dans les cadences rapides, à partir de 70 doubles pas à la minute, la dépense de travail croît rapidement ; que pour la course, le travail total, assez grand aux cadences les plus lentes, diminue d'abord quand la fréquence du pas s'accroît, puis augmente de nouveau. Il y a donc, pour chaque allure, certaines cadences particulièrement favorahles ; ce sont celles où la vitesse croît plus vite que la dépense de travail.

«D'autres considérations doivent intervenir encore pour motiver le choix, des allures. Il ne faut pas que la dépense de travail se fasse en un temps trop court, sans quoi la réparation des forces musculaires n'arriverait plus à compenser la fatigue. On peut soutenir impunément une longue marche au bout de laquelle on aura dépensé un grand travail, tandis qu'une course rapide épuiserait en très peu de temps la force musculaire avec une dépense de travail beaucoup moindre.

»Il y a donc lieu de déterminer pour chaque allure la dépense de travail à l'heure et au kilomètre, ainsi que les relations de la vitesse avec la cadence (fig. 42). D'autre part, il faudra répéter sur un grand nombre de sujets ces études qui n'ont porté jusqu'ici que sur deux hommes et chercher l'influence du poids, de la taille, de la charge portée , de la pente et de la nature du terrain.»

71. De la Natation et du vol. — Les locomotions sous-aquatique et aérienne différent de la locomotion terrestre en ce que le mobile est complètement immergé dans un milieu fluide, eau ou air, au lieu de prendre appui sur un corps solide résistant, le sol. Ces deux genres de locomotion diffèrent entre eux en ce que le volatile est plus lourd que l'air, tandis que l'animal aquatique est d'une densité moyenne peu différente de celle de l'eau ; l'air en outre est un milieu éminemment compressible et élastique, l'eau au contraire est incompressible.

Le corps des animaux aquatiques, comme d'ailleurs celui des volatiles, peut se schématiser en un ovoïde symétrique de droite à gauche par rapport à un plan médian passant par l'axe du corps, mais dissymétrique d'avant en arrière et de haut en bas. La partie effilée de l'ovoïde est postérieure et terminée par une palette, queue ou nageoire caudale ; les parties latérales sont également munies d'appendices élastiques, ailes ou nageoires pectorales.

Le principal organe de la propulsion est l'aile chez les volatiles, Imbert. — Physique médicale.

114 MÉGANIQUE ANIMALE. I

la queue chez les animaux aquatiques ; celle-ci pousse surtouii' d'arrière en avant, les ailes poussent non seulement d'arrière ec ' avant, mais encore de bas en haut.

La méthode graphique et la chronopholographie ont été appli- i quées par Marey à l'étude du vol .Mais, par suite delà complexité des* formes et des mouvements de l'aile dont les courbures varient d'un ^ point à l'autre et d'un moment à l'instant suivant, il ne semble pas ( que la chronopholographie soit d'une manière générale aussi bi( n , adaptée à l'étude du vol qu'à celle de la locomotion de l'homme j dont les membres, de forme générale rectiligne, forment un systèmel rigide articulé et se déplacent presque toujours dans un mémel plan. Du moins l'étude géométrique etauatomique de l'aile semble j devoir être indispensable pour établir une théorie du vol. Sans ! entrer à ce sujet dans des détails qui ne sauraient trouver place , ici, nous résumerons dans leurs traits principaux les travaux i d'Amans» sur cette question.

Pour avoir une idée nette de la forme complexe de l'aile, il est;| bon de considérer la forme des sections obtenues en la coupant par: des plans verticaux parallèles au plan médian longitudinal du corps. . Un premier fait ressort ainsi, c'est que l'épaisseur de l'aile vaem diminuant de l'avant à l'arrière et de la base, en contact avec le: corps de l'animal, au dislum on région la plus périphérique. L'aile est en outre concave sur sa face inférieure, convexe sur sa face supé- i rieure; la courbure, dans les sections verticales parallèles au plan médian, va en augmentant d'abord et diminue ensuite à mesure, qu'on se rapproche du distum, où elle est presque nulle.

Si l'on projetait sur le plan médian le contour apparent de l'aileî dans les diverses sections dont il vient d'être parlé, on verrait que? les courbes de ces contours ne sont pas parallèles, mais paraissent avoir subi, chacune par rapport à la suivante, une sorte de rota-tion qui s'effectuerait d'abord dans un sens, puis en sens inverse! pour les sections les plus éloignées de la base. Il en résulte que' l'aile présente, dans sa surface, une torsion dans un sens, quant ài

■ ' Amaas ; Comparaisun des organes du vol dans la série animale i (Thèse, Fac. Se. Paris, 1885i, Ann. Se. nat. Zool, tom. XIK, 1885 et; Comparaison des organes de la locomotion aquatique, inn. Se. nat. Zool, 7e série, lom. VI, 1888.

Page 1