‹ Traité élémentaire de physique (volume 2)Chapitre 18 sur 39 · OU OH : 10 : : CH : CI · texte numérisé non relu

OU OH : 10 : : CH : CI

Ainsi le centre optique partage l'épaisseur de la lentille en deux parties proportionnelles aux rayons des faces auxquelles elles aboutissent : il résulte de là que, si les faces ont même courbure, le centre optique de la lentille est au milieu de son épaisseur, et que , si une des surfaces est plane, le centre optique coïncide avec le point où l'axe de figure rencontre la face courbe.

H résulte de ce qui précède qu'un rayon incident dont le rayon réfracté passe par le centre optique n'éprouve point de déviation en sortant de la lentille ; mais, si nous considérons d'autres rayons incidents voisins du premier, les rayons émergeuts correspondants seront déviés {fig. 700 ) , et rencontreront le premier en un point qui sera le foyer. Pour en déterminer la position , soit P le point lumineux, et o le centre optique, xy l'axe optique, le rayon po sortira sans dévialiou ; soit PD un autre rayon parallèle à l'axe optique de la lentille , le rayon

émergent correspondant coupera l'axe xy au point F, foyer principal de la lentille, et PO en un point P% qui sera le foyer conjugué de P ■■ or, en conservant les notations précédentes, et en considérant la figure PDFP 1 comme un triangle, ce qui rtvienl à négliger l'épaisseur de la lentille, on a

PP* : OP / : : PD : OF OU p + p' : p' : : p : a,

attendu que PD et PO ne différent que d'une quantité de Tordre de l'épaisseur de la lentille , que nous regardons comme assez petite pour être négligée. Cette dernière formule donne

Ainsi dans tous les cas la formule est la même ; seulement , quand le point lnmineux n'est pas sur Taxe de figure , Taxe optique est une ligne brisée qui passe par le centre optique.

Ce résultat n'est cependant qu'une approximation bien grossière : aussi lés conséquences qu'on en déduit ne sont pas confirmées par l'expérience. Il résulte du calcul que nous venons de faire que le foyer principal est toujours à la même distance de la lentille , quelle que soit la direction des rayons incidents par rapport à l'axe de la lentille ; et il n'en est point ainsi : on trouve par expérience que le foyer se rapproche de la lentille à mesure que les rayous incidents sont plus écartés de l'axe quand la lentille est bi-convexe ; et que le contraire a lieu quand la lentille est concave-convexe , convergente , et que les rayons incidents entrent par la surface concave.

Si le faisceau de lumière qui vient rencontrer la lentille était convergent au lieu d'être divergent , comme nous l'avons toujours supposé, il faudrait changer le signe de p clans la formule : dans ce cas le foyer devient virtuel quand il se trouve du côté de la lentille opposé à celui on se trouve le point de concours des rayons incidents. Il serait facile , d'après cela , de trouver le foyer relatif à un nombre quelconque de lentilles dont on connaîtrait les courbures et les positions. Dans tous les cas , les formules précédentes ne sont qu'approximatives , car dans toutes nous avons négligé l'épaisseur de la lentille. Les formules exactes s'obtiendraient facilement en faisant A' G = AG- + c : on obtiendrait alors des formules assez compliquées , qui ne sont d'aucun usage. Lorsqu'on suppose la lentille terminée par une seule enveloppe sphérique pleine d'eau , pour laquelle n = g , on trouve en ayant égard ù l'épaisseur de la lentille que la distance focale principale est égale au rayon de la sphère , résultat fort remarquable.

