‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 80 sur 397 · TRA.VAIL DU CŒUR. IS · texte numérisé non relu

TRA.VAIL DU CŒUR. IS

,5t nécessaire pour vaincre la résistance au passage au moment où le sang pénètre dans l'aorte, la différence H- /i représente la hauteur de liquide employée à vaincre les résistances le long des tuyaux d'écoulement. Cette différence n'est donc autre chose quR la pression latérale R à l'origine de l'aorte, pression que les méthodes exposées plus haut ont fait connaître. On a donc :

et par suite ™ ~ rP'-'^^

ou, en remplaçant m par - :

t„=|;+pr=p(r+|

Or, nous savons que, à l'origine de l'aorte, R est équivalant à une colonne de mercure de 15 centim. environ, ouàune colonne de sang d'à peu près 2 mèt. de hauteur ; en outre v est, au même niveau, sensiblement égal à O-^-SO. Il suffira donc de déterminer p pour pouvoir calculer Tm en kilogrammètres.

La valeur de p peut être déterminée approximativement de plusieurs manières. Après avoir extrait le cœur, on peut remplir ses cavités d'un liquide de densité connue et déduire le volume du liquide de l'augmentation de poids constatée ; on peut aussi mesurer sur le vivnnt le nombre n de systoles pendant un temps donné, calculer ensuite, au moyen de la vitesse moyenne et du calibre de l'aorte, le volume de sang écoulé pendant le même temps et en déduire le volume v de sang lancé par chaque contraction ventriculaire. Les déterminations ainsi faites ont montré que chaque systole lan(;e dans l'aorte un poids de 180 gram. environ de sang. Remplaçant alors p par, 0.180, R par 2 et u par 0.50 dans l'expression de Tm, on trouve pour travail accompli parle ventricule gauche à chaque systole :

Tm =0'^s°'.362.

Le travail par seconde, par heure ou par 24 heures s'obtiendra dès lors en multipliant le nombre précédent par le nombre de contractions effectuées pendant une seconde, une heure ou 24 heures.

198 PESANTEUR

On voit que l'on peut calculer approximativement Tm sans connaître la force motrice totale du cœur. Ce n'est pas cependant que des déterminations directes de cette force n'aient été tentées; Cbauveau et Marey ont, à cet effet, introduit dans les diverses cavités du cœur d'un animal vivant des ampoules élastiques qui communiquaient avec des manomètres. Les nombres trouvés ainsi ont été, chez le cheval :

Oreillette droite 2""". 5

Ventricule droit 25"""

Ventricule gauche 128"""

Ces nombres, exprimés en milUmètres de mercure, mettent nettement en évidence les différences de force de contraction des diverses cavités, mais il ne semble pas que l'on doive accorder grande confiance àleurs valeurs absolues, car ils sont inférieurs aux valeurs trouvées pour la tension sanguine, qui n'est cependant qu'une partie de la force de contraction du cœur.

109. Lympho-dynamique. — Le sang artériel, arrivé au niveau des capillaires, retourne au cœur par deux voies : une partie du liquide sanguin suit le chemin direct constitué par les veines ; l'autre partie transsude, grâce à la pression latérale, à travers les parois des vaisseaux capillaires, et l'excès du liquide non utilisé: dans les tissus est repris par les capillaires lymphatiques, qui le déversent dans les veines au voisinage du cœur.

« Le système lymphatique peut être considéré comme une annexe du système veineux prenant naissance dans l'intimité des tissus; par un nombre infini de petits vaisseaux en communication directe, , à leur origine, avec les interstices anatomiques, et présentant lai disposition ramifiée du système veineux; les capillaires lympha-tiques, en effet, se réunissent successivement les uns aux autres; et finissent par constituer deux troncs principaux, le canal thora-cique qui se jette dans la veine sous-clavière gauche, et la grande? veine lymphatique, souvent multiple, qui se rend dans la veine? sous-clavière droite. Les lymphatiques renferment dans leur inté-* rieur, de distance en distance, des valvules d'une dispositioui spéciale qui s'opposent au reflux du liquide . im

»La force qui opère l'écoulement de la lymphe et du chyle estl multiple : c'est, d'une part, la pression latérale du sang qui déter-^ • mine une transsudation continuelle de sérosité dans les espaces ?

LYMPHO-DYNAMIQUE. 199

lymphatiques, et, d'autre part, la force osmotique qui remplit les hvlifères des sucs élaborés par la digestion ; il y a la une donb e .force continue constituant la uis a fer^o. Une autre cause, très nuissante suivant certains physiologistes, réside dans la contracîilité de l'enveloppe qui, en raison de la présence des valvules, chasse le contenu des lymphatiques vers le canal thoracique. On sait que les lymphatiques des reptiles portent, de distance en distance des poches musculaires, véritables cœurs lymphatiques, qui établissent une certaine analogie entre le cours de la lymphe et celui du sang. La contraction des muscles environnants agit de la même manière que celle des parois des lymphatiques. A toutes ces causes s'ajoutent les mouvements respiratoires : l'inspiration appelle par aspiration, la lymphe dans le thorax ; l'expiration la chasse du réservoir de Pecquet, par suite de la compression qu'exercent les muscles abdominaux. Une valvule puissante, située Pà l'orifice du canal thoracique, s'oppose au reflux du sang veineux*.»

La vitesse d'écoulement de la lymphe, comme celle du sang, augmente à mesure qu'on la considère plus loin de l'origine des lymphatiques, et la raison de cette augmentation est la môme dans les deux cas; le calibre total des lymphatiques, comme celui des veines, diminue, en effet, à mesure qu'on s'approche du cœur. Dans le canal thoracique d'une vache, Colin a trouvé que cette vitesse est égale à 2'='" . 5 .

La pression latérale dans les vaisseaux lymphatiques a pu être mesurée au moyen des appareils décrits plus haut pour le sang. NoU et Weiss l'ont trouvée comprise, dans le tronc lymphatique droit des chiens, entre 18 et 30 millim. d'une solution saline de densité égale à 1.08.

1 Moaoyer ; Application des Sciences physiques aux théories de la circulation. Thèae d'agrég. Strasbourg, 1863.

PESANTEUR

Page 1