KÉTHODE DE LA. DOUBLE TOUCHE
dahs le siinple contact d'une des extrémités du barreau avec un des pôles de ranuant, du moins quand les barreaux sont très courts.
Cette méthode d'aimantation est bonne cependant pour aimanter des aiguilles courtes et d'une petite dimension ; mais elle a l'inoon* vénieut de donner sonyenl des points conséquents. Il suffit même, pour en produire à volonté , de laisser plus long-temps sur un point le pôle de Taimant; elle a d'ailleurs Tinconvénient de ne pas aimanter uniformément.
829. Méthode de la double touche. Celte méthode produit im développement de magnétisme bien supérieur à celui que Ton obtient par la simple touche ; elle consiste à frotter sous une grande pression le long d un barreau les deux pôles opposés de deux barreaux aimantés couchés [fig. ^75), perpendiculaires (Jig, klSA) , ou inclinés {(fig. 476 et 477) , en les faisant mouvoir pai*allèlemenC ou en sens contraire , et en armant les extrémités du barreau que l'on veut aimanter de masses de fer doux ou de forts aimants.
850. Knight , en 1745, eut le premier Tidée d'employer deux aimants. Son procédé consiste {fig, Wl$ ) à placer boiif à bout les pôles opposés de deux forts barreaux aimantés , et au dessus le barreau que Toti doit aimanter, de manière que son milieu corresponde à leur ligne de jonction , et à séparer les aimants en les faisant mouvoir ehacim de son côté : on obtient ainsi un effet beau« coup plus grand qu'avec la simple touche. On en concevra facilement la raison en remarquant que par cette méthode , dans toutes lés positions des deux aimants mobiles, la nature du magnétisme développé dans ièe éléments du barreau qui les séparentreste la môme, et que leurs actions concourent avec celle du magnétisme déjà développé dans ces éléments pour produire l'état magnétique final» Par cette méthode on peut aimanter à saturation des barreaux courts et peu épais ; mais il est impossible d'aimanter à saturation un barreau un peu long.
831. Duhamel introduisit dans cette méthode un perfectionnement important. Il plaçait le barreau à aimanter entre deux barres de fer doux {fig, 476) ; les frictions se faisaient par des barreaux aimantés, comme dans la méthode de Knight, mais ils étaient inclinés de 25 à 30 degrés. Cette méthode renferme deux circonstances importantes, qui sont 1» Tinclinaison des aimants, qui en rapprochant leurs centres d'action du barreau augmentait leur effet; Suremploi des armures de fer doux. Pour concevoir l'effet produitpar
20 MAGirÉTISME.
ces armures , il faut remarquer qu'aussitôt que les barreaux ont acquis un certain degré de magnétisme ils aimanteni les barreaux de fer ; le magnétisme développé dans ceux-ci dissimule et Gxe une partie du magnétisme polaire des barreaux , et donne ainsi aux aimants plus de facilité pour opérer une nouvelle décomposition de fluide par une nouvelle friction.
La méthode de Knight ou de Duhamel est la meilleure pour aimanter de la manière la plus complète et la plus régulière les ai« guilles de boussoles et les lames dont Tépaisseur ne dépasse pas 4 à 5.miUimèlres.
858. Mitchell employa une autre méthode. Elle consiste à mettre plusieurs barreaux d'acier en contact à la suite les uns des autres , et à frotter sur leur surface, par les pôles contraires et perpendiculairement, deux faisceaux de barreaux aimantés, lixés aune distance constante (Jig. k75j). Les barreaux intermédiaires se trouvent fortement aimantés.