En discutant la formule générale qui lie les distances du point lumineux et du foyer à la lentille, on trouvera facilement pour ces deux points les positions relatives que nous allons décrire. Supposons d'abord que la lentille soit convergente : si le point lumineux est à l'infini, le foyer conjugué se trouve derrière la lentille et au foyer principal; à mesure que le point lumineux s'approche, le foyer conjugué s'éloigne de la lentille, et se trouve à l'infini lorsque le point lumineux est arrivé à la dislance du foyer principal; si le point lumineux continue à s'approcher, le foyer passe du même côté que le point lumineux : il est alors virtuel ; à mesure que le point lumineux continue à s'approcher de la lentille , le foyer s'en approche aussi davantage, et, quand le premier a atteint la lentille, le second y est arrivé. Pour une lentille divergente, lorsque le point lumineux est situé à l'infini, le foyer principal est du même côté et par conséquent virtuel; à mesure que le point lumineux s'approche, le foyer se rapproche aussi de la lentille; lorsque le point lumineux est arrivé à la distance focale principale, le foyer, toujours virtuel, est â la moitié de cette distance ; si le point lumineux continue à s'approcher, le foyer conjugué arrive sur la lentille en même temps que le point lumineux.

1243. Lorsqu'un corps lumineux est placé devant une lentille convergente, à une distance plus grande que la distance focale principale, chacun de ses points a un foyer particulier, et l'ensemble de tous ces foyers forme dans l'espace une image du corps

ÛW TRAITÉ ÎLèMFMTLW »E PHYSIQUE.

lumineux : cette image est toujours repveraee, parce que l'axe optique df chique point sur lequel se trouve le foyer «le ce point patte par le centre 4« M lentille. Ces image» peuvent être rendue» visibles en plaçant duos leur lieu un cartoo ou uo ferre

dépoli.

1244. Détermination des indices de réfrac tion. La connaissance de* indices de réfraction des corps diaphanes étant d'une très-haute importance, nous allons décrire les méthodes qui ont été employées pour les déterminer, et noua donnerons le tableau des résultats obtenu». Mais auparavant nous ferons remarquer que, les pouvoirs réfringents de I air et des gaz étant très-petits par rapport à ceux «les corps solides et liquides, on peut sans erreur sensible prendre pour indice d'un de ces corps celui que l'on observe quand la lumière passe de l'air dans ce corps ; et nous donnerons la définition de deux expressions qui se reproduiront souvent par la suite : on désigne sous le nom de pumance réfractive d'un corps le carré de l'indice de réfraction diminué de l'unité, et sous le nom de pouvoir réfringent la puissance refracUvc divisée parla densité, ou la puissance refractive sous l'unité de densité. Ces dénominations proviennent de ce que dans le système de l'émission la quantité n' — 1 représenté l'action du corps sur la lumière.

La détermination des indices de réfraction peut se faire d'un grand nombre de manières différentes : la suivante, qui est due à Newton, est la plus simple et la plus précise. Supposons d'abord qu'il s'agisse d'une matière solide. On commence par former un prisme ABC(fig. 761) avec cette substance, et on le met dans une position fixe de manière que ses arêtes soient verticales; on place au point M un cercle horizontal divisé dont l'alidade est garnie d une lunette renfermant un fil vertical ; on dirige la lunette sur une mire A', située à une grande distance ; on observe ensuite cette même mire vue par réfraction à travers le prisme, et on fait tourner ce dernier jusqu'à ce que la déviation du rayon réfracté sur le rayon direct ou l'angle b soit le plus pelit possible ; les angles d'incidence et d'émergence si et «' seront alors égaus, ainsi «pie les angles de réfraction x et x' ; et il est facile de reconnaître à l'inspection de la figure que , l'angle G étant a la fo;s le supplément des angles a et %x, on a x =

et que , l'angle *, qui représente la déviation parce que la mire est trèa-éloignée, étant un des angles extérieurs du triangle EKf , on a 6=2 (u — x) = 2 — |j , d'oùtt = q "t* Ainsi, en désignant par n l'indice cherché, on aura n = sin : sin |.

Par cette méthode on évite la mesure des angles d'incidence et d'émergence , qu'il serait indispensable de connaître dans toute autre position du prisme.

