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MESURE DE LA VITESSE DU SANG

I volume connu de cette ampoule. Les ampoules pouvaient d'ail- Jleurs tourner au moyen d'un collier 5 5', 6 6' de manière à chani^er respectivement de place, et l'expérience pouvait ainsi être 1 recommencée plusieurs fois de suite. L'inconvénient de cette dis- ^ position, comme celui de la précédente, est d'introduire des résistances nouvelles qui ne paraissent pas négligeables.

La méthode employée par Solera et Gapparelli présente des inconvénients analogues ; le sang arrivant par le bout central de l'artère était reçu dans un réservoir, en caoutchouc mince, plongé dans un vase qui contenait une solution alcaline et était mis en communication avec le bout périphérique du vaisseau. La vitesse était déduite de la quantité de sang écoulé pendant un temps donné et du calibre de l'artère.

L'hémotachomètre de Vierordt (fig. 65) repose sur un principe différent: une caisse étroite, dont deux faces opposées sont en verre, est munie de deux ouvertures que l'on met en communication avec les deux bouts d'un vaisseau coupé ; en face de l'ouverture par laquelle arrive le sang se trouve l'extrémité élargie d'un pendule dont la déviation peut être mesurée au moyen d'une graduation circulaire. On démontre que la vitesse v est liée à l'angle de déviation i du pendule par la formule :

v=- k yjtgi,

dans laquelle k est une constante que l'on détermine par des expériences préalables faites sur un liquide aussi semblable que possible au sang et traversant la caisse avec des vitesses connues.

En prolongeant le pendule hors de la caisse et le munissant d'un style, Vierordt a transformé son instrument en appareil enregistreur.

h'hémodromographe de Ohauveau est un appareil enregistreur fondé sur le principe utilisé par Vierordt. Le dernier modèle de cet appareil est représenté sur la figure 66. Le tube TT est réuni aux deux bouts du vaisseau à l'intérieur duquel on veut mesurer la vitesse. Une tige L, réunie à un tambour, lequel est mis en communication avec un deuxième tambour enregistreur, se prolonge

. — Hémolachomètre de Vierordt.

PESANTEUR

jusqu'au niveau du tube TT, où elJe se termine par un disque perpei

diculaire à l'axe du tube ; la cûU[ de cette partie de l'appareil, su vant un plan passant par la tiji.

L et perpendiculaire à l'axe d tube TT, est représentée fig. 6:

on y voit en p le disque termin; qui obture en partie la luraièred tube T et en m une membrane caoutcbouc que traverse la tige I Le tube TT est en outre réuii par un ajutage latéral avec u sphygmoscope de Marey 8 (fij 66), destiné à l'inscriptiou de i tension sanguine.

Oommedmsj'bémotachoraètrf la déviation du disque p, et p{ suite de l'autre extrémité L de '.

tige, ainsi que celle du levier d tambour inscripteur, sont en raj port avec la vitesse duliquide qi traverse le tube TT.

Marey a utilisé, pour mesure la vitesse du sang, le principe d( tubes du Pitot. Soit un tuyau ' (fig. 68), à l'intérieur duquel s'i coule un liquide dans le sens indï qué par lesflècbes et qui estmun d'une série de tubes piézométn ques ; si deux de ces tubes, pi i Pa, pénètrent à l'intérieur deTi' sont recourbés comme l'indiqui la figure, les sommets des coloi nés liquides y seront, l'un p^ au dessus, l'autre pa 3u-de?sous d ;i la ligne ab sur laquelle sont rc

Fig.66 -HémodromographedeChauveau. ^^^^-^ goQjmetS dss COlOHDf

des autres tubes piézométriques.' On conçoit d'ailleurs que l'élévr

MESURE DE LA VITESSE DU SANG. 193 Ml de niveau en et l'abaissement en p., doivent dépendre, sui-

,aQt une certaine loi, de la vitesse d'écoulement >p

1 l'intérieur de T.

L'appareil de Marey (fig. 69) se compose de ;deux tubes, analogues aux tubes pi et de la

QtTure 68 et réunis cbacun à un tambour spécial ^'/C B dont les membranes en caoutcbouc sont i.< reliées à un même levier, de telle sorte qu'une I compression en B et une diminution de pression / en A fassent tourner ce levier dans le même sens, î Ce même levier est d'ailleurs réuni à un troisième J tambour 0, mis lui-même en communication iavec un tambour inscripteur.

\ Cybulsky a utilisé aussi les tubes de Pitot ;

mais il a pu supprimer toutes les parties acceslires de l'appareil de Marey en photographiant

les positions successives des sommets des colon- ,. nés sanguines qui s'élèvent dans les tubes. Par ï suite de cette simplification, les indications de

rinstrument sont plus en rapport avec les valeurs ;|(absolues de la vitesse du sang. Fig 67 — coupe de

T -iiz-ii juT j l'hémodromographe

Les appareils de C-bauveau, de Marey, de de chauveau. i Cybulsky peuvent évidemment faire connaître les valeurs absolues

Fig. 68 — Tubes de Pitot.

de la vitesse d'écoulement du sang si l'on compare les tracés Imbert. — Physique médicale. 13

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obtenus au moyen de ces appareils à ceux que fournit un liquide qui s'écoule avec des vitesses préalablement mesurées.