Il est facile de voir que , dans cette méthode, les barreaux, placés les uns à la suite des autres , se servent mutuellement d'armature , et agis^nt^mme les barres de. fer doux dans la méthode de Duhamel : c'est pour Ci^te raison que les barreaux intermédiaires prennent seuls un grand développement de magnétisme. Quant à l'influence de la position des deux aimants (ixés entre eux , on peut s'en rendre compte aisément : en effet, la décomppsition du fluide magnétique dans les éléments du barreau qui sont placés entre les deux aimants est effectuée parle concours des actions des deux barreaux , et cet état magnétique tend k changer quand les aimants ont dépassé ces éléments ; mais alors le nouvel éta|; magnétique ne tend à^ s'établir que parla différence des actions, d^^ deux barreaux; par^.cpnséqiient, l'état magnétique que les. éléments ont reçu eu passant entre les deux barreaux subsisie encore en grande partie après la course des aimants^
855. ^pinus Gt à cette dernière méthode une amélioration importante. Il plaça de forts aimants à Fextr^mité (les barreaux d'acier , et il inclina les ajmuuls mobiles sur.ia surlace des barreaux d'acier, comme l'avait fai^ Duhamel ^.^ais,. il les fixa entre eux comme dans la méthode de Mitchell(/î^.> 477). Par cette inclinaison, la résultante des actions des aimants sur chaque molécule m devenait plus oblique sur la surface du barreau , et par conséquent la composante horizontale devenait plus considérable ; mais comme^ à mesure que rinclinaûson augmente, les .pôles des aimants s'é-
IlfFLUEIfCE DE LA. TBMPiRATURB. SI
loignent, rindinaison , pour prodaire le maximum d'effet, devait atteindre une certaine limite que. Texpérience seule derait foire connaître. JEpinus trouva que cette limite était de 15« à 20».
La méthode d^JEpinns est celle qui donne le plus grand dévelop-* pement magnétique ; mais elle a Tinconvénient de produire soitveiiit des points conséquents j et toujours une aimantation irrégulière. D'après Coulomb , la ligne neutre est toujours rapprochée de quelques millimètres de la partie qui a été aimantée la dernière ; celle de Duhamel est exempte de cet inconvénient. La méthode de Dui^ hamel, en remplaçant les barreaux de fer doux par de forts ai« mants, est la meilleure que Ton puisse employer pour des aiguilles de boussoles. On place Faigaille à aimanter de manière qu'elle em* piète de 15 à 18 lignes sur les aimants, ou seulement de 7 à S lig-^ nés , si elle n'a qae 3 ou ^ pouces de longueur ; quand l'aiguille est trop mince, on la place sur une pièce de bois où on peut la fixer. La méthode d'iBpinus doit être préférée pour aimanter de forts barreaux.
854. Influencé du choc. Les aimants perdent toujours une par* tie de leur magnétisme cpiand ils sont frappés , mais surtout quand ils le sont dans une jposition verticale , et que le pôle austral est en haut.
855. Influente de la température eur l'état magnétique dèê aimants. Nonji avons déjà dit que par la chaleur ronge les aimants perdaient complëtemeiit leur force magnétique; mais cette perte a lieu progressivé^ekrt, et nn fait très remarquable observé plar Eupf^ fer, c'est que l'il^ttence de la température n'est pas instantanée*, c'est-à-dire qu'il Mit un certain temps pour que toute la recompo-' sition du fluide ^i peut s'effectuer à une certaine température s'accomplisse. Ainsi, par exemple, une aiguille qui a été plongée à plusieurs reprises dans de Teau bouillante , chaque fois pendant 10 minutes, n'a conservé un état magnétique permanent qu'après la sixième immersion.
Lorsque la température d'un barreau aimanté varie seulement par tés changements de la température de l'air, son état magnétique chaire :rintèhsité. magnétique du barreau diminue avec l'élévation de tempiérature , et augmente avec son abaissement. Lorsque les vamtionssont très grandes, par exemple de 13* à 80**, par le refroidissement l'afguille ue reprend pas le même état magnétique : par exemple, une aiguille aimantée a fait 10 oscillations en 429" à i3«y 10 oscillations en 476'' à 80» » et 10 oscillations en
32 M/LGKÉTISHE.
&63" à 13* après le refroidissement ( Kupffcr ). Lorsqu'on chauiïe seulement une partie du barreau, le point d'indiiïérenee s'éloigne de la partie chauffée ; dans le cas d'une barre de fer doux aimantée par l'action de la terre , le point d'indiiïércnce se rapproche delà partie chauffée, probablement parce que la force cocrcitive diminue , et que l'aimantation augmente.