1245. Quant à la mesure de l'angle réfringent du prisme, on peut y parvenir de bien des manières différentes. Nous nous coulenterons d'exposer ici celles qui soot susceptibles de la plus grande exactitude. Soient H 4 et JC{ftg. 762) les deux faces d'un prisme; en un point quelconque M on placera un cercle répétiteur, dont le plan sojt perpendiculaire aux arêtes du prisme; on dirigera une des lunettes sur une mire o tics éloignée , et l'autre sur l'image de cette mire, vue par réflexion sur la face AB. suivant la direction MU ; les rayons Mo et Uo pouvant èlre regardes comme parallèles, l'angle a mesuré par lecarlenicnl des lunettes sera double de l'angle c : car a est le supplément de l'angle oUM t et ce dernier a aussi pour supplément les angles oMb < l MUA f égaux entre eux. On transportera ensuite le cercle répétiteur en un point A, situé de l autre côté, où I on opérera de la même manière, c'est-à-dire que l'on roe

surera l'angle b qne forment les lunettes du cercle, dirigées Tune sur un signal o' très-éloigné , l'autre sur l'image du signal vue par réflexion sur la face AC; l'angle* sera évidemment le double de l'angle c'. Enfin , d'un troisième point P, où l'on transportera le cercle , on dirigera les lunettes sur les deux mires o et o\ et on obtiendra l'angle d formé par les lignes Po et Po'. Or, si par le point P on mène deux droites

parallèles aux faces du prisme, il est facile de voir qu'on aura d = A -a ^ à,

11 serait beaucoup plus simple de se servir d'une seule mire très-cloignée , qu'on observerait directement, el par réflexion , sur les deux faces du prisme [fig. 7b3); il est facile de voir, à la seule inspection de la figure, qu'on aurait alors

1246. Pour obtenir l'indice de réfraction des substances liquides, on emploie un procédé analogue. On les introduit dans des prismes formés d'une masse de verre (f}g. 761) percée horizontalement d'un canal circulaire, et taillée en prisme sur les deux faces auxquelles il aboulit ; on ferme ce canal par deux plaques de glace , à faces bien parallèles, qui sont pressées par des vis ; la masse de verre est percée d'un autre petit canal ab, afin de pouvoir mettre et enlever les liquides sans déplacer les glaces.

De semblables prismes vides ne font évidemment éprouver aucune déviation au rayon lumineux : par conséquent , l'effet produit dans le cas où les lames sont partout d'égale épaisseur est entièrement dû au prisme liquide qui remplit le prisme creux ; mais, comme il est extrêmement difficile de se procurer des glaces dont les faces soient exactement parallèles, on commence par observer la dévialiou produite par le défaut de parallélisme , et on en corrige l'effet total.

11 existe plusieurs autres procédés pour déterminer les indices de réfraction des corps solides et liquides; nous en parlerons plus tard, lorsqu'il sera question du microscope et de la diffraction. Mais il en est uu facilement applicable aux corps solides et aux liquides que nous devons décrire ici.

1247. Soil ABC {fîg. 763) un prisme rectangulaire en C, formé de la substance diaphane dont on veut déterminer l'indice , et placé sur un support horizontal HS, sur lequel repose une tige TU, garnie d'une coulisse portant un cercle divisé et une lunette. La lunette étant d'abord placée en un point élevé du support, on verra les rayons lumineux entrés par AC; mais à mesure qu'un l'abaissera, les rayons réfraclés sur AC devenant plus obliques , il existera nécessairement une position où le point P cessera de laisser passer les rayons incidents entrés par AC, et où il réfléchira les rayons venus par AB. A cet instant, l'angle» sera égal à l'angle limite : or, on peut facilement déduire • de l'angle a, et du premier l'indice de réfraction, puisque son

sinus est égal à -.

On a sin J=cosc, sin c= - sin b , sinfr =cosa, et sin 4 = - , d'où l'on défi t»

«luit »»=rl + cos»a

1248. Si au-dessous delà surface AC on place une goutte M d'un liquide ayant

d'où

un pouvoir réfringent plus petit que la substance du prisme, on parviendra de la même manière à trouver la valeur de l'angle limite au moyen de l'angle a ; et comme le sinus de cet angle limite est égal au rapport de l'indice de réfraction du liquide à celui de la substatyc du prisme, on en déduira facilement ce premier indice quand le second sera connu.

