ÉTOILES FILANTES
1541. Aurore baréaU. L'aurore boréale apparaît à l'horizon du côté du nord , en tirant un peu vers Touest » trois ou quatre heures après le coucher du soleil. Elle s'annonce d'abord par une espèce de brouillard y sous la forme d'un segment de cercle dont la corde s'appuie sur l'horizon ; les contours du segment paraissent bientôt bordés d'arcs concentriques lumineux ; séparés par des bandes obscures. La partie obscure du segment lance des jets de lumière qui se renouvellent avec une extrême rapidité, et se dirigent vers le zénith y où ils forment une couronne enflammée : le phénomène a alors acquis son plus grand éclat; il diminue ensuite graduellement ^ les jets de lumière deviennent plus rares ^ la lumière se concentre vers le nord y et enfin disparaît. La lumière des aurores boréales n'a pas toujours le même éclata elle s'affaiblit quelquefois pendant des heures entières de manière à devenir à peine visible » puis elle augmente subitement. La lumière est diffuse, et a beaucoup d'analogie avec celle de l'électricité dans le vide. Lçs aurores boréales sont d'autant plus brillantes , qu'on s'approche davantage des pôles : dans les lies Schetland, en Laponie, dans la Sibérie, elles ont beaucoup d'éclat. Ce singulier phénomène parait être lié au magnétisme terrestre : car on a observé 1** que le centre des arcs concentriques était sur le méridien magnétique^ 2*" que le point où les rayons lumineux partis de l'horizon se réunissent est pi'écisément celui vers lequel se dirige l'aiguille d inclinaison^ 3** que l'aurore boréale agit sur l'aiguille aimantée , même quand elle n'est pos visible dans le lieu où se trouve l'aiguille. M. Arago a démontré ce fait par un grand nombre d'observations, et il doit être rangé parmi les faits les mieux établis. Quelques physiciens ont nié l'inttuence observée par M. Arago; mais les expériences sur lesquelles ils se fondaient avaient été faites dans des lieux où les anouMilies journalières de l'aiguille ne permettaient pas d'apprécier les perturbations dont il est question. Plusieurs physiciens ont essayé de donner une explication des aurores boréales, mais auciuie n'est sûiisiaisante.
liS49. EtoiUs filantH. Aérolilhêê» On désigne sous le nom d'éioUe* filanteê, des points lumineux qui se meuvent rapidement dans l'atmosphère en laissant Hsie longue traînée de lumière semblable à celle des fusées à baguettes. Des observations simultanées, faites en 1823 dans plusieurs villes d'Allemagne, semblent indiquer que certaines étoiles filantes se trouvent à plus de 200 lieues audessus de la surÊAce de la terre f et que leur vitesse , ordinaire-
57 i LUMIÈRE.
ment opposée an mouvement de translation de la terre dans m\ orbite, s'élève quelquefois à 12 lieues par seconde ; enfin il grand nombre d'apparitions d'étoiles filantes ont eo lien en difi-l renis points de la terre> dans diflérentes années , du 11 au 13 ii'| vembre.
Les aérolithes sont des masses caverneuses, vitrifiées à leur sb^I fkee, d'un volume plus ou moins considérable, qui seprédpîM de l'atmosphère. Les observations de chutes d'aérolithes sonttdlel ment nombreuses qu'il est impossible de conserver le moindre doote sur ce fait.
On a trouvé à la surface de la terre des masses isolées doDt h composition chimique a la plus grande analogie avec celle desaén> lithes, et qu'on regarde comme ayant la même origine. Ces masses renferment cependant du fer à l'état métallique , tandis que les aérolithes dont on a observé la chute ne contiennent ce métal qui l'état d'oxyde^ mais on attribue cette différence à celle des masses. On pense que le métal s'est brûlé dans le trajet à travers l'atmosphère, mais que la combustion n'a pu être complète qa'antanl que les masses ne dépassaient pas une certaine limite.
On regarde conmie très-probable que les étoiles filantes sont des aérolithes qui s'enflamment dans l'atmosphère. Quant à Tongise même des aérolithes, tout porte à croire qu'un grand nombre de petits corps circulent autour du soleil comme les planètes , qa"]} en existe un groupe, dont l'orbite traverse celle de la terre au point oà se trouve cette planète, du 11 au 13 novembre, et que ces corps ne deviennent visibles que quand ils pénètrent dans l'atmosph^ de la terre, où ils s'enflamment.
itt43. Polarisation de la lumière du ciel. H. Arago a découvert que la lumière bleue du ciel est en partie polarisée. La luroièfe qui a traversé un nuage n'est pas polarisée quand l'observateur est dans lenuage^ mais quand il est en dehors, elle l'est sensiblement; une épaisseur d'air de 50°* est sufflsante pour produire cet effet Quand on observe la polarisation du ciel dans le plan vertical qui contient le soleil , on trouve que la polarisation augmente jusqu'à une certaine limite ; au delà , la quantité de lumière polarisée diminue , finit par disparaître, et enfin change de signe en augmentant progressivement. Le point de nulle polarisation ne dépend pas seulement du lieu du soleil, mais encore de Tétat du ciel, et la présence de quelques nuages suffit pour le déplacer noUiblement.
M. Babinet a observé un autre point neutre placé au-dessus du