‹ Traité élémentaire de Physique (volume 3)Chapitre 18 sur 63 · POISSONS ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

POISSONS ÉLECTRIQUES

' physiciens. MM. Gay-Lussac et de Humbolt ont reconnu qu'une ^ personne isolée ne ressent ia commotion qu'autant que ie contact '' avec le doigt est immédiat $ elle n'a pas lieu par l'intermédiaire d'un 9 €orps métallique. Ils n'ont pu reconnaître aucun effet de tension électrique à l'instant où la torpille donne la commotion. Davy, en ! nettant des plaques de cuivre en contact, l'une avec la partie supé-» <f neare du corps ^ l'autre avec la partie inférieure , et communiquant ( entre elles par un long fil de cuivre tourné en hélice autour d'un 0 tube de verre , est parvenu à aimanter des aiguilles d'acier ; il ob- ^ tint de la même manière la déviation de Faiguiile d'un multiplicalii tear ; il parvint aussi à produire de faibles actions chimiques ; mais m ces résultats pouvaient être compliqués de l'inégalité des actions tf développées au contact des lames de cuivre et de la peau de ll'aniî« mal. Les tentatives faites dans le but d'obtenir des effets d'ignition É on des étincelles ont été infructueuses. Récemment MM. Becquerel lï et Breschet ont reconnu que la commotion a lieu quand Fanimal nf est irrité, quel que soit le point touché, pourvu qu'il ne soit pas sur ei la queue, et qu'elle est d'autant plus grande que la surface du conir' tact est plus étendue. En mettant en contact avec le dos et le ventre ^ d'une torpille deux plaques de platine , soutenues par des manches ffi isolants, et soudëes chacune avec un fil de platine , dont Tun com- ^ munique avec un multiplicateur à fil long et verni, et l'autre avec un vase plein d'eau pure, en rapport avec l'autre extrémité du mulg tiplicateor, on a obtenu des déviations de l'aiguille comprises entre gd 5* et AO^. Les plaques en contact avec l'animal étaient en platine ^ pour éviter les effets qui pourraient provenir d'une action chimi- ^ que si on employait des métaux oxydables , et on avait placé de ^ Teau dans le circuit pour intercepter les courants thermo-électri- ^ qnes s'il s'en développait. En remplaçant le multiplicateur par B^vne spirale on a aimanté des aiguilles : le courant était toujours {^ dirigé du dos an ventre. Enfin , plus récemment encore , MM. Lh ^ nari et Matteucci sont parvenus à obtenir des étincelles et des dé- ^ compositions chimiques en employant un fil très long ( 300- ) .# ibnrné en hélice autour d'un morceau de fer, établissant les comr munications entre le dos et le ventre par de larges plaques métalUr' quesi et plaçant dans le circuit un petit godet plein de mercure* é Vue grenouille récemment préparée et placée sur le poisson indiquait par ses mouvements les époques des décharges , et en enle- Dt à cet instant un des fils qui i)iongeaient dans le mercure, et te ivplongeant immédiatement , on obtenait des étincelles et la décom*

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position de Teaa acidulée. Ces physiciens ont trouvé , comme MM. Becquerel et Breschet , que le courant va du dos au ventre. Les mémes physiciens ont fait une expérience qui démontre avec la dernière évidence Finfluence du cerveau sur les décharges. Lorsqu'une torpille ne donne plus de décharges malgré Tirriiation , si on met le cerveau à découvert et si on touche légèrement le dernier lobe, cdui qui donne les nerfs à Torgane électrique, on obtient des décharges beaucoup plus fortes qu'à l'ordinaire; si on blesse le cerveau, on obtient encore des décharges très fortes , mais dans lesquelles le courant n'a pas toujours la direction du dos au ventre.

1805. D'après ces dernières observations , on conçoit facileiiar l'origine de la commotion qu'on éprouve quand on touche le doiie la torpille avec une main et le ventre avec l'autre ; mais quand on m touche l'animal qu'avec une main , l'explication de la commotiot paraît assez difficile. M. Becquerel admet que l'animal par sa volonté dirige la décharge au point où il est irrité, et qu'une partie des deux électricités se recombine à travers les organes ; mais l'influence singulière de l'interposition d'une plaque métallique suivant que le corps est ou n'est pas isolé paraît difficile à comprendre.

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