Dans ce cas , les relations précédentes subsistent , excepté la dernière , qui devient sin I = : alors on trouve n" = n» — cos' a.

1249. Si, au lieu de placer en M un corps transparent, on y mettait un corps opaque , il existerait aussi un angle * sous lequel les rayons émanés de ce corps cesseraient de pénétrer dans le prisme, et où le point P réfléchirait tous les rayons arrivés par AB. On peut alors, à l'aide de cet angle limite, déterminer l'indice de réfraction du corps solide; mais pour ces corps, lorsqu'on admet le système de rémission , la formule n'est pas la même que pour les corps diaphanes. Nous reviendrons sur celte question quand nous parlerons du système de l'émission.

Il est important de remarquer que la méthode que nous venons d'indiquer suppose nécessairement que l'angle c est plus petit que l'angle limite « : car, s'il n'en était pas ainsi , le rayon n'émergerait pas ; et comme l'angle c est complément de l'angle t, la méthode n'est applicable qu'autant que « est plus grand que 45*. Elle n'est par conséquent pas applicable au verre ordinaire, pour lequel * excède peu 42°; maison peut, dans tous les cas , employer un prisme dont l'angle c soit aigu ; la formule qui donne la valeur de l'indice est seulement un peu plus compliquée que quand l'angle est droit.

Soit ABC (fig. 760) un prisme de la substance dont on veut déterminer l'indice de réfraction , fixé «ur l'alidade d'un cercle horizontal , de manière que le côté AB soit parallèle à l'axe de l'alidade, et que les arêtes soient verticales ; et MN une lunette horizontale fixe , renfermant deux fils croisés dans l'axe , et dont Taxe correspond au diamètre du cercle qui pas* par le zéro de la division. Tournons l'alidade jusqu'à ce que la réflexion devienne totale au point de croisement des fils : alors , en désignant cet angle par d , nous aurons

sin «s- 1 , sin*=«sina, «=^ + o et b = 90-A — d,

relation d'où l'on déduit facilement

, cos' (A 4- d) + 1 — 9 cos A cos f A + d)

1250. La détermination de l'indice de réfraction des gaz peut se faire par la première méthode que nous avons d'abord indiquée pour les liquides ; mais l'appareil est beaucoup plus compliqué, attendu qu'il faut pouvoir faire le vide dans le prisme creux, y introduire le gaz sans que l'air puisse s'y mêler, et mesurer facilement la température et la pression. La figure 767 représente l'appareil qui a été employé par MM. Biot et Arago dans un grand nombre d'expériences sur la réfraction des gaz. II est composé d'un gros tube de verre terminé obliquement, et fermé par deux glaces faisant entre elles un angle très-grand ; ce tube est percé supérieurement et inférieurement de deux ouvertures : la première communique avec un tube fermé très-long y renfermant un baromètre à siphon , destiné à mesurer-la force élastique du gaz; la seconde avec un tuyau garni d'un robinet que l'on peut mettre en communication,

d'abord arec une machine pneumatique pour faire le vide dans le prisme creux, et ensuite avec des cloches pleines de gaz afin de les introduire dans le prisme. En observant la déviation à travers le prisme vide , on obtiendra le rapport de réfraction pour un rayon qui passe du vide dans l'air ; et comme toutes les observations faites en introduisant différents gaz dans le prisme donnent seulement ce rapport pour le passage de l'air dans les gaz, le premier rapport fournira le moyen d'avoir celui du vide et de ces gaz.

Ces expériences exigent une grande précision dans la mesure de la déviation , attendu que, malgré le grand angle du prisme, elle est toujours très-petite, en général d'un petit nombre de minutes, et qu'une petite erreur sur la déviation en produirait une très-grande sur la valeur de l'indice. Nous ne pouvons pas entrer dans tous les détails qui seraient nécessaires; nous chercherons seulement à faire comprendre les principes sur lesquels repose la marche des opérations.