Mais tous les appareils que nous venons de décrire ne sont utilisables que pour des vaisseaux, artères ou veines, d'un calibre assez gros. Aussi, pour mesurer la vitesse du sang dans les capillaires, a-t-il fallu avoir recours à d'autres procédés. Le mieux, dans ce cas, est d'observer directement les capillaires au microscope lorsque la cbose est possible, c'est-à-dire lorsque les capillaires sont situés dans un tissu transparent; cette condition se trouve réalisée dans certaines parties du corps de quelques animaux.

Vierordt a utilisé, pour mesurer la vitesse du sang dans les capillaires, cbez l'bomme, la vision entoptique des globules rouges qui circulent dans les fins vaisseaux de la rétine. On arrive assez facilement à percevoir entoptiquement ces globules en dirigeant le regard sur une surface d'un blanc mat. Les globules apparaissent alors comme des points brillants qui se succèdent l'un à l'autre et suivent des trajets toujours les mêmes. Si l'on mesure la vitesse de déplacement de ces points brillants et la distance à l'œil de l'écran sur lequel on fait cette mesure, on peut en déduire, en supposant connues la position des points nodaux et la longueur de l'axe antéro-postérieur de l'organe de la vision, la vitesse de déplacement des globules dans les capillaires rétiniens.

Toutes les déterminations, effectuées au moyen des diverses méthodes que nous venons de passer en revue, ont montré que la vitesse du sang diminue à mesure qu'on s'éloigne de l'origine de l'aorte; cette vitesse reste sensiblement constante dans tout le réseau capillaire et augmente progressivement dans le système veineux à mesure qu'on la considère plus près du cœur. Les va-

Fig. 69. — Appareil de Marey t pour la mesure de la vitesse du sang.

MESURE DE LA VITESSE DU SANG. 195 leurs moyennes suivantes, qui expriment la vitesse en centimètres par seconde, mettent en évidence ces résultats :

52'=" Capillaire 0°-.05 à 0'".0t

AÎLe'caVotide*. 26 Veine jugulaire 22'"

— faciale 16

Ces nombres ne variant pas d'une façon sensible cbezies divers arands mammifères, il y a lieu de croire qu'ils représentent aussi approximativement la vitesse d'écoulement du sang dans les vaisseaux correspondants de l'bomme.

Les variations de la vitesse du courant sanguin dans les divers vaisseaux sont en rapport avec ce que l'Anatomie nous enseigne relativement au calibre total de l'arbre circulatoire à diverses distances du cœur; elles sont en conséquence conformes aux coqclusions de l'bydrodyoamique.

Malgré ces variations de la vitesse de la circulation, il est évident qu'il doit passer, pendant le même temps, des quantités égales de sang à travers une section quelconque de l'arbre circulatoire ; s'il D'en était pas ainsi, en effet, il se produirait, dans telle ou telle région, des vides dont on n'a jamais constaté l'existence. D'autre part, l'expérience montre, ainsi que nous l'avons dit plus haut, que la résistance est moins grande dans la petite circulation que dans la grande, puisque la pression latérale y est à l'origine plus faible. Si donc les forces motrices des deux ventricules étaient égales, il en résulterait que la dépense par l'artère pulmonaire serait plus grande que par l'aorte; l'égalité de dépense ne parait donc compatible qu'avec une force motrice plus faible du ventricule droit. Cette conclusion est en quelque sorte vériGée par ce fait analomique que la masse musculaire du cœur droit est plus petite que celle du cœur gauche. Il est d'ailleurs probable, ainsi que l'a fuit remarquer Wundt, que les deux cavités cardiaques s'adaptent, pendant la vie intra-utérine, aux conditions exigées par l'égalité <le la dépense dans les deux systèmes circulatoires ; la différence qui existe, au point de vue musculaire, entre les deux cœurs droit et gauche serait dès lors la conséqifeuce de celte nécessité physiologique .

108. Force motrice et travail du cœur. — Les résultats numériques, fournis par les méthodes que nous venons de faire

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connaître, permettent d'évaluer approximativement en kilogrammètres le travail effectué par le ventricule gauche à chaque systole, si l'on peut déterminer en outre la quantité de sang lancé dans l'arhre circulatoire par chaque contraction ventriculaire.

Le travail total Tm du ventricule se compose, en effet, 1° du travail Tu nécessaire pour communiquer à la masse m de sang, qui pénètre dans l'aorte, la vitesse v que les expériences décrites nous ont fait connaître, 2° du travail Tr nécessaire pour vaincre les résistances opposées à la circulation ; on a donc ;

Tm =^ Tu -f- Tr •

Or le sang étant au repos dans le ventricule tandis qu'il est animé d'une vitesse v dans l'aorte, le travail utile Tu, mesuré par la demi-variation des forces vives, est :

Représentons par V la vitesse inconnue que la contraction ventriculaire communiquerait à la même masse m de sang, si l'écoulement de celui-ci ne rencontrait aucune résistance ; on voit que les résistances existantes ont pour effet de diminuer la vitesse V jusqu'à l'amener à être égale à v. Ces résistances effectuent donc un travail Tr mesuré par la demi- variation de force vive qu'elles; provoquent, en sorte que l'on a :

Soient H et /i les hauteurs des colonnes sanguines, inconnues; d'ailleurs, qui communiqueraient au sang, l'une la vitesse V, l'au- • tre la vitesse i; ; on a, d'après la loi de Toricelli :

u2 = 2 gh.

Si l'on remplace en outre m par sa valeur E. , p étant le poids de t

la masse m de sang, la valeur de Tr deviendra :

Tr = ^ {2gl{-2gh)=p [U-h).

Or, si l'on néglige la faible quantité de force motrice initiale qui :

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