836. Magnétisme relatif du fer, de P acier et de la fonte. D'après M. Bariow, en représentant par 100 l'action nia{][nétique à froid du fer doux , celle de l'acier non trempé est comprise entre 66 et 74; celle de la foule de fer est 48. Au rouge blanc , l'action magnétique de la fonte est plus grande que celle du fer et de Tacier ; à cette température, celle du fer est nulle; au rouge de sang, celle du fer est considérable ; à une température comprise entre le rouge de sang et le rouge blanc , l'action magnétique du fer et de la fonte sur une aiguille aimantée est opposée à celle qui existe à froid. II est probable que cette anomalie singulière provient de la formation de points conséquents par l'influence de la terre. Ces expériences ont été faites en plaçant dans la direction de l'aiguille d'inclinaison et successivement dans le même lieu des barres égales, et à une petite distance une aiguille aimantée; ces eipérieuces auraient besoin d'être répétées.
837. Influence de la trempe sur le pouvoir coercitif Si on prend un barreau d'acier dans un état parfait de recuit, c^est-à« dire qui a été chauiTé au rouge blanc et refroidi à Tair , qu'on le trempe successivement à différentes températures, et qu'après chaque trempe on l'aimante à saturation , ou trouve que le développement de magnétisme qu'il peut acquérir et conserver croît avec la température de la trempe , du moins quâhd la température a été assez élevée pour modifier l'état physique du barreau. Noqb rapporterons une série d'expériences faites par Coulomb.
jralure de la Ircmpe,
Uur^e de 10 oicilUUoas aprèf i'aimautution \ fyluratUia
Jusqu'à 700*
Jusqu'à 760° là trempe n'a eu aucune influence, parce que c'est à cette température' que f influence de la trempe sur Télasticité de l'acier conunence à se manifester \ et l'on voit que la force coerciti^
Ï0RME8 DES AIQUILLSS Bfi BOUSSOLES.* 2S
vê a plus que doublé de 70&* à 950% puisque les iatensités mag;Qé« liques élaienl comme (95)^ : (63)^ : : 86&9 : 3969. . 858. Ififluêtice du recuit sur la force coercitive. Le recuit, diminuant TefTei de la irempe , doii produire uu eflet analogue à celai qui résulterait d'une trempe à une plus basse température : c'est ce qui existe en effet. Nous avons déjà dit que le recuit s'estime ordir nairement par la teinte que prend Tacier par Faction de la chaleur \ il passe d'abord à une nuance jaune clair , ensuite successivement à Torangé, à Torangé foncé , au rouge-violet, au bleu vif, et aune couleur verdàtre qu'on désigne sons le nom de vert d'eau. La pre^ mière nuance parait répondre à 200*, la dernière à /ilO*.
D'après les expériences de Coulomb , un barreau trempé cerise dair , étant recuit à différentes températures , a donné les résultats suivants :
Ttmpa dt 10 OfCtlIatioM
Temptfratim da rvciiit. «près uu« ooaTelle •imanUtioil»
aiA 64.5 ^
i(fO oonleur d*eaix 70
^Ù% eeritt dair 8S
Ou voit d'après cela que les barreaux recuits au bleu conservent assez de pouvoir CQ^citif pour prendre une grande intensité «a-» gnétique , et comme l'acier trempé très dur est très cassant , et qu'il acquiert alors Eaciiement des points conséquents , il y a ton* jours de l'avantage k recuire au bleu les aiguilles de boussoles.
D'après Coulomb les aiguilles dont la longueur excède trente fois le diamètre présentent des résultats opposés : le recuit augmente la puis^nce mag/^étique , et d'autant plus qu'il a lieu à une plus haute température^ du moins jusqu'à une certaine limite. Cette anomalie proviem de ce qu'il se forme toujours dans les aiguilles longues des pôles intermédiaires qui se rapprochent à mesure que le recuit augmente, et qui finissent par se confondre.
8S9. Formes et dimensions des aiguilles déboussoles. Il résulte des expériences dé^ Coulomb , comme nous l'avons déjà dit , que les aiguillesen losange à poids égal ont une plus grande force directrice que sous toute autre forme : ainsi la forme en losange doit être pré* férée. Qaant à l'épaisseur, elle doit être la plus petite possible, attenduque, la forcp directrice variant dans un plus petit rapport que répaisseur» et la ré^stance de la pointe de suspension augmentant au 9ioins dans le rapport des poids ,, Tampliinde de l'angle d'arrêt