D'abord, malgré le grand angle du prisme , la déviation est trop petite pour que la lunette du cercle divise puisse être amenée successivement sur l'image directe et sur l'image réfractée, à cause de l'épaisseur de prisme. On pourrait à la vérité l'amener d'abord sur cette dernière, puis enlever le prisme, et la diriger sur la mire; mais on préfère faire tourner le prisme autour d'une ligne verticale, et lui faire décrire deux angles droits : alors, en amenant la lunette sur l'image réfractée par le prisme dans celte nouvelle position , l'angle de la lunette dans ces deux positions est évidemment double de la déviation cherchée. Alors on ramène le prisme dans sa première position ainsi que la lunette, mais en faisant tourner le limbe de l'instrument; on retourne de nouveau le prisme , et on fait marcher la lunette, le limbe étant fixe : l'arc décrit par la lunette est alors évidemment égal à quatre fois la déviation. En continuant ainsi, on mesurera un arc IV, qui sera égal à 2» fois la déviation et on aura *=JV : S»; les erreurs de lectures disparaissent quand n est très-grand, et les erreurs de pointage se compensent. Ces expériences donnent la déviation avec une très-grande précision. Mais celte déviation provient toujours de deux causes, du prisme gazeux et du défaut de parallélisme des surfaces des glaces qui forment le prisme; mais comme les déviations dues à ces deux causes sont très-petites, l'effet total est égal à leur somme ; et pour avoir la déviation due au prisme de gaz , il suffit de retrancher de la déviation totale celle que produit le prisme plein d'air.

1251. M. Dulong a déterminé les rapports des puissances réfractives des gaz par une méthode susceptible d'une grande précision , que nous allons rapporter. Le procédé en question repose sur une loi constatée par MM. Biot et Ara go, et que M. Dulong a vérifiée sur plusieurs gaz. Cette loi consiste en ce que , pour un même fluide élastitique, la puissance réfractive est exactement proportionnelle à sa densité : or, comme il est très-facile d'augmenter ou de diminuer la densité d'un gaz, on pourra toujours Tamener à un degré tel que son action sur la lumière soit la même que celle de l'air atmosphérique , par exemple ; et si l'on détermine les densités du gaz et de l'air lorsque cette condition est remplie, il suffira d'une simple proportion pour déterminer le rapport des puissances réfractives quand les fluides posséderont la même force élastique; d'où l'on déduira ensuite facilement le rapport des indices. En effet , supposons qu'un prisme creux puisse être à volonté rempli de différents gaz sons différentes pressions , et que la déviation soit la même quand le prisme est rempli d'air sous la pression p, ou d'un autre gaz sous la pression p', la température étant la même : alors l'indice de réfraction n' du gaz est égal à l'indice m de l'air; et en désignant par n l'indice du gaz sous la pression p, on aura, en vertu de la loi énoncée , n* — 1 : »' a — 1 : : p : />', puisque les densités des gaz sont proportionnelles aux pressions quand la température est constante. Mais comme n' — m , la propor-

210 TRAITÉ ÉLÉMKXTA1RE DR PHTSIQUE.

lion précédente donne «* — 1 = p (m» — 1 ): p\ Dans eetle formule ,»ei« sont les indices de réfraction du gaz et de l'air tout la pression p, et à une certaine température; mais comme les quantités n 1 — 1 et m* — 1 varient proportionnel If mrnt à lu densité, leur rapport est indépendant de la température et de la pression : ainsi la formule sera vraie pour la température O» et |K»ur la pression 0*»,76 ; or dans co circonstances on a trouvé m = 1,000488; par conséquent, on aura n* — 1 = p (0,000488) : p ".

