PHYSIQUE MÉDICALE
1, Phénomènes physiques, chimiques et physiologiques.
— Les corps matériels bruts ou vivants, dont l'existence nous est révélée par nos sens, peuvent être étudiés quant à leur forme et à leurs caractères semblables ou distinctifs ; c'est là l'objet des sciences naturelles. Ces mêmes corps peuvent aussi être considérés au point de vue de leurs maaifestatioDs, des modifications qu'ils peuvent subir, c'est-à-dire àes phénomènes dont ils sont le siège; cette étude est la part des sciences physiques.
L'ensemble des phénomènes dont s'occupent les sciences physiques a été divisé en trois catégories ; cette distinction est basée soit sur la nature des corps sièges des phénomènes, soit sur la nature même des phénomènes à étudier.
Les investigations de la science ont conduit à considérer la matière comme discontinue et formée de particules extrêmement petites, indivisibles, auxquelles on a donné le nom d'atomes. Des atomes de même nature, ou de nature différente, s'associent en nombre variable, et suivantdes modes divers de groupements, pour former de petits édifices plus ou moins stables, appelés molécules, de dimensions encore trop faibles pour être directement accessibles à l'observation. Les corps matériels sont des assemblages de ces édifices, et leurs parties constituantes, indivisibles, sont identiques ou différentes entre elles suivant que ces corps sont simples ou composés.
Imbert. — Physique médicale. i
Ceci admis, et l'hypothèse que nous venons d'énoncer est d'accord avec tous les faits d'observation sans être en contradiction arec un seul, on peut établir entre les trois catégories de phénomènes physiques les distinctions caractéristiques suivantes : les uns, phénomènes physiques proprement dits, ne s'accompagnent d'aucune modification de la molécule dont les atomes ne changent ni de nombre, ni de nature, ni de position relative ; les autres, ceux auxquels on a donné le nom de phénomènes chimiques, entraînent toujours une modification dans le nombre, la nature ou le mode de groupement des atomes qui constituent l'édifice moléculaire ; la troisième catégorie, celle des phénomènes appelés physiologiques, comprend tous les phénomènes qui se manifestent dans les corps vivants. Les phénomènes physiologiques ne sont d'ailleurs pas d'une nature particulière ; généralement fort complexes, ils sont comme la résultante d'un nombre plus ou moins grand de phénomènes simultanés, physiques et chimiques.
2. Objet de la physique médicale. — La physique médicale doit satisfaire à un double but : faire l'étude des phénomènes physiologiques d'ordre physique, et montrer comment les lois et les procédés d'investigation de la physique générale peuvent être utilisés pour le diagnostic et le traitement des maladies.
3. Observation et expérimentation.— L'expérience de tous les jours nous montre que tout fait est dû à une cause. Il eu est ainsi en particulier des phénomènes physiques ; leur étude comprend en conséquence la détermination des causes diverses qui influent sur leur nature ou sur leur grandeur et la mesure de la part relative de ces diverses causes dans leur production.
Pour faire l'étude d'un phénomène on emploie deux procédés, Vobservation et V expérimentation .
Observer un phénomène, c'est rechercher, au moment où il se produit naturellement, les diverses circonstances qui influent sur sa production et noter les diverses particularités qu'il présente. Ce procédé d'investigation est le plus souvent insuffisant pour arriver à la connaissance des causes dont dépend le phénomène étudié, et l'on a recours alors à l'expérimentation.
Expérimenter, c'est provoquer la production d'un phénomène en modifiant les circonstances dont il dépend ou dont il paraît dépendre, de manière à reconnaître les causes diverses auxquelles