L'appareil employé par M. Dulong se compose d'un prisme creux AB Kfig» 768 formé d'un tube de verre épais AB , aux deux extrémités duquel sont ajustées deu glaces inclinées de 148° environ; la cavité du prisme communique par un tube de verre S avec un cylindre de même matière Z, de 1 mètre de longueur et d'un diamètre de centimètres. Ce cylindre porte à chacune de ses extrémités une douille enfer verni. Celle qui est adaptée à l'extrémité inférieure est munie d'un robinet en fer G; l'autre porte trois tubes en fer destinés à établir une communication , l'une If atec le prisme; la deuxième O avec une machine pneumatique y, par un tuyau de plomb qui s'y adapte; la troisième M avec une cloche à robinet H, placée sur une cuve à mercure. Le prisme est attaché solidement sur un support EF, et placé de manière qu'une mire éloignée puisse être aperçue au travers. Le cylindre de verre X % assujetti dans une situation verticale, peut être rempli de mercure par un petit tube lalenl J, un peu plus long que le cylindre, et communiquant avec lui par la partie inférieure.

Cette disposition permet, comme on le voit, de faire le vide dans le prisme, J'y introduire ensuite un gaz quelconque, pourvu qu'il n'attaque pas le mercure; de le dilatera volonté par l'écoulement d'une quantité convenable de mercure, et enfin de mesurer a chaque instant son élasticité. M. Dulong s'est presque toujours serti pour ce dernier élément du baromètre U, adapté à la machine pneumatique. Quanti le gaz était de nature à corroder la pompe , le robinet O restait fermé ; on le faisait sortir par le robinet supérieur t\ eu produisant un courant de gaz hydrogène on d'acide carbonique sous la cloche H. Dans ce cas, l'élasticité se mesurait par la différence de niveau du mercure dans les tubes 'Z et /.

Il eût été facile de disposer l'appareil de manière à permettre la compression tin gaz qu'il devait contenir; mais comme il est assez difficile de s'opposer à la sortie d'un gaz comprimé, et que d'ailleurs la comparaison de deux gaz pouvait se faire avec autant de succès en dilatant celui qui possédait la plus grande puissance réfraetive, ce dernier moyen a toujours été employé.

Pour constater l'égalité de puissance réfractive de deux gaz, il suffit de s'assurer que, sous la même incidence, la lumière éprouve la même déviation, quand elle traverse un espace successivement occupé par chacun de ces gaz, et terminé par deux plans d'une inclinaison constante ; c'est à quoi l'on parvient a l'aide de la lunette astronomique. A', munie de fils croisés au foyer de son objectif, et placée devant le prisme à une hauteur convenable, sur un pied susceptible de recevoir deux mouvements rectangulaires. Ce pied est solidement assujetti sur un massif de maçonnerie T dont les variations de hauteur, toujours extrêmement faibles et lentes par les changements de température, ne peuvent avoir d'influence. Le prisme étant ouvert, la lunette pointée sur la mire, on voit que, si les verres d'incidence et d'émergeoee avaient leurs faces extérieures et intérieures parallèles, il n'y aurait aucune déviation occasionnée par l'interposition du prisme; mais cette condition , qui serait impossible à satisfaire, n'est point nécessaire ici : les plans des plaques d'incidence et d'émergence peuvent même faire un angle quelconque, sans que les résultats de» expériences en soient altères.

TRAITÉ ELEMK.NTAJHK |)K WfYSK>Uf% 811

Voici maintenant la manière d'opérer :

On commence d'abord par dessécher complètement toutes les surfaces inférieures de l'appareil , en y faisant passer un courant de gaz hydrogène sec; on y fait ensuite !e vide, et on remplit le prisme d'air atmosphérique sec. Il existe pour cela un tube de verre T rempli de chlorure de calcium fondu, portant un robinet, et placé au-dessous de la platine de la machine pneumatique ; on pointe alors la lunette sur la mire, à travers le prisme : l'appareil restant ouvert, l'élasticité de Pair est donnée par le baromètre. On fait une deuxième fois le vide, et, pour chasser les dernières portions «l'air, on introduit une ceriaine quantité du gaz que l'on veut soumettre à l'observation ; enfin on laisse écouler I»; gaz pur dans le prisme que l'on a vidé de nouveau, jusqu'à ce que la coïncidence de la mire avec le point de décussalion des fils soit exactement rétablie. Si l'on a la précaution de faire écouler le gaz très-lentement, il est assez facile de saisir le moment où cette coïncidence est exacte; ou bien, après en avoir introduit une quantité excédante, on ouvre le robinet inférieur G jusqu'à ce H'ie le gaz dilaté ail précisément la densité convenable pour réfracter autant que l'air : alors on mesure la hauteur de la colonne de mercure dans le baromètre V adapté à la machine pneumatique, ou la dilférence de niveau du liquide dans les tubes Z et et en retranchant l'une ou l'autre delà pression de l'atmosphère , =ui même moment, on a évidemment l'élasticité du gaz qui satisfait à la condition rherchée.

Pour le gaz hydrogène et le gaz oxygène, qui ont une puissance réfractive moindre pie celle de l'air, au lieu de les comprimer pour leur faire acquérir une force de réraction égale, il est préférable de suivre une marche inverse , c'est-à-dire de pointer la lunette lorsque le prisme est rempli de l'un de ces deux gaz sous la pressiou de l'atmosphère, et de dilater ensuite l'air jusqu'à ce que sa puissance réfractive soit réduite à celle du gaz.

Lorsque le fluide attaque le mercure, il faut modifier un peu la méthode d'observation. Le tuyau de communication du prisme avec le cylindre contenant le mercure est composé de trois parties {fig. 769). La pièce intermédiaire LK porte à sa partie supérieure une petite cuvette cylindrique qui laisse entre ses parois et le tuyau un ; >pace annulaire; pareille disposition existe à l'extrémité supérieure du conduit TV, Les diamètres de ces diverses parties sont combinés de telle façon que l'on peut enle* t er ou mettre cette pièce intermédiaire sans rien changer au reste de l'appareil.

Si l'on veut, par exemple, déterminer la puissance réfractive du chlore, on enlève e tuyau intermédiaire £À', et l'on ajuste à l'extrémité S un tube destiné à conduire îors du laboratoire l'excédant de gaz, qu'on introduit dans le prisme par l'orifice mpérieur D. Lorsque la coïncidence de la mire avec les fils ne se dérange plus, ce jui indique que le gaz est pur, on fixe la lunette dans sa position; on chasse ensuite e chlore par un courant de gaz acide carbonique , puis ou replace le tuyau LK , et on coule du mastic très-fusible dans les deux cuvettes L et K. Eufin, après avoir >rmé l'orifice 1) par un petit bouchon de verre recouvert de cire molle, on fait le kide et l'on introduit dans le prisme un gaz dont la puissance réfractive soit supérieure à celle du chlore, par exemple du cyanogène; on détermine ensuite les puis- >anccs réfractives du chlore et du cyanogène comme précédemment, et, la mesure de a puissance de ce dernier étant connue, on rapporte celle du chlore à l'unité commune. Ce procédé exigeant un temps plus long . on ne doit le mettre en usage que lans les circonstances atmosphériques les plus favorables, c'est-à-dire vers le maximum de température du jour.

Il résulte des observations de MM. Biol et Arago, et de celles que M. Dulong a publiées récemment,

1°Que la puissance réfraclive d'un gai est exactement proportionnelle à sa densité; une variation de température de 8° à 3i° n'altère point cette loi ;

2° Les puissances réfractives des tapeurs suirent la même loi ;

3° La puissance refractive d'un mélange de gaz et de vapeurs est égale à la somm; * des puissances réfractives des gaz et des vapeurs mêlées ;

4"» La puissance refractive d'un gaz composé n'a aucun rapport avec celles de iw éléments.

Les tableaux suivants renferment les puissances réfractives et les pouvoirs réfringents des principaux corps solides , liquides et gazeux.

Tableau des puissances réfractives et des pouvoirs réfringents de quelques corpssolidti

et liquides.

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